Belhomme, Jean, François
Biographie
Né le 10 juin 1765 à Champ (Seine-et-Marne). Propriétaire et adjoint au maire de la commune de Montmartre. On trouve une trace de l’activité de Belhomme dans le rapport envoyé par Dedreux, Pierre, Anne (voir ce nom) au colonel Zimmer, chef de l’état-major de la garde nationale de Paris, et qui relatait l’activité du poste de la commune de Montmartre : « M. le commandant de la garde nationale. Je m’empresse de vous rendre compte de l’état de défense de la butte Montmartre. Nous avons le lieutenant-colonel Félix qui dirige nos fortifications. Je crois dans le bien du service vous faire connaître le peu de zèle de M. Bazin maire de notre commune. Ce n’est qu’à 10 heures du soir que j’ai pu obtenir les renseignements pour former la compagnie qui s’est réunie sous mon commandement. Il était important de régulariser le mouvement de la garde nationale de Montmartre. Je dois vous dire aussi que M. Belhomme, un des adjoints de la commune, a montré une bonne volonté et a fait tout son possible pour exciter le zèle des habitants qui ont besoin d’être stimulés. Le service le plus pénible a été supporté par les cent premiers braves qui se sont réunis pour maintenir le bon ordre dans la commune. Voilà la cinquième nuit que nous passons ensemble. Ils sont exténués de fatigue. Le service de cette place demande une prompte organisation. Aujourd’hui je vous ferai parvenir la formation de la deuxième compagnie, qu’on désire me voir commander. Je ferai la proposition des officiers, sous-officiers de la garde nationale, les caporaux également présentés. J’espère être organisé définitivement aujourd’hui. Cette nuit du dimanche s’est passé avec le plus grand ordre. L’union était partout. Les ouvriers demandent à reprendre leur travaux. tout va très bien. Recevez, mon colonel etc. » L’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Quand Duchatellier, Armand, René tenta de faire valoir ses droits à une distinction honorifique devant la Commission des Réclamants, il donnait de nombreuses et peu flatteuses indications sur la conduite de Belhomme. Dans sa première lettre, il écrivait ainsi : « […mercredi 28] A 10 heures environ, j’étais de retour à Montmartre, commune à laquelle j’appartiens et où j’avais laissé ma femme et mon enfant. Le maire étant absent, je me rendis immédiatement chez M. l’adjoint Belhomme, pour le prier, et le sommer au besoin, de faire armer la commune au plus tôt ; les troupes de la garde, si elles étaient repoussées, devant songer à prendre position sur les buttes. M. Belhomme m’ayant donné une première défaite, je réitérais ma démarche, sans qu’il voulût, cette fois plus que la première, disposer des agents de la commune pour organiser la défense. Je me retirai et nous nous armâmes, mes amis et moi, pour faire toutes les dispositions convenables à une bonne défense. N’ayant rien à ajouter aux faits ci-dessus, puis-je solliciter la décoration de Juillet. Ma conscience et la manière dont j’ai rempli mon devoir m’enhardissent à demander au moins la médaille, et je le fais avec d’autant plus de confiance que le sieur Belhomme, sus-désigné, est porté au Moniteur pour la décoration. Outre le refus que j’ai signalé et que j’atteste, il n’a cependant quitté l’écharpe blanche que le 29 juillet, à la sollicitation itérative des hommes qui s’étaient armés de leur propre mouvement […]. » La lettre de Duchatellier était attestée comme contenant des faits véritables par quatre habitants de Montmartre. Dans une seconde lettre, Duchatellier ajoutait les précisions suivantes : « […] Vous avez pensé, dans l’intérêt de cette demande, que la production de nouveaux titres serait utile. M. Duchatellier n’a peut-être pas, en effet, fait ressortir suffisamment, dans le certificat qu’il a produit, les circonstances qui appuient sa pétition. Il a plutôt établi le méfait du sieur Belhomme, si inconcevablement décoré de Juillet, qu’il n’a constaté de fait la part active et décisive qu’il avait pris à l’armement et à la défense de Montmartre. M. Duchatellier avait pensé que MM. les commissaires apprécieraient eux-mêmes ce fait, à la simple lecture de sa demande et du certificat, qui, en établissant le refus de concours fait par l’adjoint de Montmartre, établissait aussi et par déduction que lui, M. Duchatellier, avait provoqué et décidé l’armement que le fonctionnaire Belhomme refusait si opiniâtrement. MM. les commissaires, si ces explications ne leur suffisent pas, pourraient prendre et trouver dans la commune de Montmartre, près des hommes habitant la rue du Chemin-Neuf particulièrement, tous les renseignements qui pourraient éclairer leur religion […]. » Belhomme prêta son serment de décoré de Juillet, le 19 mai 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 24 juin 1831. Il demeurait à Montmartre en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Duchatellier, Armand, René ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits Nams 153, folio 366.