Bardon

Biographie


Négociant. Sa conduite était ainsi relatée dans la chronique de l’époque : « On croirait à peine qu’au milieu de la confusion qui a suivi la prise des Tuileries, on ait pu mettre les meubles et les objets précieux du château à l’abri de toute atteinte grave. Ce beau résultat, qu’on ne saurait assez apprécier, est dû particulièrement à M. Eugène Labat (voir Labat, Eugène, Pierre, Auguste) et à quelques gardes nationaux, parmi lesquels nous regrettons de ne pouvoir nommer que MM. Johner (voir ce nom) et Bardon, négociants, et M. Calamata, artiste romain. Les monuments les plus précieux ont été remis à M. de Cailleux, secrétaire-général du Musée. » En octobre 1830, il faisait parvenir à la Commission des récompenses nationales, conjointement avec Johner et Labat, une lettre dans laquelle ils sollicitaient la décoration de Juillet pour avoir organiser la conservation des objets précieux dans les appartements et le cabinet du roi : « Parmi les événements auxquels chacun de nous a pris part durant les trois grandes journées nous ne citerons que celui qui nous fut commun et dont aucun autre en peut revendiquer le mérite. Tandis que le château des Tuileries était envahi de tous côtés et que des désordres, inséparables d’un pareil mouvement, se manifestaient sur plusieurs points, tout à coup l’ordre fut établi, organisé, dans les appartements de l’ex-roi, et les objets précieux qu’ils renfermaient purent être conservés intacts. Ce résultat fut notre ouvrage, il inutile d’ajouter qu’il ne fut point obtenu sans dangers.

»Arrivés parmi les premiers assaillants, après avoir repoussé nos adversaires, une autre lutte commença, alors moins brillante mais peut-être non moins honorable que la première. Loin de nous la pensée de jeter la moindre défaveur sur la conduite des héros de cette journée, mais ils étaient vainqueurs, exaspérés par une sanglante résistance, et les passions que nous eûmes à réprimer ne sont pas celles qu’il est plus aisé de contenir. Nous y réussîmes pourtant malgré des difficultés sans cesse renaissantes depuis midi et demi jusqu’à 8 heures du soir, époque à laquelle les objets les plus précieux furent remis par nous entre les mains de monsieur de Cailleux, secrétaire général du musée, que nous avions fait appeler.

»Tels sont les faits que nous prenons la liberté de vous soumettre. Ils ont été consignés dans plusieurs journaux du 4 août ; succinctement exposés ici, ils ne peuvent que gagner aux investigations dont ils seront l’objet et nous ne craignons pas qu’on puisse en nier l’exactitude. Mais de ce qu’ils sont avérés et incontestables doit-on en conclure qu’ils donnent à leurs auteurs le droit de prétendre aux distinctions promises ? C’est ce qu’il ne nous appartient pas de décider. La Commission seule est juge de leurs mérites et nous avons trop la conviction de son impartiale justice pour ne pas nous soumettre d’avance à la décision qu’elle croira devoir prendre à notre égard. » La lettre était apostillée d’une recommandation du général Pajol, pour avoir permis « de sauver les objets les plus précieux du palais des Tuileries ». Bardon demeurait 18, rue Mandar en 1830. Le Constitutionnel, 4 août 1830 ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusquà son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 366-367 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1.

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