Baudin, Etienne, Marie, Auguste
Biographie
Né vers 1810. Menuisier. Il combattit le 27 juillet 1830 et fut blessé le 28, près du pont d’Austerlitz d’une balle qui pénétra dans l’abdomen. Il mourut le jour même des suites de sa blessure. Il fut enterré, le 30 juillet, au cimetière du Montparnasse. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 18 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Jovenet, Hubert, François, gazier (c’est-à-dire sans doute fabricant de gaze), demeurant 31, rue d’Orléans ; Seguin, Louis, Marie, fabricant de mottes ?, demeurant 1, rue de l’Essai ; Landrieux, Jean-François, Zozime, marchand charcutier, demeurant 53, rue Mouffetard ; Lecesne, Jacques, Etienne, Henri, Marie, gazier, demeurant 13, rue des Lyonnais ; Leclerc, Charles (voir ce nom), gazier, demeurant 31, rue d’Orléans ; Coquel, gazier, demeurant 31, rue d’Orléans. Ils attestèrent « sous la foi du serment qu’il est de notoriété publique et à leur connaissance personnelle que le sieur Baudin, Etienne, Marie, Auguste […] a été tué en combattant pour la liberté dans la journée du mercredi 28 juillet 1830 près du pont d’Austerlitz. Qu’ils ont connu le sieur Baudin pendant plusieurs années, qu’ils savent que pendant l’espace de trois ans il a vécu maritalement avec demoiselle Marie-Joséphine, Françoise Guet, sa cousine germaine, qu’il se proposait d’épouser, que la paix de leur ménage n’a jamais été troublée par la moindre discorde ; qu’ils ont eu de leur union naturelle un enfant de sexe masculin, né le 15 août dernier et actuellement existant, que si cette union n’a pas été légitimée par le mariage le motif en est que ces deux jeunes gens, étant parents à un degré prohibé, ils avaient besoin d’obtenir des dispenses de l’autorité et que leur position de fortune ne leur avait pas permis encore de faire cette dépense ; que d’un autre côté il existait quelque opposition entre les deux familles, opposition qui sans être positivement un obstacle à ce mariage l’a néanmoins retardé ». Son enfant, Guet, Hippolyte, Auguste, naîtra le 14 août 1830, à Paris, et fut considéré comme orphelin de Juillet. Sa concubine, Guet, Marie, Joséphine, Françoise (née le 6 juin 1809 à Moisenay, Seine-et-Marne), et avec laquelle il vivait depuis trois ans, fut l’objet du rapport suivant de la part du la préfecture de police : « La demoiselle Guet ne demeure ni n’a jamais demeuré rue du Jardin-du-Roi, 14. C’est rue d’Orléans-Saint-Marcel, 31, qu’elle occupe une chambre pour le prix annuel de quatre-vingts francs. Elle avait donné son adresse rue du Jardin-du-Roi parce que son amant y demeurait en effet, et qu’encore au numéro 14 se trouvent bien les oncle et tante du sieur Baudin. Ces derniers paraissent fort mal disposés contre la demoiselle Guet, qu’ils accusent tout nettement d’avoir débauché leur neveu, qui était cousin de sa maîtresse ; on dit que la différence de fortune est cause de la mésintelligence qui règne entre les oncle et tante Baudin et la demoiselle Guet, leur nièce, et que c’est parce qu’ils voyaient avec répugnance les intimités de ces jeunes gens qu’ils ne voulaient point entendre parler de la demoiselle Guet, qu’ils désignent par le sobriquet de la Ribote, qu’ils prétendent être son nom. Quoi qu’il en soit, cette demoiselle âgée de vingt et un an n’a encore donné lieu à aucun sujet de plainte depuis qu’elle demeure rue d’Orléans-Saint-Marcel. On se loue de sa moralité et s’il est vrai qu’elle ait eu des torts dans ses relations avec la famille Baudin, ses cousins, elles les expie maintenant puisque, couturière par état, elle manque d’ouvrage, malade en ce moment, demeurée chargée d’un enfant qu’elle a eu de Baudin et qu’elle allaite, privée des ressources que lui procurait le travail de son amant, elle est sans doute malheureuse et fort gênée dans sa position de fortune. Ses intimités avec Baudin dataient bien de trois ans ainsi qu’elle l’a déclaré. » Un autre rapport témoignait : « Les meilleurs renseignements ont été recueillis sur Joséphine Guet, qui depuis trois ans vivait maritalement avec Baudin. Celui-ci l’aurait épousé depuis longtemps sans l’opposition d’un tuteur. » Elle reçut un secours de trente francs, le 18 février 1831, un secours de trente francs, le 16 mars 1831, un secours de trente francs, le 13 avril 1831, un secours de trente francs, le 14 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle ne fut cependant pas pensionnée, n’ayant vécu que trois années avec le père de son enfant. Elle reçut cependant, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le conseil de famille de l’orphelin était composé de la mère, Guet, Joséphine, Marie, Françoise, et de Jovenet, Hubert, François, gazier, subrogé-tuteur, demeurant 31, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1831. La mère demeurait 31, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1831 (mais 31, rue des Fossés-Saint-Victor in Archives nationales F/1dIII/37). En 1839, le fils recevait trois cents francs pour frais de trousseau et Joséphine Guet, toujours simple ouvrière et sans fortune, s’était mariée à Drancy et demeurait 22, rue du Fer-à-Moulin. Le 24 juillet 1840, les restes de Baudin furent exhumés du terrain situé au cimetière du Montparnasse, où ils avaient été placés, puis ces restes furent renfermés dans un cercueil avec douze autres, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Le nom de Baudin (E.-M.-A. Baudin) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Baudin, Etienne, Marie, Auguste avait une sœur, mariée en 1830. Baudin demeurait 14, rue du Jardin-du-Roi au 4e étage sud ; Guet, Françoise, demeurait 31, rue d’Orléans-Saint-Victor ou 31, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1830. Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris DM13 1, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (deux listes de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1838 XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guet, Françoise, Joséphine ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, cas exceptionnels et Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives nationales F/15/2557-2559, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés, où la composition du conseil de famille est indiqué deux fois ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.