Bardot, Joseph, François
Biographie
Le dossier de ses droits fut sans doute instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Ils furent en tout cas négligés. Il incorpora la garde municipale. En date du 14 septembre 1831, à en-tête de la garde municipale, son lieutenant, Cros (voir Cros, Jean-Pierre), lui faisait la lettre de recommandation suivante : « Le soussigné Cros, lieutenant au corps de la garde municipale de Paris, certifie que le sieur Bardot, Joseph, François, sergent-major au même corps, a pris une part très active aux mémorables journées de Juillet et qu’il s’est distingué dans différents points de la capitale, notamment le 27 rue Saint-Honoré, le 28 rue de la Monnaie contre le 15e léger. Ce fut lui qui, dès 5 heures du matin le 29, désarma le poste de la Banque de France, qui était occupé par la ligne. Vers 6 heures, il reçut du directeur du journal le National une note qu’il lut dessus les boulevards, de la rue illisible à la porte Saint-Denis. Elle indiquait la demeure du général Dubourg. Elle engageait tous les défenseurs de la patrie opprimée à se rendre rue de Monsigny n° 5, où demeurait le général Dubourg. Après quoi, il se rendit rue Richelieu près le Théâtre-Français. C’est là, avec l’arme qu’il avait prise le matin au sergent de la Banque de France qu’il se distingua par son courage et son sang-froid. Il est resté à mes côtés jusqu’au moment où il apprit que le général Gerard avait pris possession de la place de Paris. Il fut un de ceux qui l’ont accompagné rue d’Artois chez Laffitte. C’est un brave qui a mérité l’estime de ses concitoyens, ainsi que l’atteste le certificat ci-joint. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, déclarons que le sieur Bardot, Joseph, François, domicilié à Paris, rue Montmartre n° 159, s’est emparé, le premier, du poste de la Banque de France le 29 juillet dernier à 5 heures du matin et qu’il a, par son dévouement, fait désarmer ledit poste, ayant, par cette précaution, évité de laisser répandre le sang des défenseurs de la cause sacrée. Les soldats avaient tous leurs fusils chargés mais aucun d’eux n’a eu le temps de faire feu. » Signé : Desilver Haffresh, demeurant 143, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Desbois, épicier, demeurant 165, rue Montmartre ; … pâtissier, demeurant 161, rue Montmartre ; Queux illisible, garçon de cave, demeurant 159, rue Montmartre ; … tapissier, demeurant 159, rue Montmartre ; Canu, demeurant 156, rue Montmartre ; Defrasse, marchand illisible, demeurant 159, rue Montmartre ; Riche, tenant un cabinet de lecture, 6, arcade de l’Odéon ; Lemmens, officier en demi soldat, demeurant 84, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Moré, chevalier de Saint-Louis, officier en retraite ; Hincketbein, ex-chef de parc, demeurant 53, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; Laubé, demeurant 18, rue du Fouarre ; Thomas, imprimeur chez David ; Dussaud, imprimeur chez David ; Vert, imprimeur chez David ; Bourgine, employé, demeurant 288, rue Saint-Denis ; Dumont Boula…, demeurant 111, rue Montmartre ; Prevotel, garçon boucher chez Chapon, 159, rue Montmartre (numéro illisible) ; Gachora illisible, demeurant 156, rue Montmartre. Il tenta de faire valoir ses droits de nouveau auprès de la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé. On trouve cette note dans son dossier : « Le capitaine Turpin s’est présenté pour recommander fortement auprès des membres de la Commission son sergent-major Bardot, qui probablement aura été oublié dans la distribution des récompenses nationales et dont les pièces sont déposées. » Bardot demeurait 159, rue Montmartre en 1830. Archives de la préfecture de police AA 371.