Berard, Antoine

Biographie


Horloger. Il participa aux combats, dont à ceux du 28 juillet 1830, place de Grève. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Sur sa déposition, le 19 août 1830, le commissaire de police du quartier de l’Arsenal attestait que Poilliot était « le seul soutien de son père âgé de soixante-quatorze ans et de deux neveux orphelins de père et mère encore en bas âge ». Il signa, comme « chef de compagnie », le 29 août 1830, le certificat suivant en faveur de Poilliot, Denis : « Nous, soussigné, certifions que le dénommé d’autre part a reçu en notre présence, le 28 juillet dernier à la grève, un coup de feu au cordon testiculaire droit et que nous l’avons transporté chez M. Bérard, rue Saint-Anasthase n° 3, pour y être pansé. » Le 15 novembre 1830, le certificat suivant en faveur du même : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le nommé Poillot, Denis (sic), demeurant rue Saint-Anastase n° 3, s’est trouvé dans la journée du 27 juillet dans la soirée, près le temple des protestants, où étaient les cuirassiers de la garde royale ; qu’il y a jeté des cailloux avec des camarades, mais qu’ayant été poursuivis, ils se sont retirés dans les allées, où ils ont attendu la nuit ; qu’ensuite ils les ont assaillis de nouveau avec un homme en blouse, qui était à leur tête et qui déployait devant l’ennemi le plus grand courage par son exemple et son intrépidité ; ayant été de nouveau chargés, ils ont rentré dans leur première retraite, d’où ils ont observé l’ennemi jusqu’à minuit passé, qui s’étant retiré, le dénommé s’est aussi retiré avec ses camarades ; que le 28 juillet, il a désarmé plusieurs soldats qui rentraient à la caserne de l’Ave Maria, qu’il a distribué plusieurs fusils aux braves qui s’armaient pour la liberté, qu’il s’était emparé du cheval du colonel du 50e de ligne, conduit par un soldat qu’il a aussi désarmé et auquel il a remis le cheval, ne pouvant le conserver, qu’il s’est parfaitement distingué au coin de la rue du Perche, en se battant contre la garde royale, que dans cet endroit il avait pour chef le brave surnommé capitaine La Blouse, dont il est impossible de faire l’éloge tant sa conduite est admirable dans cette occasion et dans plusieurs autres, qu’il nous avait placés près du tourniquet Saint-Jean, crainte d’être surpris pendant qu’il faisait former une barricade au coin de la rue du Perche et monter des pavés dans les premiers étages des maisons. Le dénommé ayant entendu la fusillade à la place de Grève, il est descendu sous l’arcade Saint-Jean, où il est resté à combattre jusqu’à ce qu’il eut épuisé ses munitions, et ensuite revenu près du capitaine La Blouse, où il s’est distingué dans la rue Saint-Antoine, contre la garde royale qui venait du faubourg Saint-Antoine et qui a été forcée à la retraite. Ensuite, le dénommé s’est transporté au bas de la rue de la Tixéranderie, où il a montré le plus grand dévouement à la cause de la liberté, en affrontant tous les dangers mais qu’ayant reçu dans la soirée un coup de feu au cordon testiculaire droit, il a été obligé à regret de quitter ses camarades, ayant été ramené par [Mougey et Bérard] dans sa maison, où il a été pansé le même soir par un médecin. Enfin, les soussignés, pour rendre hommage à la vérité et au mérite de ce brave, croient devoir dire que nul homme n’a plus mérité de la patrie et que ce serait le plus bel acte de justice de lui décerner les plus nobles récompenses. Il déclare aussi qu’avec le capitaine la Blouse il a vu un chef qui avait un chien et qui avait plusieurs hommes sous ses ordres mais il n’a pas l’avantage de le connaître ; il s’est aussi montré le plus zélé partisan de la plus noble cause. » Le 24 décembre 1830, il signa le certificat suivant en faveur du même : « Nous, soussignés, membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales et autres individus, certifions que dans les glorieux événements de juillet dernier, le sieur Poillot (sic), demeurant rue Saint-Anastase n° 3, quartier de l’Arsenal, a, dans les journées des 27 et 28 du mois ci-dessus, montré le plus grand attachement à la cause de la liberté, en déployant un courage héroïque et un mépris du danger, tant dans plusieurs désarmements qu’il a faits en se précipitant sans hésiter sur les satellites du roi déchu que dans les combats aux barricades de la rue Saint-Antoine près la rue Geoffroy-Lasnier qu’à la place de Grève, où après avoir épuisé ses munitions il est retourné s’en munir et a de nouveau volé où l’appelait l’honneur de défendre une si belle cause. Après avoir encore longtemps combattu, un coup de feu qu’il reçut le 28 au soir au cordon testiculaire droit l’obligea à regret de se retirer chez lui, ses vêtements et son chapeau, percés de coups de feu. Enfin nous attestons que sa conduite militaire dans notre heureuse révolution le rend digne des plus grands éloges, de la bienveillance publique et de la protection de toutes les autorités civiles et militaires. » Il signa, le 28 mai 1831, en tant que caporal à la 1re compagnie du 2e bataillon de la garde municipale, demeurant à la barrière d’Enfer, le certificat suivant en faveur de Bouquet, Louis : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Bouquet, Louis, […] était avec nous à la rue de la Tixéranderie le 28 juillet dernier, qu’il s’y est comporté d’une manière toute patriotique, en défendant nos libertés les armes à la main et que cet ancien militaire mérite par son dévouement à la patrie les récompenses nationales dues aux plus méritants soldats des trois grandes journées de notre révolution. » Il signa, le 5 octobre 1831, comme caporal de la garde municipale à la caserne Saint-Martin, demeurant 3, rue Neuve-Sainte-Anastase, le certificat suivant en faveur de Bornat, Claude, qui tentait de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, citoyens domiciliés à Paris, tous combattants dans les mémorables journées de Juillet, certifions et attestons, comme ayant participé aux faits mentionnés dans l’exposé ci-dessus, que le sieur Bornat, Claude […], que nous connaissons comme camarade et ami, a montré dans les journées de la révolution de juillet 1830 autant d’intrépidité que d’humanité dans toute sa conduite ; que tout ce qui est relaté dans sa lettre à messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales est d’une exacte vérité, qu’il a affronté les plus grands dangers partout où il a combattu. Nous affirmons en outre que sa modestie a pu, seule, l’empêcher de solliciter dans les premiers temps la décoration et les récompenses dont il s’est rendu digne. En foi de quoi, nous lui avons délivré, avec une vive satisfaction, le présent certificat, pour lui servir auprès de messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales et comme un témoignage sincère de notre estime. » Ajoutant que Bornat s’était « trouvé à la Grève le 28 juillet et qu’il a constamment combattu sous mes ordres ». En 1830, il était chef de la 2e compagnie du 2e bataillon de la garde municipale casernée aux Minimes. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. En 1843, brigadier à la 3e compagnie de la garde municipale, il sollicita un secours et reçut cinquante francs. Il demeurait 3, rue Neuve-Sainte-Anatase en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Bérard Jean-Louis (sous le nom de Bérard, Claude, Antoine) ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Colombain ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poillot Denis (sous le nom de Bérard, Claude, Antoine) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs (alors qu’il était Croix de Juillet) ; Archives nationales F/15/3791-3792 secours à divers titres in dossier Mammès, Claude, Joseph, Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Bornat, Claude ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bouquet, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires (sous le nom de Bérard, Claude, Antoine) (sous le nom de Bérard, Claude, Antoine).

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