Béguin, Antoine, Marie, Théodore
Biographie
Né à Sauville (Haute-Saône), fils de Pierre Beguin ancien capitaine d’état-major. Employé dans une maison de roulage. Il était porteur du certificat suivant, établi à Versailles, le 12 août 1830 : « Nous, soussignés, certifions que Jean, Henry Lanternier, âgé de cinquante-trois ans, concierge passage du Renard, ci-devant maréchal des logis de dragons ; Antoine, Marie, Théodore Béguin, fils de Pierre Beguin ancien capitaine d’état-major, demeurant aussi passage du Renard ; et Joseph Douin, de Dôle (Jura), né le 8 avril 1800, ancien aide-comptable aux armées et intendances militaires, demeurant aussi passage du Renard, rue Saint-Denis n° 257. Sont trois des sept premiers braves Parisiens qui se sont présentés dans notre ville, aux cris de Vive la Charte, la nation et le duc d’Orléans, que malgré que la garde royale évacuait encore la ville, ils n’ont rien craint pour prouver leur dévouement et leur esprit national aux Versaillais, qui jusqu’alors n’avaient pu seconder le courage des braves Parisiens qu’en arrêtant vingt-cinq mille rations destinées à la garde royale ; désarmant bon nombre de gendarmes et de soldats et forçant cette même armée à bivouaquer hors leurs barrières, sans vivres ni fourrage. Cependant la présence de ces braves, les couleurs nationales dont ils étaient décorés augmentèrent l’enthousiasme et la joie dans le cœur des Versaillais et bientôt la cocarde tricolore, qui n’avait été prise que par nous, ainsi que l’étendard tricolore furent arborés aux cris de Vive la France ! Vive la liberté ! Honneur aux Parisiens ! Nous ajoutons avec plaisir que dans leur marche vers les barrières ces braves se contentaient de désarmer les soldats, même alors qu’ils voulaient résister, entre autres un homme attaché aux gardes du corps dont ils prirent l’épée, qui fut déposée au poste que nous commandions. Nous les avons vus, après avoir arrêté un soldat royal qui voulait se soustraire à notre vigilance, chercher dans son sac et s’emparer des cartouches qui s’y trouvaient, avec une sorte d’avidité et lui rendre avec dédain un rouleau de cent francs qu’il semblait craindre de perdre. Tiens, lui dirent-ils, cet argent te fut donné pour tuer tes frères. Va-t’en avec, nous le méprisons comme toi. Ainsi ces dignes citoyens, ces bons Français méritent selon nous d’être placés au rang des braves et considérés comme tels. » Signé : Larpenteur, artiste dramatique, peintre et sergent de la garde nationale ; Fisanne, sous-lieutenant de la garde nationale ; Orange, capitaine d’état-major du général Lafayette. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait passage du Renard 257, rue Saint-Denis en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Douin, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement.