Bellin, Jean-Baptiste, Marguerite

Biographie


Né le 13 décembre 1783 à Toulouse (Haute-Garonne). Ancien officier de la Grande Armée. Il adressa, le 22 mars 1848, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février : « […] Attaché comme ouvrier depuis vingt-cinq ans à l’administration des travaux du génie et n’ayant que son travail pour vivre et élever son enfant, il se trouve privé de cette ressource à la suite d’une blessure qui l’a retenu au lit pendant plus de six mois. Aux journées de juillet 1830, le soussigné a fait preuve de courage et de patriotisme, ainsi que le constate le certificat qu’il joint à la présente demande. Fort encore à cette époque, il pouvait vivre de son travail, il n’a sollicité ni récompense ni faveur du gouvernement qu’il avait aidé à élever, mais, aujourd’hui que vieux (soixante-cinq ans) et encore souffrant de sa blessure, il ne peut plus subvenir à ses besoins, à ceux de son jeune enfant, d’autant plus qu’en raison de son âge son atelier lui est fermé, il vient s’adresser à votre bienveillante sollicitude et vous demander les moyens d’élever son jeune enfant et de pourvoir à ses propres besoins. » Le maire provisoire de Montmartre apostilla sa demande, attestant qu’il le connaissait pour un honnête homme et qu’il le recommandait à la sollicitude du gouvernement. Le certificat qu’il joignait à sa demande était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, déclarons que le sieur Bellin, Jean-Baptiste, ancien officier, demeurant 8, rue des Martyrs chez Mme veuve Dulot, a, pendant les trois immortelles journées de Juillet, combattu : premièrement le 27 il a contribué à désarmer le poste de l’Opéra, où il s’est armé ; de là, il fut au poste de gendarmes de la place de la Bourse ; il contribua à l’incendie. Deuxièmement, le 28 au matin, sur les 8 heures, étant armés, ils furent au nombre de huit à la place des Victoires, où ils combattirent jusqu’à 10 heures. Après cela, il se joignit à un grand nombre de patriotes, rue Saint-Honoré, où il combattit le restant de la journée, et la nuit il a resté de garde chez M. Laffitte. Troisièmement, le 29 au matin, étant chez M. Laffitte, où était établi le gouvernement provisoire, il fut du nombre de ceux qui ont accompagné le général Lafayette à l’Hôtel de ville ; de là, il fut envoyé aux Tuileries, où il passa deux jours. Sa conduite pendant les trois jours est des plus méritoire ; il a donné des preuves d’un grand courage et il s’est comporté en homme d’honneur. » Signé, le 17 décembre 1830 : Dumont, menuisier, demeurant 16, rue des Martyrs ; Dalley, demeurant 64, rue du Faubourg-Montmartre ; Degrave, demeurant 32, rue du Faubourg-Montmartre. Il fut recommandé par la Commission des récompenses nationales instituée après la révolution de Février pour un emploi de gardien dans un palais ou monument national. Il était veuf et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 8, rue des Martyrs chez Mme Dulot en 1830 ; 8, rue de la Mairie à Montmartre en 1848. Archives de la préfecture de police AA 372.

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