Bariquant, Jean-Pierre, Simon
Biographie
Né le 3 décembre 1777 à Paris. Ancien marchand de bois d’acajou et ébéniste au moins à partir de 1809, au 37, bd Saint-Martin, il perdit plus de quatre cent mille francs sous la Restauration, (sans doute dans un salon littéraire ?, il écrit pourtant très mal !!) que lui firent fermer les autorités. Il fut, sous la Restauration, sergent de la garde nationale, sans doute à la VIe légion, et se disait libéral et jusqu’à son « dernier soupir ». En octobre 1830, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin de relater la conduite qu’il avait tenue pendant les combats : « J’ai eu l’honneur de prendre part aux combats des trois mémorables journées et me suis trouvé, le mardi 27 rue Saint-Honoré, où je me suis battu en tirailleur sous les ordres de M. Lemaitre et, le 28, toujours avec le même chef, à la porte Saint-Denis jusqu’au soir. Ensuite nous avons parcouru, pendant la nuit, les faubourgs du Temple et Saint-Antoine à l’effet de désarmer les postes qui, la plupart, avaient [été] évacués. Nous fîmes des patrouilles le reste de la nuit, depuis la barrière de Belleville jusqu’à celle de La Chapelle. Le 29, notre réunion eut lieu à la porte Saint-Denis, toujours avec notre même chef et, de là, nous nous sommes rendus rue Saint-Honoré et rue Richelieu, où nous nous sommes réunis à un fort détachement, commandé par M. le colonel Servatius (demeurant hôtel des Ambassadeurs, rue Notre-Dame-des-Victoires). Nous avons éprouvé une résistance terrible de la part des troupes de l’ex-roi. Ayant appris que la garde royale avait l’intention de se porter sur nos derrières pour envahir le palais de la Bourse, je me suis réuni à un petit nombre d’hommes de bonne volonté et à la tête desquels était un nommé Chuquet (voir Chuquet, Jean-Jacques), pour défendre ce lieu. Nous avons pris embuscade au Théâtre des nouveautés, où nous avons passé quelques heures, tant qu’il plaisait à la garde royale de nous rendre sa visite. Au bout de ce temps, nous nous sommes, sur les ordres de notre chef de file, rendus à la barrière de l’Etoile, où nous avons fait nos adieux à l’ex-garde et passé la nuit du 29 au 30, à la garde de ce poste, sous les ordres de M. Destains (voir Destains, Victor, Achille, Justinien), et ne l’ai quitté que lorsque nous avons été relevés par la garde nationale de Chaillot. Depuis, j’ai eu encore l’avantage de me réunir à l’expédition de Rambouillet, où je me suis rendu malgré la douleur que j’éprouvais par suite d’un coup de crosse de fusil que m’a porté un Suisse, rue Saint-Honoré au coin de celle de Chartres. Si j’ai pu être utile à mon pays et à la liberté, je ne viens pas demander à la Commission de l’argent mais des souvenirs d’un dévouement, qui ne doit cesser qu’avec ma vie. P.S. : le commandement Bacheville (voir Bacheville, Barthélemy), rue Sallebourg illisible, peut attester ce que j’ai fait depuis les Tuileries. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier : « Je, soussigné, certifie que le nommé Bariquant, a fait partie d’un détachement que je commandais dans les journées de Juillet. Il a pris part aux attaques des rues Richelieu, Saint-Honoré, de Rohan, le 29 juillet, et y montra beaucoup de courage et beaucoup de dévouement pour la cause nationale. » Signé le 22 septembre 1830 : Lemaitre, demeurant 16, rue des Magasins au clos Saint-Lazare (c’est pas plutôt la rue des Messageries comme pour Chevillon, Pierre, Nicolas ?). Le deuxième : « Je, soussigné, certifie que M. Bariquant a fait partie du détachement que j’ai dirigé vers la place de la Bourse, le Théâtre des nouveautés, où nous avons pris position et la barrière de l’Etoile, où nous avons, sous les ordres du jeune Destains (voir Destains, Victor, Achille, Justinien), passé la nuit du 29 juillet dernier. Ce brave et ancien militaire, encore armé d’un sabre teint du sang des Suisses, s’est conduit avec un dévouement sans exemple. » Signé, le 12 août 1830 : Chuquet (voir Chuquet, Jean-Jacques), demeurant 59, rue Lafayette. Un troisième était signé de Manceau, peintre-vitrier, demeurant 16, rue du Marché-aux-Chevaux, qui certifiait l’avoir vu et lui avoir parlé à Rambouillet, le 3 août. Enfin, un quatrième, illisible, était signé de Gianerino, demeurant 26, rue du Four-Saint-Victor. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 16 avril 1831, il faisait parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin d’obtenir une récompense honorifique et une recommandation pour une permission d’ouverture d’un établissement de débit de charbon de bois. Il rappelait ainsi sa participation aux combats des trois journées : « J’ai eu l’honneur de prendre part aux combats des trois mémorables journées et me suis trouvé le 27 rue Saint-Honoré, où je me suis battu en tirailleur sous les ordres de M. Lemaître. Le 28, toujours avec le même chef, nous nous battîmes à la porte Saint-Denis jusqu’au soir. Ensuite nous avons parcouru pendant la nuit les faubourgs du Temple et Saint-Martin pour désarmer les postes ; la plupart avaient évacué. Nous fîmes des patrouilles, le reste de la nuit, depuis la barrière de Belleville jusqu’à celle de La Chapelle. Le 29, nous nous réunîmes à la porte Saint-Denis et, en passant par la Cité, j’échangeais des prunes avec les lanciers et Suisses près le pont d’Arcole. Voulant rejoindre M. Lemaître, posté [illisible] la place où j’étais et rejoignis notre chef. De là nous avons marché rue Saint-Honoré, Richelieu et Rohan, où nous nous sommes réunis à un fort détachement commandé par M. le [illisible] Servatius (voir ce nom). Là nous avons éprouvé une résistance meurtrière. Ayant appris que la garde royale avait l’intention de se porter sur nos derrières, tourner notre position et envahir le palais de la Bourse, je me suis réuni à un petit détachement, dirigé par un nommé Chuquet (voir Chuquet, Jean-Jacques) pour protéger ce point. Nous avons pris embuscade dans le Théâtre des nouveautés, où nous avons passé quelques heures sans qu’il plaise à la garde royale et aux Suisses de nous rendre leur visite. En sortant, je perdis, dans la confusion, notre petit détachement et me rejoignis à un fort détachement commandé par un des frères Bacheville (voir ce nom). Nous partîmes aux Batignolles où on nous avait dit que la garde faisait sa retraite par la rue des Dames. Enfin, ne trouvant aucune résistance sur ce point, nous retournâmes par le même chemin à la barrière. Nous arrêtâmes un porteur de dépêches de Charles X. On lui fit la leçon et nous remîmes à M. Bacheville le sac contenant ses dépêches. Nous filâmes par le boulevard, les Champs-Elysées, la barrière de l’Etoile, où je retrouvais M. Chuquet qui nous commandait à la Bourse, qui s’y était rendu avec la troupe qu’il commandait et que j’avais perdue. Là nous avons fait nos sincères adieux à l’ex-garde et avons passé la nuit à la garde de ce poste, du 29 au 30 juillet, sous les ordres de M. Destains (voir ce nom) et ne l’avons quitté que lorsque nous avons été relevés par la garde nationale de Chaillot. Depuis j’ai eu l’avantage de me rendre à l’expédition de Rambouillet, où je me suis rendu malgré la douleur que j’éprouvai par suite d’un coup de crosse de fusil que m’avait porté un Suisse rue Saint-Honoré au coin de celle de Chartres, qui m’avait coupé mon pantalon et déchiré le long du genou, joint à un autre coup qui m’a blessé le mollet dans l’endroit même où j’avais une espèce de dartre. Si j’ai pu être utile à mon pays et à la liberté, je ne viens pas demander à la Commission de l’argent, malgré ma position ; et je ne me suis pas plaint pendant plus de trois mois que je me suis guéri avec beaucoup de peine [illisible] mais un souvenir désintéressé si elle m’en croit digne ainsi qu’une recommandation à la préfecture pour une permission d’établissement d’un [illisible] débit de charbon de bois ou de [illisible] afin que je puisse me suffire sur mes vieux jours ayant tout perdu dans la VIe légion de Paris. » Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 18 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, aux rassemblements de la porte Saint-Denis. Le 28, au même endroit, sous les ordres de MM. Lemaître et Chuquet. Le 29, rue de Richelieu et de Rohan, avant rue Saint-Denis le matin. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 avril 1831, à aucune voix pour la croix, deux voix pour la médaille et quatre voix pour une mention. Il est répertorié (sous le nom de Barignand et sous le numéro 848) dans la liste des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Son nom (toujours sous le numéro 848) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé. Il était indiqué comme jouissant d’une fortune médiocre par la Commission des Réclamants. Il demeurait 37, bd Saint-Martin en 1809 ; 42, rue Meslay et 37, bd Saint-Martin en 1811 ; 17, rue Poliveau au marché aux chevaux en 1830-1831. Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de récompenses honorifiques (sous le seul nom de Bariquant) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le seul nom de Bariquant) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 9 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 41 (sous le nom de Bariquand) ; Archives de la préfecture de police AA 371 ; Almanach du commerce de Paris, des départements de l’Empire français et des principales villes du monde, J. de la Tynna, 1809, Paris, chez J. de la Tynna, propriétaire-rédacteur, 20, rue J.-J. Rousseau, p. 276 ; Almanach du commerce de Paris, des départements de l’Empire français et des principales villes du monde, J. de la Tynna, 1811, Paris, chez J. de la Tynna, propriétaire-rédacteur, 20, rue J.-J. Rousseau, pp. 158, 196 et 329.