Bazin, Louis, Jean-Baptiste

Biographie


Ancien négociant. Il adressa, après la Révolution de février la lettre suivante à la nouvelle Commission des récompenses nationale et dans laquelle il faisait aussi état de sa participation aux combats de juillet 1830, sollicitait un emploi et, curieusement, la Croix de Juillet ; cette lettre était ainsi rédigée : « Le sieur Bazin, Louis, Jean-Baptiste, négociant en bonneterie, 27, faubourg Montmartre et depuis dix années électeur dans le (ancien) IIe arrondissement de Paris, forcé, par des pertes considérables et multipliées de renoncer au commerce et se trouvant sans occupation, mais jeune encore et plein d’énergie et d’activité, prend la liberté de solliciter votre bienveillant appui pour obtenir une place de régisseur dans l’un des châteaux ou domaines nationaux. Il est d’une famille honorable, fils d’un ancien soldat de la république, qui s’est couvert de glorieuses blessures, et gendre de M. Sornin, caissier de la Ville de Paris pendant trente ans, aujourd’hui en retraite. Il n’a pas lui-même d’autre recommandation que d’avoir été blessé en juillet 1830, en combattant pour la liberté, et n’a jamais demandé aucune espèce de participation au dernier gouvernement, malgré que sa blessure l’ait retenu plus de deux mois au lit. Pendant les journées de Février, il combattait vigoureusement aux barricades de la rue Vieille-du-Temple et de la fontaine de la rue de l’Oseille et coopéra de tout son pouvoir à l’affranchissement de son pays, courbé depuis dix-huit ans sous un joug pénible, et sa seule ambition serait d’obtenir, aujourd’hui, la Croix de Juillet (!!) et un modeste emploi qui lui permît de sanctionner ses preuves de patriotisme et de dévouement à son pays. Il a l’honneur, etc. » Il se recommandait de Recurt (voir Recurt, Adrien, Barnabé, Athanase), adjoint au maire de Paris, et de Trémisot, chef de division à l’Hôtel de ville « qui l’appuieront de tout leur pouvoir vu la triste et malheureuse position où il se trouve aujourd’hui, sans l’avoir méritée ». Il joignait à sa demande six certificats (absents de son dossier car son beau-père les retira le 14 août 1850), trois cartes d’électeur et son certificat d’inscription sur les contrôles de l’armée. Bazin fut recommandé par la Commission pour se voir décerné le signe honorifique, qui ne fut jamais créé. Le 21 juillet 1850, il adressait la lettre suivante au ministre de l’Intérieur : « En 1848, j’avais adressé plusieurs demandes d’emploi au gouvernement provisoire, auquel j’avais envoyé plusieurs certificats, entre autres ceux de MM. Despagnols, Brousse, Blanc et Aurant, négociants de M. Joubert, médecin, constatant que j’ai eu un pied déboîté dans une barricade, à la révolution de Juillet, et duquel je souffre toujours. D’autres certificats de ma conduite en février 1848 y étaient joints ; l’un d’eux constatant que j’ai enlevé à deux voleurs un cheval ayant appartenu à la garde municipale et que j’ai rendu aux autorités de la mairie des Petits-Pères, et plusieurs autres certificats desquels je ne me souviens plus mais qui doivent être joints à ceux mentionnés ci-dessus. Tous ces certificats ainsi que mes demandes ont été envoyés à la Commission des récompenses nationales et comme je n’ai jamais reçu aucune espèce de réponse, je vous prie, monsieur le ministre, de vouloir bien faire remettre mon dossier à mon beau-père, M. Sornin, ancien caissier de la Ville, demeurant à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine n° 8, qui vous remettra cette lettre. A moins, monsieur le ministre, que vous ne veuillez bien vous intéresser à moi, en me faisant obtenir l’un des emplois que j’avais sollicité et que je serais encore tout disposé à prendre, surtout celui de régisseur dans l’un des domaines nationaux. Depuis l’époque à laquelle j’ai présenté mes demandes au gouvernement provisoire, j’ai obtenu le relais de Saint-Florentin, que j’avais sollicité antérieurement ; mais ce relais, après m’avoir entraîné à de grandes dépenses pour le remonter, a été démonté par le chemin de fer en octobre 1849, onze mois après mon installation et c’est pour cela, monsieur le ministre, qu’ayant fait de grandes pertes à ce relais et me trouvant libre de toute occupation sérieuse, je serai disposé à prendre tel emploi qu’on voudrait bien m’accorder. Agréez, etc. » Les pièces qu’il avait confiées à la Commission furent en effet retirées par Sornin le 14 août 1850. Bazin demeurait 18, rue du Pont-aux-Choux en 1848 ; à Saint-Florentin (Yonne) en 1850. Archives de la préfecture de police AA 371.

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