Belliard, Dominique, Augustin

Biographie


Né le 15 janvier 1809 à Saint-Aignan-sur-Ry (Seine-Maritime). Bottier. Il fut l’un des volontaires rouennais partis au secours des révoltés parisiens. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de Rouen, certifions que le citoyen Belliard, Dominique, Augustin est parti de ladite ville le 30 juillet 1830 à 10 heures du soir, faisant partie de la première colonne de volontaires rouennais allant au secours de leurs frères de Paris ; cette première colonne commandée en chef par le citoyen Monthellier (voir Monthelier, Pierre, Auguste) ; que le citoyen Belliard, nommé en route par ses camarades à divers grades, en a rempli avec honneur et patriotisme tous les devoirs ; qu’à Versailles, à Trappes près Rambouillet et à l’Ecole militaire à Paris il a su mériter l’estime de ses camarades tout en se faisant respecter d’eux, dans des circonstances difficiles. Après cette rude campagne de seize jours contre un roi parjure, ledit citoyen Belliard, rentrant à Rouen, le 14 août 1830, commandait le 1er peloton des volontaires de la colonne Monthellier. » Signé, le 23 mars 1848 : Carlin ; Osmont, H., architecte, fourrier à la 1re compagnie d’artillerie de Rouen ; Montier ; Carlier père, lieutenant du train d’artillerie de la garde nationale de Rouen ; Gaudin, commandant le 3e … des volontaires rouennais ; Chapon, garde national ; Faviot, volontaire de 1830 ; Isaac, garde national ; Deschamps, garde national ; Brierre, volontaire de 1830 ; Durand, patriote ; Duboc, brigadier d’artillerie dans la garde nationale ; Catel. Par la suite, il s’engagea comme soldat au 6e régiment de dragons ; il fit un an de service militaire, avant d’être blessé le 27 août 1831 ; il entra à l’hôpital du Val-de-Grâce le 28 août 1831, en sortit le 25 octobre suivant, et fut réformé. Il adressa, le 30 avril 1848, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février : « Le citoyen Belliard, Dominique, Augustin a l’honneur de vous exposer ce qui suit. Fils d’un vieux soldat de la république, où il fit dix campagnes sous ses drapeaux et ceux de l’Empire. Mon père m’apprit de bonne heure à aimer et désirer la liberté avant toutes choses. Aussi le premier jour qui se présenta pour la conquérir, je fus des premiers à voler, en armes, pour renverser les tyrans, je veux dire 1830. Parti un des premiers, je rentrai des derniers, ayant fait tout ce qui était en mon pouvoir et dès ce moment j’aurais donné ma vie pour la liberté car nous avions obtenu l’honneur d’être de l’avant-garde, pour attaquer Rambouillet si l’on eût fait résistance. De retour à Rouen, je partis au service au 6e régiment de dragons, dans le Nord. Six mois après, je suis venu en garnison à Paris. Le 27 août 1831, j’étais d’ordonnance au ministère de la Guerre. Après dix-neuf heures, mon cheval s’abattit des deux pieds du montoir et me broya le pied gauche. On me porta à l’hôpital, où, après de grandes souffrances, je sortis estropié, le pied déformé pour aller en convalescence. J’espérais pouvoir continuer ma carrière de soldat mais il en fut autrement. Ne pouvant reprendre mon service, on me donna un congé de réforme pour toute récompense. Rentré dans le civil, je n’ai jamais rien demandé à un gouvernement qui déjà ne récompensait que l’intrigue. Depuis cette époque, j’ai toujours fait partie de la garde nationale de Rouen, comme grenadier, et les six dernières années comme maréchal des logis d’artillerie, aide instructeur pendant toute cette période de temps et jusqu’à la fin de 1846. J’étais électeur censitaire et comme tel j’étais de l’opposition la plus avancée. J’ai toujours été un des premiers en avant. Pour ne pas abuser de vos moments, citoyens, et être le plus bref possible, il vous suffira de savoir que M. Senard, avocat à la cour d’appel de Rouen, était notre président, que c’était chez lui que nous nous réunissions et je crois qu’il se souviendra encore de moi, ainsi que les citoyens Lefort, Gonsolin (illisible) et Germonière, élus représentants du peuple, desquels j’avais l’honneur d’être connu. Suivant la politique du honteux gouvernement déchu, je prévoyais, comme tout vrai patriote, une catastrophe prochaine. En ça j’étais prêt à tout événement et le 22 février de glorieuse mémoire, sitôt qu’il s’agit de recourir à la force pour chasser ceux qui déshonoraient la France, j’étais à la première barricade la rue Duphot et je fus blessé d’un coup de baïonnette à la main gauche par un garde municipal. Et bien heureux si j’avais pu donner tout mon sang pour la patrie mais si jamais la république se trouvait menacée, je me trouverai encore là, à la première heure, pour lui servir de rempart et donner ma vie pour elle car je lui appartiens corps et âme. Citoyens, si deux blessures et dix-huit ans de patriotisme à toute épreuve avaient à vos yeux et à ceux de la république quelque droit à la reconnaissance de la patrie, ce serait pour moi un des plus beaux jours de ma vie que celui où elle daignerait me distinguer et je serai on ne peut plus fier s’il venait encore des jours de danger de mourir pour sa défense et de laisser à mon jeune fils la distinction que j’ose lui demander […]. » Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, capitaine, lieutenant et gardes nationaux du 4e bataillon, 4e compagnie de la Ve légion, certifions que le citoyen Belliard, Dominique, Augustin a pris une part des plus actives dans la glorieuse Révolution de février 1848 ; qu’après avoir travaillé à la construction des barricades, il s’arma pour la défense et le triomphe de la liberté et fut blessé à la main, d’un coup de baïonnette ; qu’il passa la nuit du 23 au 24 février faubourg Saint-Martin, ayant fait tout ce qui a dépendu de lui pour s’opposer à la destruction de la caserne de la garde municipale ; que le matin 24, lorsqu’un bataillon du 52e de ligne se trouva bloqué par les barricades, se rendit, voulant retourner au quartier, le chef demanda à être escorté par les patriotes ; alors le sieur Belliard n’hésita pas, quoique blessé, de marcher en tête à nos côtés, mission assez dangereuse pour le fait puisque, sitôt arrivé boulevard Montmartre et celui des Capucines, il se trouva plusieurs escadrons de chasseurs qui barraient le chemin. Aussitôt aperçu par la troupe de ligne placée le long du ministère des Affaires étrangères, elle chargea les armes, prête à faire feu. Au moment de ce danger, il ne restait de notre côté que dix à douze hommes, bien armés, disposés à les recevoir mais la troupe ne fit pas feu, voyant notre résistance. M. Belliard marchait à nos côtés. Après cette affaire, le 52e, conduit par nous, parvint à rentrer au quartier. De retour à la mairie, il marcha de nouveau avec nous sur les Tuileries et ne nous quitta plus. » Signé : Lechevallier, garde national à la Ve légion ; Jalbert, garde national de la Ve légion, décoré de Juillet (cest lequel ?) ; Defricourt, garde national à la Ve légion ; Druet, V., garde national à la Ve légion ; Goville, garde national à la 4e compagnie du 4e bataillon (sans indication de légion) ; Duga…, sous-officier à la 4e compagnie de la Ve légion ; Gairint, J., lieutenant de la 4e compagnie du 4e bataillon de la Ve légion ; Guillon, garde national à la Ve légion ; Frelat, garde national à la Ve légion ; Rouzet, capitaine commandant la 4e compagnie du 4e bataillon de la Ve légion, qui ajoutait l’apostille suivante : « Je certifie que le citoyen Bellard s’est conduit pendant les journées de Février de manière à mériter l’estime et la considération des amis sincères de la république ; que dans la journée du 24 février surtout il a constamment fait partie du bataillon que j’avais l’honneur de commander et qu’il s’y est fait remarquer par son énergie, son dévouement et son patriotisme. » Le second : « Je soussigné, capitaine commandant la 1re compagnie d’artillerie de la garde nationale de Rouen, chevalier de la Légion d’honneur, certifie que le citoyen Belliard, demeurant à Paris, rue Neuve-de-la-Fidélité n° 4, hôtel Mogador, est entré comme artilleur dans ladite compagnie et en est sorti comme maréchal des logis en 1846. Je certifie en outre qu’il a toujours très bien fait son service et mérité l’estime de ses chefs et de ses frères d’armes. » Signé, le 26 mars 1848 : Doudement. Ses droits furent examinés par la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait être créé pour commémorer la Révolution de février. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il savait écrire. Il demeurait 4, rue Neuve-de-la-Fidélité à Paris en 1848. Archives de la préfecture de police AA 372.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.