Belle, Silvain

Biographie


Né vers 1787 à Varrège (Creuse). Maçon. Il fut blessé d’un coup de lance reçu au front, le 27 juillet 1830, à la croisée du pont Notre-Dame et du quai aux Fleurs. Il mourut des suites de cette blessure, le 24 décembre suivant. Le certificat médical suivant, délivré par l’Hôtel-Dieu, établissait les circonstances de son décès : « Je, soussigné, agent de surveillance dudit établissement, certifie que le nommé Belle, Sylvain, âgé de quarante-trois ans, maçon, né Varrège (Creuse), marié à Annette Crossette, demeurant rue du Fouarre n° 19, est entré audit hôpital le 21 novembre 1830 pour y être traité d’une gastrite (sic) et qu’il y est décédé le 24 décembre de la même année des suites de cette maladie. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 20 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Mallet, Edme, Magloire, maître menuisier, demeurant 7, rue Saint-Thomas-d’Enfer ; Dutrou, Arsène, Antoine, ancien boulanger, demeurant 3, rue de la Sorbonne ; Tremisot, Claude, Marie, profession illisible, demeurant 48, rue de la Harpe ; Badin, Laurent, marchand de casquettes, demeurant 344, rue Saint-Jacques. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Belle, Silvain et savoir que Crossette, Anne vivait depuis vingt ans avec Belle « que le sieur Belle blessé le 27 juillet 1830 sur le pont Notre-Dame par une lance dont il a été frappé à la tête est mort le 17 décembre dernier à l’Hôtel-Dieu, que ladite Crossette, Anne est à l’indigence et sans autres ressources ». Le 23 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Bataille, Joseph, né vers 1792, vannier, demeurant 19, rue du Fouarre ; Prieur, Antoine, né vers 1811, maçon, demeurant 19, rue du Fouarre ; Mercier, Maximilien (voir ce nom), né vers 1792, ouvrier cordonnier, demeurant 19, rue du Fouarre ; Badin, Laurent, marchand de casquettes, né vers 1787, demeurant 344, rue Saint-Jacques. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Belle, Silvain et « savoir qu’il a été blessé le 27 juillet au quai aux Fleurs d’un coup de lance reçu au front, qu’il a été conduit à l’hospice de l’Hôtel-Dieu et qu’il est mort plusieurs jours après à la suite de sa blessure ». Il laissait une concubine, Crossette (mais Croisette in Archives nationales F/1dIII/37), Anne, née le 23 février 1780 à Coissy-la-Ville (Haute-Marne), fille de Crossette, Didier, couvreur, et de Menne, Marguerite, son épouse. Il vivait avec elle depuis au moins treize ans (et une fois vingt ans une fois treize ans in Archives nationales F/9/1157). Elle était porteuse du certificat suivant : « Nous, soussignés, marchands patentés, certifions par le présent parfaitement connaître la veuve Sylvain Belle pour demeurer rue du Fouarre n° 19, depuis à peu près un an ; qu’elle est bien malheureuse ; qu’elle est de bonnes vie et mœurs ; qu’il est aussi à notre connaissance que son mari est décédé le 24 décembre dernier des suites d’une blessure qu’il avait reçue dans les mémorables journées de juillet dernier et pour laquelle il n’avait fait aucune demande de secours. » Signé, le 21 janvier 1831 : Chevalier, principal locataire de la maison du 19, rue du Fouarre ; Gilquin, demeurant 38, rue Galande ; Leméd, demeurant 39, rue Galande. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordé (sous le nom de veuve Bel, née Croissette, Anne) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et une fille, Catherine, Alexandrine (orthographiée Bel in Archives nationales F/1dIII/37, sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport etc.), née le 1er novembre 1817 à Paris, qui fut reconnue comme orpheline de Juillet, pensionnée et à qui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le préfet de police dit sur sa concubine : « La demoiselle Crossette occupe depuis nombre d’années un petit logement de quatre-vingt-quinze francs, rue du Fouarre, n° 19. Les renseignements recueillis sont tous favorables à sa moralité et à sa conduite. On la dit fort malheureuse depuis la mort de Belle, qui, par son travail, était son appui le plus sûr. Aujourd’hui le modique travail qu’elle fait ne lui procure qu’un franc par jour et comme elle est restée chargée d’un enfant qu’elle a eu avec Belle, on comprend que sa position est on ne peut plus difficile, aussi, pour suffire à tant de besoins, a-t-elle déjà porté grand nombre d’effets au mont-de-piété. Elle doit deux termes de loyer, montant à quatre cent soixante-dix-huit francs et cinquante centimes (!!). Elle vivait maritalement avec Belle depuis treize ans. » Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Bel, Jean, compagnon maçon, subrogé-tuteur, demeurant 45, rue Mouffetard en 1831. En 1831, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de l’orpheline : « Elle est placée en apprentissage de couturière en robes chez Mme Gastellier, rue de la Tournelle n° 3, depuis août 1830. Elle doit y rester trois ans. La mère la loge, la nourrit et l’habille. Elle apprend bien son état et a de la docilité. Elle a un léger mal d’yeux. Elle ne sait ni lire ni écrire mais la mère m’a promis de lui faire donner des leçons, chez elle afin de ne pas troubler son apprentissage. La mère compte sur la pension que sa fille doit recevoir pour pourvoir à son éducation. Jusqu’à présent elle en a fait les frais par son travail. C’est l’enfant elle-même qui a choisi cette profession. » En 1833, l’enfant était toujours chez en apprentissage chez la même maîtresse, savait son état, travaillait très bien mais avait besoin de se perfectionner pour la coupe et apprenait à lire et à écrire chez Mlle Tavernier, maîtresse de pension, 8, rue Chanoinesse, moyennant un prix mensuel de six francs ; « depuis un an qu’elle prend des leçons, elle n’en est pas plus avancée », indiquait la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Catherine, Alexandrine fut l’une d’entre eux. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. Belle demeurait 19, rue de Fouarre ; sa veuve, même adresse en 1831 ; 149, rue Saint-Victor en 1833. Le nom de Belle (S. Belle) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 110-111 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 10 (sous le nom de Bel, Catherine, Alexandrine), p. 35 (sous le nom de Crossette, Anne, veuve Bel) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (orphelins) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-41 ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (orphelins), idem (deux listes de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIIe arrondissement et état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831 ; année 1833, XIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés [sous le nom de Bel, Catherine, Alexandrine]) ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Crossette ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIIe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIIe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés : orphelins sans tuteurs et sans subrogés-tuteurs ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79 (sous le nom de Belle et le prénom de Sylvain), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841. Il y aurait une aïeule Manvielle ? in Archives de Paris VK3 36…

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.