Bennis, George, Geary

Biographie


Né le 8 janvier 1793 à Limerick (Irlande). Il tenait la Librairie des étrangers, 55, rue Neuve-Saint-Augustin (au coin du 11, rue de la Paix) et qu’un prospectus publicitaire vantait de cette manière : « Les salons littéraires de cet établissement, le plus considérable en Europe, sont spacieux et magnifiques et pourvus de tous les journaux de France, d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse, d’Amérique, et de ceux qui paraissent en Italie, en Allemagne, en Suisse, en Portugal, en Espagne, dans les Pays-Bas, en Russie, en Pologne, en Prusse, en Autriche, en Grèce, en Turquie, en Alger, etc., et des ouvrages périodiques, populaires, littéraires, scientifiques, militaires et de marine. On y trouve 105 journaux anglais ; 40.000 volumes en anglais, français, allemand, italien et espagnol sont à la disposition de MM. les abonnés. L’assortiment des livres pour la vente est très nombreux, surtout en ouvrages anglais. On fournira aux étrangers les renseignements de toute nature. Bureau de la Compagnie anglaise d’assurance sur la vie, dite de l’Ouest d’Angleterre. » Il sollicita la décoration de Juillet, rappelant ainsi sa participation aux trois journées : « Dès le lundi 26 juillet et le lendemain matin, des employés de la police vinrent sonder mes opinions et s’informer de la conduite que j’allais tenir dans cette crise politique. Mais, malgré la ruine certaine qui me menaçait, je ne balançai pas à les repousser avec indignation, prêt à faire au maintien des lois et de la liberté le sacrifice de ma fortune et de ma vie. […] J’ai été un des premiers à élever des barricades sur le boulevard des Italiens et dans la rue de Rivoli. Pendant trois jours et trois nuits, j’ai veillé, je me suis transporté partout où m’appelait le danger commun et, le mercredi soir, je fus atteint d’une balle au genou. Lorsque M. Casimir Perier harangua le peuple des fenêtres de la maison n° 13 rue de la Paix, je sus, moins encore par l’exemple de mon zèle que par mes paroles, entraîner la foule et la décider à suivre la route d’honneur et de liberté que nous traçait l’honorable député. Dans cette même rue, voyant la ligne près de fraterniser avec nous, j’ai distribué à mes frais et fait distribuer par les employés de mon établissement des vivres, du vin et de l’argent aux soldats du 53e de ligne. C’est sur mes instances réitérées qu’ils ont déposé les armes et j’ai eu le bonheur de les conduire de la place Vendôme à l’hôtel de M. Laffitte, sous les auspices duquel s’opéra la sincère réconciliation de peuple avec l’armée. La rue de Rivoli étant encore occupée par l’artillerie de la garde, je fus de concert avec M. le général Pajol sommer ces troupes de se retirer et nous délivrâmes ce point important des craintes qu’occasionnait leur présence. Enfin, messieurs, je n’ai point hésité à exposer ma fortune et ma vie pour gagner mes lettres de naturalisation au prix des plus grands sacrifices, heureux de payer à la France la dette de ma reconnaissance et de mon entier dévouement. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Bennis, Georges, Geary sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel, in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main). Il protesta auprès de la Commission, afin d’obtenir la Croix de Juillet : « Mais, après la part active et sincère que j’ai prise aux mémorables journées de Juillet, après la blessure que j’ai reçue à la défense d’une barricade et la somme considérable que j’ai employée en secours de toute espèce prodigués aux combattant épuisés de fatigue et de besoin, ne devais-je pas espérer la première des deux récompenses indiquées par la loi ? Que le despotisme triomphât et mon établissement était détruit, ma liberté compromise, mon existence menacée ! » Il était porteur d’un certificat attestant qu’il était connu « sous les rapports les plus honorables » et qu’il avait « pris la part la plus active aux mémorables événements de Juillet ». Ce certificat était signé de Dovillier, demeurant 46, rue de Rivoli ; J. Fontaine, demeurant 21, rue Saint-Nicolas ; F. Thatcher, demeurant 4, rue de Ponthieu ; E. Kouit, demeurant 57, rue de Clichy ; Wallerand, demeurant 11, rue de la Paix ; Guilhem, demeurant 13, rue de la Paix ; J. Morgan, demeurant 13, bd des Capucines ; Leroy, demeurant 25, place Vendôme ; J. Johnson, demeurant 12, rue Castiglione ; S. Wansbrugh, demeurant 2, rue Castiglione ; Viland, demeurant 36, carrefour de l’Observatoire ; S. Barlow, demeurant hôtel d’Italie ; J. Roberts, demeurant 23, place Vendôme ; J.W. Lahe, demeurant 25, rue Sainte-Anne ; J. Seymour, demeurant 55, rue Neuve-Saint-Augustin. Il fournissait aussi un certificat du docteur Morgan, demeurant 13, bd des Capucines, qui attestait lui avoir donné ses soins pour des contusions reçues pendant les trois jours de Juillet. Il reçut sa médaille le 4 juillet 1831, et son brevet le 22 août de la même année. Bennis est l’auteur de Principles of the one faith, in-12, Travellers pocket Diary and students journal, in-12, Treatise on life Assurance, in-12 et de divers écrits littéraires. Il demeurait 46, rue de Rivoli (mais 26, rue de Rivoli in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe ; mais bien 46, rue de Rivoli in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main et in Archives de Paris VK3 25 liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Statistique des gens de lettres et des savants, existant en France, Guyot de Fère, Paris, au Bureau de la statistique, 1837, p. 44.

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