Bentz, François

Biographie


Né vers 1794 à Achenheim (Bas-Rhin). Tailleur. Forcé à cause de revers de fortune d’abandonner son grade dans la garde nationale, il fut bientôt obligé, pour subvenir à ses besoins et à ceux de son épouse, sans travail depuis plusieurs mois, d’incorporer la garde municipale et fut caserné aux Minimes. Il sollicita auprès de la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé une place de garde forestier ou une lieutenance dans l’administration des douanes. Il joignait plusieurs documents à sa demande. Le premier, un certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers de la garde nationale de Paris, certifions que M. Bentz, François, demeurant rue Saint-Nicolas-d’Antin n° 23, à l’époque du 30 juillet 1830, par suite de sa conduite dans les trois glorieuses journées de 1830, a été élu sous-lieutenant puis capitaine en second à une grande majorité dans la Ire légion de la garde nationale ; qu’il a, dans le courant d’octobre, organisé la compagnie de voltigeurs du 2e bataillon, laquelle l’a élu son capitaine commandant ; qu’il a toujours rempli ses fonctions avec zèle jusqu’au moment où des revers de fortune l’ont obligé à donner sa démission. » Signé, le 20 mai 1831 : marquis de Marmier, colonel de la Ire légion ; Ramel, chef de bataillon du 2e bataillon. Aussi, la copie d’une proclamation qu’il avait rédigée le 28 juillet à 8 heures du matin, à l’adresse des soldats de l’ancienne armée. Cette copie était ainsi rédigée : « Concitoyens, Notre vie, nos propriétés, nos femmes et nos enfants sont menacés par la faction absolue. Ils ont violé, foulé aux pieds notre loi fondamentale, le pacte sacré pour tous les Français. Ils se sont mis hors de la loi eux-mêmes, par les ordonnances du 25 juillet. Ils ont consommé le grand attentat, en faisant tirer les premiers coups de fusil sur des citoyens désarmés. Ainsi donc, notre défense est légitime, elle est de droit pour tous les Français. Concitoyens, au nom de la patrie, au nom de l’honneur national et de notre gloire française, ne vous exposez pas sans armes au feu des tyrans mais ralliez-vous sous l’étendard de la liberté et que le mot de ralliement soit la liberté ou la mort. Si vous n’avez point de cartouches, baissez cette baïonnette qui a toujours été si funeste à nos ennemis. Comptez sur votre courage et l’appui de vos concitoyens, exterminez le dernier des traîtres pour qu’il ne puisse trahir encore. Si quelques braves succombent dans cette lutte glorieuse, la France adoptera leurs veuves et leurs orphelins et eux-mêmes vivront dans le temple des mémoires. » Bentz demeurait 23, rue Saint-Nicolas-d’Antin (dont il était le principal locataire) en juillet 1830 ; 41, rue de Richelieu par la suite ; 4, rue Neuve-Sainte-Catherine en 1831. Archives de la préfecture de police AA 372.

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