Beaucourt, Jacques, André

Biographie


Né le 29 décembre 1769 (mais le 28 décembre 1769 dans son dossier à la Légion dhonneur, et sous le nom de Beaucourt ; bien le 28 décembre 1769 dans son acte de naissance) à Versailles (Seine-et-Oise), fils de Beaucourt, Jacques, Claude, ferblanquier des bâtiments du roi, et de Po…, Marie, Madeleine, son épouse. Capitaine de gendarmerie en retraite, ancien aide de camp des maréchaux Moncey et Mortier, ayant servi trente ans sans interruption et fait toutes les campagnes jusqu’en 1815, année de sa mise en retraite lors du licenciement de l’armée de la Loire ; officier de la Légion d’honneur le 14 février 1815. Sa carrière militaire est ainsi reconstituée dans son dossier à la Légion d’honneur : dragon depuis le 13 janvier 1786, sergent-major dans la garde nationale soldée le 14 juillet 1789, cavalier dans la cavalerie parisienne le 8 septembre 1789, gendarme dans la 29e division le 28 août 1791, dans la force publique le 9 septembre 1792, brigadier dans la gendarmerie impériale du département de Jemmapes le 3 fructidor an IV, maréchal des logis le 18 germinal an VI, du département de la Lis le 1er nivôse an X, à la 5e compagnie des colonies le 16 vendémiaire an XI, de la force publique le 1er thermidor an XI, adjudant provisoire au commissaire des guerres en l’an XIV, lieutenant le 1er juin 1807, chevalier de la Légion d’honneur le 17 septembre 1809, vaguemestre le 16 avril 1809, capitaine le 19 mai 1811, aide de camp du maréchal-duc de Conegliano le 23 décembre 1813 ; il fit les campagnes de 1792 dans l’armée de Dumouriez, des années II, III et IV dans l’armée de Pichegru, des ans XII et XIII et XIV à Hanovre, des années 1806 et 1807 dans la Grande Armée, sous les ordres du duc de Trévise, 1808 à 1814 en Espagne. Ses actions d’éclat étaient ainsi répertoriées : « […] 1792, il a été blessé de deux coups de sabre à la bataille de Jemmapes en faisant prisonnier un dragon de Latour ; lui sixième, ont pris cinq pièces de canon près le mont Cassel, les ont conduites au quartier général du général Souham, lequel a donné à chacun cinquante francs de gratification. C’est à son zèle et à son intrépidité que le département de Jemmapes fut préservé de l’incursion des brigands de la Belgique en brumaire an VII. Le 8 août 1809, il a eu un cheval tué par l’ennemi au pont d’Arrobispo, étant chargé par S. E. M. le maréchal duc de Trévise de porter des ordres aux régiments de cavalerie qui ont passé le Tage au guet. Le 19 novembre 1809, il a eu un cheval tué sous lui à la bataille d’Ocana, en chargeant sur l’ennemi. Le 20 janvier 1811, il a eu un cheval blessé sous lui d’un éclat d’obus au blocus d’Olivensa. Le 5 mars 1811, au siège de Badajos, il a été blessé d’un coup de feu à l’œil droit et a perdu complètement la vue de cet œil par suite de cette blessure reçue en exécutant l’ordre de S.E. le duc de Trévise, qui le chargea, à la tête de vingt-cinq hommes choisis dans les régiments du corps d’armée, et comme les meilleurs tireurs, de se porter en avant des attaques et dans les ouvrages ennemis, pour y faire cesser le feu de son artillerie qui tirait sur nos batteries de brèche et autres, ce qui réussit complètement. Le 15 mai 1811, il a eu un cheval tué sous lui dans la sortie devant Badajoz. Dans la défense de Badajoz, il a été blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche dans la nuit du 9 au 10 juin 1811, en débouchant à la tête du pont à la tête de l’élite des dévoués à pied, chargé par M. le général Philippon de porter secours au fort San Cristobal où l’ennemi montait à l’assaut. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il présenta à la Commission un certificat ainsi rédigé : « Nous soussignés, habitants du faubourg du Roule et des Ternes, déclarons que M. Beaucourt, Jacques, André, officier de la Légion d’honneur, retraité, a bien mérité de la patrie pendant les mémorables journées de Juillet, en contribuant de sa personne à la prise des Ecuries du roi, où il a, par ses bons conseils et par son courage, enflammé l’ardeur des assaillants, parmi lesquels il a maintenu le bon ordre avec adresse et habileté. Le 29, au moment de la retraite des Suisses, deux postes créés par lui avec une heureuse hardiesse, l’un à la barrière du Roule, l’autre à l’hôpital Beaujon, et confiés à de braves citoyens sur le bon esprit desquels il put compter, lui ont suffi pour maintenir le bon ordre et le respect des propriétés ; dans toute cette partie du quartier, par sa juste fermeté et par sa douceur, il est parvenu à calmer les esprits les plus exaspérés.

»Nous déclarons aussi que c’est à la prudence de monsieur Beaucourt qui nuit et jour visitait ces différents postes et mettait tous ses soins à éviter toutes les causes possibles de désordre que nous devons la tranquillité dont nous avons joui pendant les mémorables journées ; à lui nous devons la vie d’un de nos concitoyens qui, gourmandant avec trop de brusquerie un homme ivre et armé dont la conduite troublait le repos des braves du poste, eût été la victime de son zèle si monsieur Beaucourt, avec ce sang-froid qui le caractérise, ne fût parvenu par ses remontrances douces et fermes à calmer cet homme ivre et furieux. C’est à l’élévation de ses sentiments et à la noblesse de son caractère que nous rendons hommage en ajoutant que c’est lui qui, le premier, a donné le bel exemple de faire sur-le-champ une quête dans le faubourg du Roule pour subvenir aux premiers besoins des blessés du même faubourg, où par son activité et sa généreuse sollicitude il est parvenu à rassembler en une heure une somme de trois cent trente-huit francs et vingt-cinq centimes, que lui-même a porté sur-le-champ à la mairie du Ier arrondissement. En rendant cette justice à monsieur Beaucourt, nous avons prétendu rendre hommage à la vérité et témoigner la reconnaissance qu’il nous a inspirée par les services qu’il nous a rendus. » Cette attestation était signée par Laforgue, Finot, Finès, Lasne, Sales dit Fleury, Genevois, Hochu, Thiry, Linget, Legendre, Cauchois, Bogelot, Menet, Faisse, Couvert et Millot. Le maire du (ancien) Ier arrondissement lui délivra l’attestation comme quoi il avait « bien mérité de la chose publique, soit en prenant la part la plus active aux mémorables journées de Juillet, soit surtout en ramenant l’ordre et en le maintenant par son énergie et par sa sagesse, dans le faubourg du Roule, l’un des quartiers les plus agités de notre arrondissement. Dépositaire de fonds considérables destinés à des secours mérités, M. Beaucourt en a fait l’emploi le mieux assorti aux circonstances les plus difficiles et les plus orageuses, montrant pour lui-même le désintéressement le plus patriotique et le plus honorable ». Beaucourt sollicita, en septembre 1830, un bureau de poste aux lettres ou une place dans les haras ou les forêts. L’observation suivante est inscrite sur son dossier : « La demande du sieur Beaucourt mérite tout l’intérêt de la Commission et devra être favorablement accueillie. » Beaucourt fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) 1er arrondissement. Il signa, le 15 août 1830, comme « commandant du poste de la barrière du Roule », le certificat suivant en faveur de Poutret, Claude, François : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris, et autres y domiciliés, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Poutret, François […] a énergiquement combattu et s’est conduit dans les journées de la semaine de Juillet de manière à mériter l’estime de ses concitoyens. Le 26 juillet, il était rue Saint-Honoré près le Palais-Royal et soutenait avec le peuple les vigoureuses charges de gendarmerie. Le 27 juillet, il était au rassemblement devant l’hôtel Polignac, au ministère des Relations extérieures ; invité à se retirer, il persista à ne pas abandonner ses braves concitoyens et il resta constamment pour suivre le mouvement populaire ; le soir, il était rue Saint-Honoré à la formation de la première barricade, qui fut rompue, à plusieurs reprises par les gendarmes. Le 28 vers 11 heures du matin, il était en tirailleur à la halle aux viandes et marchés environnants, où beaucoup d’habitants furent tués et blessés gravement. Dans l’après-midi, il suivit le mouvement des anciens braves réunis faubourg Saint-Denis, d’où ils se portèrent à la caserne Saint-Martin dont ils s’emparèrent et désarmèrent tous les postes de gendarmerie. Ils se rendirent de là à la porte Saint-Denis, et, sous les ordres d’un ancien lieutenant général à leur tête, ils y combattirent contre le 3e régiment d’infanterie de la garde royale, qui fut mis en déroute et le chef qui le commandait mortellement blessé. Le sieur Poutret, dans cette action, s’est battu avec un courage soutenu et une intrépidité des plus remarquables jusqu’à la retraite du 3e de la garde, que les feux de section bien exécutés contre lui obligèrent de rétrograder par échelons. Le soir vers 9 heures, il se retirait et suivait la ligne des boulevards ; arrivé à celui qu’on connaît sous le nom de Bonne-Nouvelle, il fut atteint d’un vigoureux coup de balle à la cuisse droite, ce qui le fit immédiatement choir, au témoignage des soussignés, qui se trouvaient avec lui ; il y eut son habit percé de deux balles aux basques de l’habit. Il fut sur le champ transporté rue de Gramont n° 25, chez M. (laissé en blanc), avocat et propriétaire, qui, l’ayant accueilli avec bienveillance, fut un des premiers à aider le transport dudit Poutret à la maison de santé du duc d’Orléans, d’où il fut transporté le 29 juillet à l’hôpital Beaujon, où il a été amputé de la cuisse droite par M. Blandin, chirurgien en second, qui lui prodigua les soins les plus empressés. Le zèle du sieur Poutret à combattre pour la cause de nos libertés mérite une mention des plus honorables à la reconnaissance nationale. Il a abandonné sa maison pour voler à la défense des droits publics et nous nous plaisons à le recommander bien spécialement à la gratitude civique pour qu’il soit admis à concourir aux récompenses dévolues aux victimes et aux braves de la révolution de 1830. » Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 23 juin 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 23 juin 1831, et son brevet le 18 août de la même année. Il mourut le 21 avril 1834 à Paris ; il était alors agent de surveillance de l’infirmerie des gens du roi, selon les minutes et répertoires du notaire Dominique Perrin. Il demeurait hôtel des Lillois, 63, rue de Richelieu en 1813 ; sa mère, 29, rue Saint-Honoré, près Saint-Roch, en 1813 ; 94, rue du Faubourg-du-Roule en 1830-1831. Ministère de la Guerre, Etat des changements survenus en 1819 et 1820 dans les demi-soldes et traitements de réforme, Paris, Imprimerie royale, 1821 ? p. 128 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 92, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement (où il est curieusement sur la liste, et avec la bonne adresse) ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement (où son nom est rectifié en Beaucour) ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Poutret, Claude, François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; dossier Légion d’honneur sur la base Léonore, LH/153/30 (où il signe bien Beaucourt).

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