Belloc, Edme, Adolphe

Biographie


Né le 5 décembre 1801 à Lucy-le-Bois (Yonne). Perruquier. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février : « […] Je m’adresse à vous pour réclamer une justice, que je n’aurais pu obtenir du gouvernement déchu. D’abord en 1830, j’ai reçu trois blessures, légères il est vrai, en face le domicile du citoyen Recurt. Mais ma position, à cette époque, n’étant pas mauvaise, je ne fis aucune demande. Plus tard, en 1832, le 5 juin, je fis acte de présence au pont d’Austerlitz, où je fus chargé, comme tant d’autres, par le 6e dragons. Nous nous étions pourvus d’armes, nous fîmes des barricades. L’un de mes beaux-frères, le même qui vient de recevoir une balle à travers l’os du bassin (voir plus bas), [et moi] nous attendîmes jusqu’à minuit du renfort. N’en voyant pas arriver, nous nous retirâmes. J’oubliai de vous dire que le 5 de ce mois de juin, nous allâmes nous emparer de la poudrière du boulevard de l’Hôpital. Le plus jeune de mes beaux-frères était avec nous. Toutes ces causes réunies me firent perdre beaucoup. Je fus montré au doigt comme républicain forcené, détenteur de poudre et d’armes à feu, dénoncé, subissant une visite domiciliaire, appelé au parquet du procureur général, où l’on me fit lecture d’un acte d’accusation de quatre pages, que l’on m’obligeait à signer sinon d’être mis en prison. Mon cousin fut enfermé à Sainte-Pélagie pour la même cause. L’année dernière, par le fait d’une expropriation, j’ai perdu les deux tiers de ma clientèle et j’ai eu pour cela mille francs, que j’ai bien eu le temps de manger, avec ma nombreuse famille, depuis quinze mois que je ne fais rien. Enfin, le 23 et le 24 février dernier, je fis le coup de feu sur la place de la Bastille ; dans mon quartier, j’ai travaillé aux cinq barricades, que j’étais résolu à défendre, au péril de ma vie, malgré mes six enfants et mes quarante-six ans. Mon beau-fils, jeune homme de vingt ans, septième de mes enfants, s’est conduit, pendant les trois jours, comme un digne patriote. Il s’est trouvé à l’affaire du ministère et à celle de la Bastille. Les balles n’ont atteint que ses effets. Maintenant que ma position est malheureuse, je ne crains pas de demander à ce gouvernement, que mes vœux ont appelé depuis dix-sept ans, une récompense ou une place qui puisse m’aider à élever mes enfants. Vingt-cinq ans de résidence dans la même rue, une bonne réputation et au besoin un certificat de l’une des premières maisons d’éducation de Paris, les citoyens Massin et Barbet, chez lesquelles ma mère fut maîtresse lingère vingt-huit ans. A ce certificat le maire du (ancien) VIIIe arrondissement y apposera avec plaisir sa signature, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec le citoyen Caussidière, le 29 de ce mois, lorsqu’il vint protéger le départ des malles postes au coin de la rue de Bercy. Voilà, citoyens, l’exposé des faits de votre dévoué compatriote. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, attestons avoir vu, le 23 février, le citoyen Belloc, perruquier, travaillant aux cinq barricades du quartier, l’une d’elles se trouvant en face le grenier d’abondance, où il y avait un bataillon de troupe de ligne. Le 24, nous l’avons également vu place de la Bastille, au moment où le maire du (ancien) VIIIe arrondissement venait de faire un discours au peuple, où, quelques minutes après, il se fit une décharge de mousqueterie qui blessa entre autres l’un de ses beaux-frères qui est encore aux Tuileries depuis cette époque, le citoyen Belloc était porteur d’un fusil, qu’il venait de tirer. » Signé : Basset, demeurant 6, rue Lacuée ; Papillon, demeurant 24, rue de Bercy-Saint-Antoine ; G. Grosjean, demeurant 20, rue de Bercy ; Monsard illisible, demeurant rue de Bercy numéro illisible 30 ou 50 ; Saulin illisible, demeurant 14, rue de Bercy. Il fut recommandé par la Commission pour une place de concierge ou de gardien dans un établissement quelconque de la république. Il savait lire et écrire. Il était père de six enfants, dont l’aîné avait quinze ans et le dernier neuf mois en 1848. Il demeurait 12, rue de Bercy-Saint-Antoine en 1848. Archives de la préfecture de police AA 372.

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