Barbier, Henry, Auguste dit Barbier, Auguste
Biographie
Né le 8 floréal an XIII (28 avril 1805) à Paris, fils de Barbier, Jean-Baptiste, avoué et défenseur au tribunal civil de première instance de la Seine, et de Duvergier, Marie, Elisabeth, Louise, son épouse. Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Barbier : « On alla trouver Casimir Delavigne, et Casimir Delavigne fit La Parisienne. Mais, tout à coup, en face de La Parisienne, et comme pour faire sentir le vide de cette poésie impériale, surgit La Curée, torche secouée par un poète inconnu. Ce chef-d’œuvre, cette merveille, cet iambe plein de poudre et de fumée, de fièvre et de soleil, où la Liberté passait d’un pied ferme, marchant à grands pas, l’œil ardent et le sein nu, était signé Auguste Barbier. Nous poussâmes tous un cri de joie : c’était un grand poète de plus parmi nous ; c’était un renfort qui nous arrivait, comme arrivent par une trappe, et au milieu des flammes, ces génies qui viennent prendre part au dénouement des drames fantastiques. » « Auguste Barbier […] vivait depuis 1831 sur la renommée des Iambes, grâce à laquelle il fut élu à l’Académie en 1869 (Montalembert s’était alors écrié : “Barbier ? mais il est mort !”). On dispensa le poète de la visite traditionnelle à l’Empereur. Son recueil, écrit dans le mètre employé par Chenier, dénonçait l’égoïsme des vainqueurs en 1830 et l’impudence des napoléoniens. On cite toujours comme modèles d’éloquence satirique les poèmes La Curée et L’Idole ; mais au vrai, Barbier est fort oublié. On voit que les jeunes républicains de 1880 le connaissaient. Il avait reçu de Bardoux la Légion d’honneur en 1878. » In Contes parisiens, Maupassant, la Pochothèque, p. 136. Il est l’auteur de Souvenirs personnels et silhouettes contemporaines, dans lequel il précise bien n’être arrivé à Paris que quatre jours après la victoire des Parisiens. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 7 février 1878 ; il récapitulait ainsi, dans son dossier de la Légion d’honneur, ses titres à cette décoration : « Garde national de 1830 à 1850. Sous-lieutenant secrétaire du conseil de discipline du 3e bataillon de la Xe légion ; service militaire pendant le siège au 13e bataillon de la garde nationale ; membre de l’Académie française, élu en 1869 ; auteur des Iambes, auteur de poèmes élégiaques et satiriques, de romans et d’articles de critique sur l’art et la littérature dans divers journaux et revues. » Il mourut le 14 février 1882. Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/109/32.