Barrière, Jean-François

Biographie


Né le 13 mai 1786 à Paris. Chef de division des hospices à la préfecture de la Seine. En 1819, directeur du bureau des hospices, il sollicitait la Légion d’honneur. Pour appuyer la demande, le préfet de la Seine, Chabrol, écrivait le 29 juillet 1819, la lettre suivante au ministre de l’Intérieur : « Votre Excellence, en visitant dernièrement les hospices et les hôpitaux de la Ville de Paris, a plusieurs fois paru satisfaite de leur administration ; vous avez donné des éloges, Monseigneur, à la classification des malades, à la salubrité des salles, à l’abondance des secours, à l’emploi de tous les moyens de traitement, enfin à l’ordre, à l’économie, à l’humanité qui règnent dans ces établissements charitables. M. Barrière, directeur du bureau des hospices dans mon administration, a concouru, Monseigneur, d’une manière très active à ces heureux résultats ; depuis seize ans qu’il est attaché à cette partie, ses travaux, son zèle, ses connaissances ont puissamment secondé les vues du conseil des hospices, les opérations de mon prédécesseur et les miennes, et je le cite avec plaisir parmi les hommes dont les services ont le plus contribué aux améliorations apportées dans le système des hôpitaux ainsi qu’au soulagement des malheureux. Mais je crois devoir particulièrement appeler l’attention de Votre Excellence sur le dévouement dont il a donné des preuves dans plusieurs circonstances importantes. Deux fois, en 1814 et 1815, les hospices civils de Paris furent chargés d’un service extraordinaire. Les combats qui se livraient près de la capitale et plus tard la présence des différentes armées dans ses murs exigèrent des moyens de secours imprévus. Les hôpitaux militaires étaient depuis longtemps insuffisants ; les hôpitaux civils étaient encombrés. Il fallut avec une infatigable activité créer des hôpitaux temporaires, disposer des locaux, se procurer un mobilier considérable, organiser le service, pourvoir aux besoins et braver les dangers de la contagion. Vingt-cinq mille soldats russes, prussiens, autrichiens, anglais furent traités dans ces établissements ; soixante mille malades ou blessés français y reçurent les soins empressés que réclamaient des compatriotes. Dans le désordre occasionné par l’occupation, au milieu des événements politiques les plus importants, la préfecture de la Seine était devenue le point central de toutes les opérations administratives. Chargé moi-même d’un immense fardeau, je me reposais en partie sur M. Barrière du soin de ce qui concernait les hospices et je puis dire qu’il justifia pleinement ma confiance. Ce service extraordinaire était pénible puisqu’il dura six mois jour et nuit ; il était périlleux à une époque où le typhus régnait dans presque tous les hôpitaux ; mais il devint surtout fort utile aux habitants de la ville de Paris, qu’il préserva des réquisitions abusives et du logement des malades et des blessés à domicile. Les administrateurs des hospices déployèrent en cette circonstance ces talents pour l’administration et ce zèle pour le bien public dont Votre Excellence a dernièrement apprécié les effets. M. Barrière partagea leurs travaux, leur dévouement et les titres qu’ils acquirent alors à la bienveillance du gouvernement. Il reçut comme eux et comme plusieurs médecins et chirurgiens des hospices des distinctions les plus flatteuses de S. M. l’empereur Alexandre et de S. M. le roi de Prusse : il est décoré des ordres de l’Aigle rouge et de Saint Wladimir. Votre Excellence voudra-t-elle bien permettre que, profitant du moment où elle vient de parcourir les établissements charitables de Paris, je recommande à sa protection un homme qui, dans cette intéressante partie de l’administration publique, a donné les preuves les plus constantes et les plus méritoires de sa capacité et du désir qu’il a d’être utile. Votre Excellence ne trouvera sans doute pas extraordinaire qu’après cet exposé des services de M. Barrière, j’ai l’honneur de le lui présenter pour obtenir une des croix de la Légion d’honneur qu’elle peut avoir l’intention de solliciter des bontés de Sa Majesté en faveur de mon département. Il est du nombre des hommes qui se sont rendus dignes de cette faveur, par leurs talents, leurs travaux et leur attachement au gouvernement. » Le 15 avril 1821, Barrière, dans une nouvelle demande, apportait les précisions suivantes : « […] Si des travaux littéraires peuvent servir d’appui à des fonctions administratives, j’ajouterai que je publie en ce moment, sur les jours de nos troubles civils, le seul recueil peut-être dont l’impartialité puisse aider les jugements de l’histoire […]. » Il fut nommé officier de la Légion d’honneur le 17 octobre 1832. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Nous empruntons à la Biographie nouvelle des contemporains, la notice concernant Barrière et ainsi rédigée : « Après avoir fait de bonnes études à Sainte-Barbe, s’est attaché à la rédaction de plusieurs journaux. Il a successivement travaillé à la Gazette de France et au Journal de Paris. On se souvient d’une lettre qu’il écrivit au rédacteur de la Gazette, pour l’inviter, ainsi que le public, à ne pas le confondre avec le fameux Barère : démarche bien gratuitement hostile. Il est chef de la division des hospices à la préfecture de la Seine, et examinateur des livres à la direction de la librairie. En 1815, le roi de Prusse lui envoya la décoration du mérite civil. Les articles politiques du Journal de Paris, auxquels M. Barrière travaille en ce moment, font peut-être moins connaître ses principes que le parti auquel il s’est récemment attaché. » Le Nouveau Dictionnaire des girouettes donne quant à lui les indications biographiques suivantes : « Employé à la préfecture de la Seine sous le comte Frochot ; Chef de la division des hospices, à cette même préfecture, sous le comte de Chabrol, et, de plus, examinateur des livres à la direction de la librairie ; enfin, encore chef de la division des hospices sous le comte de Laborde, M. Odillon-Barrot et le comte de Bondy. Durant la première Restauration, il travailla à La Gazette et écrivit un jour au rédacteur en chef de cette feuille apostolique, pour l'inviter, ainsi que le public, à ne point le confondre avec le conventionnel Barrère ; démarche bien gratuitement hostile. Après les Cent-Jours, M Barrière et non Barrère, qui n'avait pas quitté sa place, fut nommé par Louis XVIII, chevalier de la Légion d’honneur ; par l’empereur Alexandre, chevalier de Saint-Wladimir, et par le roi de Prusse, chevalier du Mérite civil. Il travaillait alors au Journal de Paris, dont la teinte était à peu près celle d’aujourd’hui. Tout à coup, il passa avec armes et bagages au Constitutionnel, un des journaux les plus hostiles de l’époque. M Barrière a été un des actifs pourvoyeurs de la collection des Mémoires sur la Révolution française, publiés par les frères Baudoin, entreprise commerciale dont l’unique but était de rapetisser la belle révolution de 89 à la taille de notre honteuse Restauration. Il n’y a pas mal réussi par ses préfaces et ses notes. Nous renvoyons nos lecteurs à ses opinions sur Marie-Antoinette et Mirabeau. Le bureau de M Barrière et M Barrière lui-même occupent toujours à la préfecture le même local depuis le règne de Napoléon. Dites ensuite que c’est une girouette. » Il mourut le 19 août 1868. Il demeurait 11, rue de Condé en 1831. Archives nationales F/1dIV/B/3 ; dossier Légion d’honneur, base Léonore, LH/123/56 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Biographie nouvelle des contemporains ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France soit dans les pays étrangers, tome second, par Arnault, Jay, Jouy, Norvins et autres, Paris, Librairie historique, rue Saint-Honoré, 1821, p. 145 ; Nouveau Dictionnaire des girouettes, Nos grands hommes peints par eux-mêmes, pairs, hommes d’Etat, hommes de lettres, généraux, évêques, chansonniers, préfets, journalistes, statuaires, ministres, députés, ambassadeurs, vaudevillistes, etc., par une girouette inamovible, à Paris, chez les marchands de nouveautés, 1832, pp. 83-84.

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