Belay, Philippe
Biographie
Né vers 1804 (mais le 24 juillet 1794 in F/15/3791-3792 secours à divers titres) à Coutances (Manche). Ancien marin, totalisant quinze années de service « réformé à la rentrée de Louis XVIII, par chute en faisant la manœuvre à bord du vaisseau [illisible] en rade de Flesenque et fut trépané à l’hôpital Saint-Bernard près d’Anvers, et depuis a été deux ans aveugle et n’a pas obtenu une pension de Louis XVIII puisqu’il méconnaissait les services du temps de Napoléon », expliquait-il lui-même. En juillet 1830, il était marchand de vin et traiteur sur la route de Neuilly, à l’enseigne du Hameau d’Orléans. Le 29 juillet, vers 15 heures, lors de la retraite des gardes royaux vers le château de Saint-Cloud, son établissement fut mitraillé, envahi puis pillé, plusieurs clients tués et les marchandises, détruites. Sa femme reçut plusieurs coups de crosse de fusil et lui-même n’eut que le temps de cacher son fils et sa petite fille sous un lit, de sauter dans le jardin, par la fenêtre de son grenier, haute de vingt-huit pieds, et de se réfugier au fond d’un puits, blessé aux reins et au bras gauche. Il resta caché deux heures, dans l’eau jusqu’au cou. Ne pouvant retrouver ses forces et se soigner, il fut transporté quelques jours plus tard à l’hôpital Beaujon. Toute sa maison avait été entièrement pillée et son mobilier détruit, en sorte qu’il ne put conserver son établissement et se trouva tout à fait ruiné. Il reçut (sous le nom de Bellay, Philippe) un total de deux cent cinquante francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il comparut devant le jury de la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis, sous le n° 194 le 22 janvier 1831. On trouve dans le récit que firent Colland, Jacques, dit Dacolon, Jacques (voir ce nom) et Thuilleaux, Honoré, Baptiste, Martin (voir ce nom) de leur propre participation aux événements de juillet 1830, ce passage concernant les circonstances dans lesquelles l’établissement de Belay fut la cible de la garde royale : « […] Le 29 juillet 1830, journée mémorable à jamais, à la retraite de l’ex-garde royale, un événement le plus funeste a eu lieu dans la maison du sieur Belay, marchand de vin, vieille route de Neuilly, par l’introduction d’un individu qui se réfugia chez lui, lequel fit feu sur les royaux et en tua un, ce qui a causé que lui et quatre autres personnes buvant paisiblement furent tuées également. Au même instant, deux autres individus, descendant de la barrière du Roule, armés, se disposaient de venger leurs camarades (avec raison) mais c’eût été la cause de faire réduire en cendres tous les environs de la commune. Alors nous les avons engagés et empêchés ce fatal projet (sic) et leur avons fait apercevoir le cas où ils allaient mettre le pays. Tout fut donc arrêté et nous avons requis une voiture pour faire transporter les morts, morts innocents, et conduire à l’église de Neuilly et ensuite enterrer avec tous les honneurs. Ayant, dans le même instant, appris que le feu était à la barrière de l’Etoile, nous nous sommes empressés de venir à ce fâcheux désastre […]. » Il sollicita un emploi dans l’approvisionnement des eaux de Paris. En février 1832, il sollicitait toujours la réparation du préjudice qu’il avait subi pendant la révolution de Juillet, malgré le dédommagement de six mille francs, qu’on lui avait fait espérer. En 1867, âgé de soixante-quatorze ans, paralysé du côté droit et des deux mains, « dans la dernière des misères », il sollicita un secours. La police donna comme renseignements sur son compte qu’il était marié, père de deux enfants mais hors d’état de lui venir en aide, presque aveugle, dans une profonde misère, que sa femme faisait de temps à autre quelques raccommodages et qu’on avait recueillis sur son compte les meilleurs renseignements. Il reçut un secours de cinquante francs en 1867. Il demeurait à Neuilly en 1830 ; aux Ternes chez le vicomte Contamine, maréchal de camp, qui lui avait offert asile en 1830-1831 ; 41, butte de l’Etoile près Paris hors barrière vis-à-vis de l’arc de triomphe en 1832 ; 59, rue de la Voie-Verte à Montrouge en 1867. Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/9/1158, dommages de Juillet, Seine (1831-1849) ; Archives nationales F/15/3791-3792 secours à divers titres (classé à Pelay, Philippe) ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Colland, Jacques.