Barquand, Charles, Didier, Félix
Biographie
Né le 2 novembre 1778 à Nancy (Meurthe), fils de Barquand, Joseph (décédé à Nancy le 15 floréal an XI) ou 5 mai 1803), et de Vigneron, Marguerite, son épouse. Relieur. Il fut atteint d’un coup de feu, rue des Arcis, le 28 juillet 1830 vers 14 heures, alors qu’il rentrait chez lui, au 34 de la même rue. Il mourut sur-le-champ. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il laissait une veuve, Guetteville, Marie, Elisabeth, Louise, née le 14 novembre 1787 à Ingouville (Seine-Maritime) (fille de Guetteville, Jean-Baptiste, et de Féray, Marie, Anne, Rose), qu’il avait épousée le 23 septembre 1822 au Havre (Seine-Maritime), légitimant ainsi la naissance de ses quatre enfants. Elle reçut un secours de cent quarante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt francs le 3 août 1830, un secours de vingt francs le 10 août 1830, un secours de vingt-cinq francs le 20 août 1830, un secours de quinze le 2 septembre 1830, un secours de vingt francs le 15 septembre 1830, un secours de vingt francs le 25 septembre 1830, un secours de quinze francs le 2 octobre 1830, un secours de vingt francs le 9 octobre 1830, un secours de vingt francs le 15 octobre 1830, un secours de cent soixante francs le 27 octobre 1830, un secours de cinquante francs le 5 janvier 1831, un secours de cinquante francs le 2 février 1831, un secours de cinquante francs le 4 mars 1831, un secours de cinquante francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 5 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement comparurent : Tarry, Aristide, employé, demeurant 14, place Royale ; Boquet, Aimé, employé, demeurant 14, place Royale ; Nazon Saint-Hilaire, employé, demeurant 14, place Royale. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété savoir que le sieur Charles, Didier Barquand, époux de dame Marie-Louise Guetteville, demeurant 4, rue Neuve-du-Colombier, marché Sainte-Catherine, a été tué le 28 juillet rue des Arcis, année 1830 ». La veuve fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Ils s’étaient mariés le 23 juillet 1822 au Havre (Seine-Maritime), légitimant ainsi la naissance de quatre enfants : Louis, Charles Quedeville, né le 23 février 1807 à Ingouville, Louise Barquand, née le 24 mai 1810 à Paris, Rose, Eugénie, née le 18 mars 1816 à Ingouville, Louise, Caroline, née le 4 février 1819 au Havre, et Joseph, Emer (Joseph, Emar in Archives nationales F/1dIII/36, Eymer in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Eymard in Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport, etc.), né le 14 décembre 1822 aussi au Havre ; ces trois derniers furent reconnus comme orphelins de Juillet, pensionnés de sept cents francs et reçurent (sous les prénoms de Joseph-Eymart, Rose-Eugénie, Louise-Caroline) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Simès, Pierre, Marie, ébéniste, subrogé-tuteur, demeurant 3, rue du Colombier en 1831. Vers 1832, Rose, Eugénie n’ayant reçu « aucun élément d’instruction », ne savait ni lire ni écrire et était en apprentissage chez Mme Godailler, 33, rue Geoffroy-Lasnier. Vers 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de la mère et de ses enfants : « La mère ne présente aucune garantie de moralité ni de conduite. La Commission, sentant le danger qu’il y a à lui confier l’éducation de ses enfants, s’occupe de les placer malgré elle. » Le 5 juin 1832, le Service de sous-surveillance des orphelins et orphelines de Juillet adressait un rapport au maître des requêtes chargé de la surveillance des orphelins et orphelines de Juillet, qui contenait les indications suivantes concernant Joseph-Eymart : « […] Sa mère, sur laquelle j’avais, lors de mes premières visites, des notes fort peu avantageuses, n’a pas voulu, malgré tout ce que j’ai pu lui donner de bonnes raisons, me remettre son bulletin, prétextant qu’elle n’avait pas besoin de surveillant puisqu’elle ne touchait pas la pension de ses enfants. J’ai eu un peu de peine à comprendre ce que cela signifiait ; enfin, j’ai appris à la mairie que M. Tarry lui avait refusé de l’argent, espérant, la prenant un peu par famine, la faire capituler et la faire consentir à laisser placer ses enfants. Je n’ai pu, quoi que j’ai dit, rien obtenir de cette femme, qui me paraît disposée, d’après les conseils de voisins, à écrire à monsieur le ministre pour réclamer contre ce qu’elle appelle une injustice. Je pense que cette affaire sort maintenant de mes attributions puisqu’il s’agit d’un conflit entre Mme Barquand et la Commission municipale du (ancien) VIIIe arrondissement. » Joseph, Emer était élève chez M. Julien, instituteur, 5, rue de Jarente, en 1832, son instruction était fort peu avancée, commençait à bien lire mais ne savait pas écrire et avait « de bonnes dispositions à s’instruire » et « son instituteur paraît sûr de le faire avancer rapidement » selon son bulletin individuel de la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. Dans un autre bulletin individuel, il était dit « assez intelligent, studieux, d’un caractère très doux ». Il reçut trois cents francs, en 1832, pour frais de trousseau. Vers 1832 ou 1833, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet le dit élève chez M. Maurice, 4, rue Basse-Saint-Pierre et rapportait sur son compte : « Cet enfant, qui paraît intelligent, lit, écrit bien et commence à calculer avec assez de facilité. Il est un peu joueur, défaut commun aux enfants de cet âge. » Louise, Caroline était élève chez M. Julien, instituteur, 5, rue de Jarente, où elle ne faisait que « très peu de progrès » en 1832 et savait encore ni lire ni écrire. Elle reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1833. En 1835, Joseph, Emer était placé en apprentissage chez un horloger. En 1833-1836, Louise, Caroline, était élève dans la pension Ribes, 18, rue Geoffroy-Lasnier, sa maîtresse était « contente d’elle » et elle se destinait au commerce de lingerie. Rose, Eugénie, travaillait à l’aiguille chez sa mère et était enceinte selon la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. Lors de la révolution de Février, Joseph était ébéniste, savait lire et écrire, était marié et sans enfant, et d’une « bonne moralité » selon les renseignements obtenus sur son compte. Il fut blessé le 24 février d’un coup de baïonnette reçu au dos des doigts de la main droite et contusionné au côté gauche de la poitrine, alors qu’il combattait au Palais-Royal et tentait d’enfoncer la porte du château d’eau ; il resta six semaines sans pouvoir travailler et reçut trois cent quarante-sept francs et cinquante centimes de secours entre juin et septembre 1848, par tranches de vingt ou vingt-cinq francs. Il sollicita une place « parmi les employés de la préfecture ; soit pour ouvrir les bornes fontaines de la ville ou tout autre qui puisse lui assurer les moyens d’élever sa famille ». Il expliquait ainsi sa triste situation : « Je suis atteint d’une épilepsie cérébrale, dont les terribles et fréquentes attaques ne me permettent pas de travailler en communauté. Mon épouse, sur le point d’accoucher, ayant eu déjà quatre enfants dont l’un l’ayant gardé trois ans malade et l’autre dix-huit mois nous ont réduits par ces longues souffrances à un dénuement absolu. » Barquand demeurait à Ingouville en 1816 ; rue au Lard au Havre (Seine-Maritime) en 1822 ; 34, rue des Arcis en 1830 ; La veuve et ses enfants allèrent habiter 4, rue Neuve-du-Colombier, marché Sainte-Catherine en août 1830 et au moins jusqu’en 1832 (mais trois fois sur quatre 20, rue Neuve-du-Colombier in Archives nationales F/1dIII/36 mais le médecin qui visite parle bien du 4, rue Neuve-du-Colombier, marché Sainte-Catherine in Archives nationales F/15/2554 ; mais 3, rue Neuve-du-Colombier en 1833 in Archives nationales F/15/2555 ; 4, rue Neuve-du-Colombier trois fois in Archives nationales F/1dIII/38 B et aussi in Archives de Paris VD3 1-2) ; Joseph Barquand, 8, rue Neuve-d’Angoulême puis 22, rue Neuve-d’Angoulême en 1848. Le nom de Barquand (C.-D. Barquand) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 10 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 10 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 8, p. 68 pour la veuve ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées (sous le nom de Barcand), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’orphelins) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-37 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; idem Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales lettre en date du 31 août 1832 pour demander les trois cents francs alloués en faveur du trousseau de Joseph, Eymon ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIIIe arrondissement, orphelins du (ancien) VIIIe arrondissement et état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, VIIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Gruet ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/1dIII/84 ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIIIe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2554 pièces relatives aux médecins qui ont demandé à être attachés à la surveillance des orphelins ; Archives nationales F/15/2555, correspondance avec le deuxième bureau, années 1832-1833, feuille de bulletins individuels de Rose, Eugénie et de Louise, Caroline ; Archives nationales F/15/2556 in Sous-surveillant pièces relatives et rapport en date du 5 juin 1832 ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) VIIIe arrondissement et un état officiel des orphelins (ancien VIIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79 (sous le nom de Barquant, Charles, Didier), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.