Bérard, Auguste, Simon, Louis
Biographie
Né le 3 juin 1783 à Paris. Député. Il fut l’un des participants aux réunions de députés qui eurent lieu dès le 26 juillet (avec Delaborde, Perier, de Schonen, Vassal, Villemain, J. Lefebvre, Daunou, Bernard, Bavoux, Chardel, Mauguin, Persil), au domicile de l’un ou de l’autre des députés. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Dans ses Souvenirs historiques sur la révolution de 1830, page 10, il revendiqua d’avoir été l’une des quatre personnes (avec Lafayette, Laffitte et Odilon-Barrot) qui avaient le plus fait pour mettre en place le régime de Louis-Philippe : « Je serais d’ailleurs bien inconséquent si je me déclarais aujourd’hui l’ennemi d’une royauté que j’ai tout fait, il y a trois ans, pour établir. » Il est l’auteur de Souvenirs historiques sur la révolution de 1830, parus chez Perrotin en 1834. Il fut nommé aux Ponts et Chaussées, immédiatement après la révolution. Nous empruntons au Nouveau Dictionnaire des girouettes la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Auditeur de première classe, service ordinaire, près les ministres, section de l’intérieur, sous I’Empire, envoie son adhésion au gouvernement provisoire (Moniteur, 11 avril 1814). Maître des requêtes, service ordinaire, au conseil du roi, le 4 juillet 1814 ; renommé auditeur au Conseil d’Etat (décret impérial d’avril 1815) ; membre de la Chambre des députés de 1827 à 1830, ne s’y fait guère remarquer que par ses absences fréquentes ; vote l’adresse des 221.
»Dans les journées de juillet, M. Bérard fut, sans contredit, un des plus hardis et des plus actifs députés présents à Paris. Dès le 26 au matin, il proposait de protester contre les ordonnances. Proposition rejetée ! Il la renouvela deux fois dans la journée. Vainement ! Grande opposition de MM. Casimir Perier et Villemain ! Enfin, sur ses instances, une protestation fut rédigée le 27, et adoptée le 28. Dans l’après-midi de ce jour-là, aucun député n’osant offrir son salon pour une réunion nouvelle, il offrit le sien. (On ne voulait plus de celui de M. Audry de Puyraveau , sa maison étant signalée.) Là, il renouvela ses instances pour que la protestation fût signée, proposant d’y mettre son nom seul, ou avec celui de deux de ses collègues. On refusa, se contentant de la faire suivre d’une liste de députés. M. Bérard s’éleva contre cette couardise.
»Le 30, réunion au Palais Bourbon. Nommé secrétaire, il propose une proclamation qu’on trouve trop républicaine. Le duc d’Orléans y était provisoirement élu lieutenant-général pour trois mois, espace dans lequel la Chambre devait rédiger une constitution qui serait soumise à l’acceptation du peuple et à celle du roi que la Chambre aurait choisi.
»M. Bérard s’est fait un nom historique en proposant le premier, et faisant adopter, le 6 août, la Charte recrépie, et l’élévation de Louis-Philippe au trône. Son nom et celui de ce roi sont désormais inséparables.
»Il a été nommé, le 25 août, directeur-général des ponts et chaussées et des mines, et le 5 septembre, conseiller d’Etat en service extraordinaire, autorisé à participer aux travaux des comités et aux délibérations du conseil.
»Il a été réélu député en 1831. »
Le Tocsin national, 27 août 1830 ; Chronique de juillet 1830, Rozet, Paris, Barrois et Duprat, 1832, tome 1, p. 109 ; Nouveau Dictionnaire des girouettes, Nos grands hommes peints par eux-mêmes, pairs, hommes d’Etat, hommes de lettres, généraux, évêques, chansonniers, préfets, journalistes, statuaires, ministres, députés, ambassadeurs, vaudevillistes, etc., par une girouette inamovible, à Paris, Lerosey, libraire, Palais-Royal, 1831, pp. 112-114 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Bérard, Jean-Louis.