Beaufils, Pierre, Philippe
Biographie
Né le 13 décembre 1795 à La Trinité-sur-Avre (Orne). Homme d’affaires. Il relatait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « D’abord en combattant dans les affaires de l’Hôtel de ville, du Louvre et des Tuileries les 28 et 29 juillet 1830 et ensuite en m’instituant gardien en chef aux Tuileries depuis la prise jusqu’à 9 heures du soir le 29, où j’ai garanti du pillage et de la destruction la chapelle, les appartements illisible adjacents à l’escalier qui se trouve à côté où était le corps de garde des Suisses du côté du pavillon Marsan et même illisible c’est moi qui ai chassé les mauvais sujets qui se trouvaient chez le concierge de cet escalier et qui l’ai garanti du pillage (lorsque je me suis emparé de ces diverses portes, en y plaçant quatre fonctionnaires sous mes ordres), car lorsque je suis entré chez lui, ils lui avaient déjà fait ouvrir ses meubles et commençaient à casser et piller ; ce fait peut être constaté par lui. Comme aussi c’est moi qui ai garanti du vol les vases sacrés en argent dans une boîte verte. J’ai trouvé, lorsque je suis entré à la chapelle un mauvais sujet qui avait déjà mis dans ses poches les deux burettes, le vase du calice, qu’il avait brisé en deux, et il était en train de placer le pied du même calice dans ses vêtements. Lorsque je l’ai surpris, je l’ai forcé à l’abandonner et l’ai replacé dans la boîte avec l’offerte et autres petits objets et j’ai porté cette boîte à côté des fonts baptismaux, où j’avais placé un factionnaire. Pour défendre l’entrée de la chapelle, j’avais devancé l’individu que j’avais trouvé après les vases et, en me retournant, j’aperçus une burette qui tombait de son pantalon. Je le forçais à m’abandonner cette burette et la remis dans la boîte avec ce qui y restait. J’ai ramassé le tapis de velours cramoisi brodé en or qui servait à mettre sur le balcon lorsque la cour allait à la messe, avec plusieurs rideaux en soie aussi cramoisis, que j’ai mis sur ladite boîte, avec l’œil de bœuf (pendule) de la sacristie dessus, afin d’éviter qu’on n’enlevât ces objets et qu’on découvrît la boîte où était le reste des vases sacrés ; et, dans cet état de choses, j’ai gardé jusqu’à 7 heures du soir environ, où je me suis aperçu qu’on montait par les fenêtres dans les appartements du pavillon Marsan. J’ai laissé la consigne à mes hommes et je courus pour empêcher ces escalades. Je montai moi-même par cette fenêtre et empêchai l’entrée par-là. Ensuite je fus dans l’appartement où je trouvais beaucoup de monde dans une salle où étaient les gravures, lithographies et textes d’ouvrages littéraires foulés aux pieds et là je m’y instituai également gardien et empêchai autant que je le pus le vol et la destruction, jusqu’à 9 heures, où je fus prendre quelque nourriture. […] Je ne vous parlerai pas de mes combats quoique j’aie reçu un coup de sabre à la hanche gauche, mais qui n’a fait que couper mon pantalon sans m’attraper la chair, et la part que j’ai prise à la construction des barricades jusqu’à 11 heures du soir le 29. Ce serait trop long à énumérer. Je me bornerai à les raconter verbalement si vous l’exigez. Je n’ai pas non plus fait insérer mon nom dans les journaux, comme l’ont fait beaucoup de personnes, désirant que mon nom ne parût point dans les écrits publics, entre autres une personne qui s’est fait annoncer dans le Constitutionnel (voir Monicault et Chasles ? N.D.A.) comme ayant sauvé les vases sacrés en or et argent de la chapelle des Tuileries, ceci est faux en ce qui concerne les vases d’argent car je suis convaincu qu’ils ont été trouvés ainsi que je le dis ci-dessus à côté du vase en marbre qui sert de bénitier à la chapelle […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sans emploi et sans moyen d’existence, il sollicita soit une place de commissaire de police à Paris, « connaissant un peu l’administration locale », soit de secrétaire de sous-préfecture, soit de comptable comme receveur particulier ou des contributions de Paris, soit un bureau de papiers timbrés à Paris, soit une place de garde général des forêts. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin, et son brevet le 27 octobre 1831. Il demeurait 5, rue du Chevalier-au-Guet en 1830-1831. En 1831, Géant, René, François, Marin (voir ce nom) lui donna procuration pour toucher en son nom toute somme lui revenant de la part de la Commission de la souscription nationale. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives in dossier Géant, René, François, Marin ; Archives de Paris VK3 52 (couverture du dossier Sevray, François, Nicolas) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.