Barrau, Jean-Pierre
Biographie
Né le 7 avril 1788 au Montréal (Aude). Ancien militaire de l’Empire. Il participa à la révolution de Juillet. Un certificat qu’il produisit fut perdu et nuisit sans doute à ce qu’il lui fût décerné une récompense honorifique. En témoignent, les deux certificats suivants. Le premier : « Nous, soussignés, certifions que M. Barrau, Jean-Pierre, officier au régiment des volontaires de la Charte, a déposé à la préfecture de police, un certificat revêtu d’un grand nombre de signatures légalisé par le commissaire de police du quartier du marché des Innocents et de M. le maire du (ancien) Ve arrondissement, qui constate que le sieur Barrau a combattu dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830, en dirigeant sur les points les plus menacés les citoyens armés qui combattaient pour nos libertés. Ce certificat a été déposé le 15 août dernier. » Signé, le 12 octobre 1830 : Charpentier, employé à la préfecture de police ; Collet, sous-chef à la préfecture de police. Le deuxième : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Barrau, Jean-Pierre, ancien militaire, sous-lieutenant audit régiment, a combattu dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Nous l’avons vu au Louvre, à la Grève, au Palais-Royal, aux Tuileries, dirigeant sur les points les plus menacés les citoyens armés qui combattaient pour nos libertés, arrêtant après la victoire quelques malveillants qui cherchaient à mettre le désordre en s’emparant des objets pris au château des Tuileries. Cet ancien militaire mérite, par son dévouement patriotique, de concourir aux récompenses nationales. » Signé, le 7 septembre 1830, à Courbevoie au 1er régiment des volontaires de la Charte : Buttler, J., lieutenant ; Romagnac capitaine ; Bourgeois, lieutenant ; Tourel, lieutenant ; Larue ; Bailly, capitaine ; Jouanne ; Ravagnac ; Chertier. Il participa à la Révolution de février et relatait ainsi auprès de la nouvelle Commission des récompenses nationales la conduite qu’il avait tenue : « […] Le 24 février, j’ai été un des premiers à me mettre à la tête du peuple, en organisant une compagnie de volontaires parisiens ; rue Vendôme, en me joignant immédiatement à la garde nationale pour aller au Palais-Royal et aux Tuileries, que nous avons occupés des premiers. J’ai contribué, autant qu’il a été en mon pouvoir à maintenir le bon ordre. J’ai fait partie du détachement qui a été à la Chambre des députés pour annoncer le gouvernement provisoire. Entré un des premiers dans la Chambre, j’ai couru à la tribune et je me suis empressé de donner la main au citoyen Ledru-Rollin, en lui cédant ma place. Le 27 février, lui étant présenté, il me témoigna vivement sa satisfaction de me revoir, en annonçant qu’il allait écrire au général Duvivier, pour me proposer comme capitaine dans la garde nationale mobile. Le même jour, parut un décret du gouvernement qui fit connaître que les grades seraient donnés par élection. Le Journal du commerce du 22 du courant fait mention de la conduite que j’ai tenue le 24 février. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Barrau, officier d’infanterie en non-activité, […] a été un des premiers à se mettre à la tête du peuple, le 24 février 1848. Il organisa les compagnies de volontaires parisiens. Il a accompagné la garde nationale au Palais-Royal et aux Tuileries. Là, après y avoir laissé un détachement, il est parti, accompagné des élèves de l’Ecole polytechnique à la Chambre des députés. Entré un des premiers, il donna la main au citoyen ministre Ledru-Rollin, pour l’aider à monter à la tribune et y proclamer le gouvernement provisoire. Cet officier a fait preuve d’un grand courage, a déployé des moyens militaires qui, joints à sa fermeté, ont pu maintenir le bon ordre et arrêter toute dévastation. Il mérite, par son dévouement patriotique, d’être cité au gouvernement provisoire. » Signé (pour les noms lisibles), le 26 février 1848 : Gaillard, capitaine en retraite, demeurât 168, rue Saint-Antoine ; Beauvais, demeurant 16, rue du Temple ; Vernet, Auguste, demeurant 16, rue du Temple ; Denis, Florent, demeurant rue Saint-André-des-Arts ; capitaine Martinet, huissier au Palais législatif ; Leroux, officier de la Xe légion ; Lambert, demeurant 6, rue de la Boule-Rouge ; Chaumont, demeurant 124, rue du Faubourg-du-Temple ; commandant de Bruc, condamné politique de 1836, demeurant 24, rue d’Angoulême ; Lentrain, demeurant 9, rue du Chemin-de-Ronde à la barrière des Trois-Couronnes. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Barrau, ancien officier d’infanterie, a organisé une compagnie de volontaires parisiens et les a conduits à la prise du château des Tuileries. Il a contribué, par sa modération et par son courage, à maintenir le bon ordre. Nous certifions aussi qu’il a fait partie de la députation nationale pour aller à la Chambre des députés nommer le gouvernement provisoire proposé par le citoyen Ledru-Rollin, député. Cet ancien député mérite d’être signalé par son dévouement patriotique au gouvernement provisoire. » Signé, le 26 février 1848 : Beauvais, demeurant 16, rue du Temple ; Vernet, Auguste, demeurant 16, rue du Temple. Ledru-Rollin lui délivra un certificat pour attester qu’il était « entré un des premiers, le 24 février, à la Chambre des députés, à la tête d’une compagnie de volontaires parisiens et qu’il était à la tribune près de moi quand, au nom du peuple j’ai proclamé les noms des membres du gouvernement provisoire ». Il signa, le 26 février 1848 et comme « ancien officier d’infanterie, en non-activité, capitaine des volontaires parisiens », le certificat suivant en faveur de Lentrain, Jean-François : « Je, soussigné, certifie que le nommé Lantrain, ancien sous-officier, chevalier de la Légion d’honneur et de la Croix de Juillet, demeurant à Paris, rue du Chemin-de-Ronde n° 9, a fait partie de la compagnie des volontaires parisiens que j’ai organisés dans la rue Vendôme (ancien) VIe arrondissement, le 24 février 1848. Il a fait preuve de courage et de dévouement et m’a aidé pour maintenir le bon ordre. Il a assisté à la prise du château des Tuileries et a fait les fonctions de sous-lieutenant. Ce brave citoyen mérite, pour son dévouement patriotique, d’être cité d’une manière spéciale au gouvernement de la république. Le présent certificat a été par moi délivré audit citoyen Landrin (sic) comme témoignage de ma satisfaction personnelle pour lui servir au besoin. » Barrau fut recommandé par la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février pour le signe honorifique de la république, mais qui ne fut finalement jamais créé. Il fut employé comme huissier à l’Assemblée nationale après la Révolution de février. En 1848, il était marié et sans enfant. Il demeurait 6, rue des Filles-du-Calvaire en 1848. Archives de la préfecture de police AA 371 ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Lentrain, Jean-François.