Bellaguet, Edme
Biographie
Né vers 1771 à Sens (Yonne). Ex-employé à l’administration de la guerre, réformé, il faisait de la « littérature administrative », selon les termes du procès du complot des Patriotes, avait été employé à l’administration des Invalides, de l’an VII à l’an XI, et, en 1815, avait été employé par le commissaire des guerres chargé de l’organisation des volontaires royaux. Il établit ses moyens d’existence « par la supputation des produits de ses œuvres littéraires et d’une fabrique en chambre de chocolat (tenue par sa femme) ». Il fut arrêté dans l’affaire du Complot des patriotes. Il prétendit ne fréquenter le palais de justice – c’est-à-dire la proximité du cabinet d’Oséré – que pour faire des visites à l’un des secrétaires du procureur du roi, qui lui avait promis de l’occupation. Selon l’accusation, il était secrétaire du comité insurrectionnel des patriotes de 1816, l’un des principaux agents du parti et « un des principaux agents de la conspiration. Il nia tout et absolument : « Il s’exprime dans les termes d’une noble indignation contre les misérables qui osent impliquer un nom comme le sien dans leurs extravagances. » Il fut cependant, et curieusement serait-on tenté de dire, acquitté à l’issue du procès. Il participa à la révolution de Juillet. Il signa deux certificats en faveur de Chabert, Charles, Claude. Le premier, le 5 octobre 1830 et ainsi rédigé : « Je, soussigné, locataire dans la maison de M. Marc, sise rue Saint-Honoré, n° 221, certifie que le jeudi 29 juillet dernier à 1 heure de relevée (13 heures, N.D.A.), me trouvant à la porte de la maison, pour la tenir à la disposition de nos braves défenseurs, au moment où ils se disposaient à faire une nouvelle irruption sur le dernier poste des gardes royaux établis en face de la rue de Rohan, Charles, Claude Chabert, coiffeur, alors établi rue Froidmanteau, n° 1, et actuellement rue Saint-Nicolas, n° 36, déboucha du coin de la place, en face de la rue du Lycée et vint s’écrier en gesticulant avec vivacité aux soldats de la Charte Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Il y a une suspension d’armes ! Ne tirez plus !... Entouré aussitôt par plusieurs des assaillants, l’un d’eux déjà avancé en âge, furieux d’avoir déjà figuré dans une occasion simulée comme cette dernière Attends, attends, dit-il, je vais te donner une suspension d’armes et joignant aussitôt l’action à la menace, il mettait en joue le sieur Chabert, si près de moi que son fusil touchait presque mon épaule. Relever brusquement cette arme et lui dire que je connaissais cet homme, qu’il était mon perruquier fut pour moi l’affaire d’un moment et malgré l’humeur de ce brave furieux, je réussis à l’empêcher de commettre un misérable assassinat sur la personne du sieur Chabert qui, ayant le dos tourné, n’apprit que de moi-même et des voisins le danger qu’il venait de courir, emporté qu’il était par son courage et par le désir d’arrêter l’effusion déjà forte à cette place du sang de nos braves libérateurs. » Le second : « Je, soussigné, locataire dans la maison de M. Marc, rue Saint-Honoré, n° 221, certifie avoir parfaite connaissance que le sieur Charles, Claude Chabert, coiffeur, demeurant alors rue Fromenteau, a contribué pour beaucoup à l’évacuation du Palais-Royal dans la matinée du 29 juillet dernier, par son courage et sa présence d’esprit ainsi que je l’ai déjà certifié ailleurs. Je certifie en outre que pendant que le sieur Chabert donnait dans la rue des preuves de son courage, sa femme et lui procuraient aux nombreux blessés de ce quartier des soins et des secours en linge et médicaments, qui leur ont occasionné des dépenses et des pertes au-dessus de leurs moyens. » Signé, le 18 janvier 1831 : Bellaguet, littérateur. Il demeurait 221, rue Saint-Honoré en 1816-1830. Procès de la conspiration des Patriotes, chez Patris, Paris, 1816 ; Archives nationales F7 6635 arrestation du 13 mai 1816 ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Chabert, Charles, Claude. Son nom est cité dans l’ouvrage intitulé Procès du comte Antoine Drouot, lieutenant-général, commandant de la Légion d’honneur, imprimerie Patris, 4 p. mais il y a juste un aperçu sur Google books.