Baric, Uranie madame

Biographie


Né le 28 mai 1795 à Toulouse (Haute-Garonne). Propriétaire d’une maison de santé, 93, rue du Faubourg-Poissonnière. Elle donnait les indications biographiques suivantes sur elle-même et sur son attitude pendant la révolution de Juillet : « Je suis né fille d’un riche négociant de la ville de Toulouse, qui à la première révolution perdit toute sa fortune. En 1811, mon père mourut, ne laissant à ma mère, déjà âgée, qu’une nombreuse famille sans aucun bien pour exister. Plus tard, nous vînmes à Paris, où, avec de l’ordre, du travail et le crédit de quelques personnes recommandables, je fus assez heureuse pour monter un établissement que je vis prospérer. En juillet 1830, époque de notre glorieuse révolution, je convertis ma maison de santé en une maison de bienfaisance, où furent reçus douze blessés de Juillet. Seule, pendant trois mois et demi, je pourvus, à mes frais, à tous leurs besoins. » Le rapport de Sensier, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des journées de Juillet, relate à son sujet : « On ne saurait donner trop d’éloges à cette femme charitable qui a transformé sa maison en une ambulance où un grand nombre de blessés ont été reçus, soignés, pansés et médicamentés gratuitement et avec des attentions et des secours continuels. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’ancien IIe arrondissement. Elle reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (par erreur sous le nom de Baric madame, Louise, Marie sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel ; par erreur encore sous celui de Barric madame, Louise, Marie, sur celles de la Commission des récompenses nationales). Hubert (voir Hubert, Jean-Louis), soigné dans son établissement jusqu’au mois de janvier 1831, demeurant 40, rue de l’Echiquier en 1831, lui délivra un certificat pour attester « sa généreuse sympathie pour tout ce que notre révolution a produit de grand, de sublime de la part du peuple » et de la part qu’elle avait prise « aux succès de notre dernière révolution ». Le 19 juillet 1831, elle fit parvenir la lettre suivante à la reine, afin d’être remboursée des frais que lui avaient occasionnés les soins donnés par elle aux blessés : « […] A ce moment, je ne sentais d’autre désir que de secourir l’humanité et d’être utile à mon pays ; j’étais loin de penser que, plus tard, le peu de bien que j’avais fait m’obligerait à en solliciter le salaire. Pour récompense de mon dévouement à la cause nationale, le roi, dans sa bonté, a daigné me faire l’honneur de m’admettre au nombre des dix-huit femmes décorées de la médaille. Aujourd’hui, madame, c’est pleine de confiance dans la bonté de votre auguste personne que j’ose mettre sous les yeux de Votre Majesté ma triste position. La stagnation du commerce, l’impossibilité de négocier les meilleurs papiers sur la place de Paris m’ôtent tout moyen de faire honneur à mes engagements et mon établissement serait perdu pour moi si Votre Majesté, dont la bienfaisance est inépuisable, ne daignait venir à mon secours, en m’aidant de sa haute protection pour me faire rentrer dans une somme de trois mille six cents francs que j’ai déboursés pour les malheureux qui ont été soignés chez moi, ce qui me mettrai à même de remplir une partie de mes engagements. Mes titres à la munificence de Votre Majesté peuvent être constatés par M. Boyer, aide de camp du roi, dont une partie de ma famille a l’honneur d’être connu. Je suis, etc. » Sa lettre fut transmise au ministère de l’Intérieur, qui lui répondit qu’aucun fonds n’était prévu à cet objet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, elle reçut (par erreur sous le nom de Baris dame, Louise, Marie), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, elle fut perquisitionnée dans l’affaire de l’attentat de Fieschi et de ses complices, suite à une dénonciation anonyme. En 1853, elle tenait toujours son établissement, et on trouve dans le Manuel du Paris médical, recueil de renseignements, de Meding, les informations suivantes sur sa maison de santé : « Mme Baric, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 93, reçoit des aliénés dans un bâtiment entièrement séparé. L’hôtel principal offre des logements confortables aux malades qui veulent jouir d’un bon air et de beaux jardins au centre de Paris. » Elle demeurait 93, rue du Faubourg-Poissonnière en 1831-1853. Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 45 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/9/1158, dommages de Juillet, Seine (1831-1849) ; Procès de Fieschi et de ses complices, chez A. E. Bourdin, Paris, 1836, tome 1, p. 95 ; Almanach des 25 000 adresses des principaux habitants de Paris pour lannée 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs, p. 516 ; Manuel du Paris médical, recueil de renseignements, Meding, Paris, 1853, chez Baillière, p. 198.

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