Beausonnier, Jean-Claude

Biographie


Né vers 1800. Peintre en bâtiments. Il fut blessé à l’humérus, par un biscayen, alors qu’il combattait place de Grève, le 28 ou 29 juillet 1830. Ses blessures firent l’objet du certificat médical suivant, en date du 31 août 1830 et délivré par le docteur Barenton : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, demeurant rue des Ecouffes n° 13, certifie que le nommé Beausonnier, Jean-Claude, peintre en bâtiments, demeurant rue des Francs-Bourgeois, hôtel de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, a reçu un coup de feu dans le tiers supérieur de l’humérus gauche, qui a produit une fracture comminutive des plus graves. Je lui donne mes soins depuis le 29 juillet présente année, époque de la blessure qu’il reçut à la place de l’Hôtel-de-Ville. Il est presque certain qu’il se servira difficilement de son bras, qui était dans l’indication de faire l’amputation dans l’article, à laquelle il s’est opposé, voulant, disait-il, courir la chance de guérir en conservant son membre sans en retrouver l’usage. » Il reçut (sous le nom de Beaussonnier, Jean-Claude) un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le 29 octobre 1830, le même docteur Barenton, confirmait ainsi son dernier certificat médical : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, demeurant rue des Ecouffes n° 13, certifie que le nommé Beausonnier, Jean-Claude, ouvrier peintre en bâtiments, demeurant rue des Francs-Bourgeois, hôtel de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, a reçu, le 28 juillet présente année à l’affaire de l’Hôtel-de-Ville un coup de feu au tiers supérieur de l’humérus gauche, d’où il résulte une fracture comminutive des plus graves et une plaie près de l’angle supérieur de l’omoplate, occasionnée par le trajet de la même balle. S’étant opposé à l’amputation du bras dans l’article, il restera estropié par la soudure ou ankylose inévitable de l’articulation de l’épaule et qu’il devait éviter de fatiguer ce membre et de lui faire subir le plus petit effort, courant la chance de récidive de cette fracture par l’impossibilité d’avoir pu obtenir une consolidation […]. » Il fut soigné jusqu’au 15 décembre 1830 à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Il savait un peu lire et écrire et demanda une place de concierge ou de gardien dans un des châteaux ou jardins royaux. Mais il devait mourir des suites de sa blessure, le 24 décembre 1830 à la maison de convalescence du docteur Dubois, rue du Faubourg-Saint-Denis. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le 8 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Disserdange, Jean, Antoine, André, ébéniste, demeurant 21, rue des Francs-Bourgeois ; Antoine, Jean-Claude, garçon de recettes, demeurant 17, rue des Rosiers. Ils attestèrent « pour notoriété et vérité et pour rendre hommage à la vérité que ledit sieur Jean-Claude Beausonnier, mari de la dame Aspour, a été blessé grièvement le 28 juillet dernier dans un combat livré contre l’ex-garde royale sur la place de l’Hôtel-de-Ville et que par suite de cette blessure le même sieur Beausonnier est décédé dans la maison de santé du docteur Dubois, rue du Faubourg-Saint-Denis, le 24 décembre 1830 ». Il laissait une veuve, Aspour, Françoise, Josèphe, née le 26 ventôse an III à Port-du-Saône (Haute-Saône), (elle-même fille d’Aspour, Claude, cultivateur, et de Lacoste, Jeanne, son épouse) ouvrière en casquette, qui fut pensionnée et à qui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et deux enfants : Claude, né le 4 mars 1826, décédé le 17 février 1837, et Pierre, Anatole, né le 28 septembre 1829 (par erreur le 29 septembre 1829 in Archives nationales F/1dIII/38 B et deux fois in Archives nationales F/1dIII/82) ; tous deux reconnus comme orphelins de Juillet, pensionnés et à qui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Differdange, Jean, Antoine, André, subrogé-tuteur, ébéniste, demeurant 21, rue des Francs-Bourgeois en 1831. Claude reçut trois cents francs pour frais de trousseau en 1834 ; il était alors élève dans l’institution de M. Coutant, rue du Perche. Pierre Anatole reçut trois cents francs pour frais de trousseau en 1836 et eut droit, en 1837, à la pension de sept cents francs allouée à chaque orphelin de Juillet. En 1835, Claude était élève dans la pension Nyon, l’année suivante, les deux frères étaient élèves dans cette même pension. Par la suite, la veuve se remaria. Le 24 juillet 1840, les restes de Beaussonnier furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Beausonnier demeurait 21 ou 31, rue des Francs-Bourgeois en juillet 1830 ; sa veuve, 21, rue des Francs-Bourgeois en 1831 ; remariée, 3, rue du Pont-aux-Choux en 1836 ; 7, rue de Ménilmontant en 1834. Le nom de Bossonnier (J.-C. Bossonnier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 10 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 11 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 4 (sous le nom dAspour, Françoise, Joseph), 9 (pour les enfants Claude, et Pierre, Anatole) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) VIIe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, VIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 VIIe arrondissement ; année 1839 VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 et Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beaumet ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 2-3 état des veuves et p. 4-5 état des orphelins, p. 2-3 état des blessés non classés et de la 1re classe aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Bossonnier, Jean-Claude) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2554-2556 orphelins de Juillet, correspondance, dossiers collectifs ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) VIIe arrondissement et aussi état officiel des orphelins (ancien VIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79 (sous le nom de Bossonnier, Jean-Claude), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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