Béraud, Jean-Louis

Biographie


Ancien officier d’infanterie et homme de lettres. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. En septembre 1830, il écrivait dans ces termes à Bétou, commissaire de la Commission des récompenses nationales : « Monsieur, Vous m’avez honoré, le 20 septembre dernier, d’une lettre m’invitant à me présenter à M. le général Fabvier, ce dont je me suis empressé, croyant connaître ce qui aurait été décidé ; je fus trompé dans mon attente, et cette incertitude m’est d’autant plus pénible en raison de la position très gênée où je me trouve avec mon épouse ! Enfin, M. le général Fabvier a semblé me faire espérer que je serai nommé sous-lieutenant d’infanterie d’après ma demande à la Commission et que je serai envoyé à Alger, ce que j’accepterais volontiers s’il m’était permis d’y emmener ma légitime compagne, pleine de talent en dessin, peinture et broderies et ouvrage de salon. Il me serait d’autant plus facile que je n’ai ni ne dois avoir d’enfant. Mais, en allant courir des chances qui ne seront pas moins entourées d’imminents périls, je demanderais à la Commission que le brevet de sous-lieutenant me soit accordé à titre de dédommagement pour le travail envoyé par moi au roi (travail sur l’organisation d’un corps de lanciers à pied), et qu’il me fût accordé à titre de récompense nationale pour avoir combattu les 27, 28 et 29 juillet, le titre honoraire à perpétuité de chevalier de la Légion d’honneur, que je crois avoir justement et dûment mérité, n’ayant demandé et reçu aucun secours malgré l’état absolu de gêne où je me trouve en ce moment. J’ose donc, Monsieur, me recommander à votre obligeante philanthropie et vous prier avec instance de présenter à la Commission ma demande tendant à obtenir prompte solution définitive, pour que je sache à quoi m’en tenir, occupant un logement de trois cents francs par an et contractant des engagements qui cesseraient si une décision me nommait au poste que je réclame, n’ayant d’autre existence que mes talent militaires et les modiques appointements d’une sous-lieutenance qui viendra néanmoins à mon secours, n’ayant pas d’autres ressources. J’ai fait toutes mes études au lycée impérial de Lyon et porté en 1815 par le général Bertrand sous les yeux de Napoléon qui nous y interrogeait, porté pour l’Ecole polytechnique. Je connais la géographie, le dessin linéaire, le plan, les mathématiques spéciales, quelques notions de géologie et je crois pouvoir me rendre utile si j’étais envoyé à Alger. J’ose donc vous prier de nouveau de vouloir être assez bon pour me dire si je dois espérer une décision prompte ; une proposition avantageuse m’est faite en ce moment pour aller servir l’Espagne, avec le grade de capitaine d’état-major ; elle répugne à ma délicatesse attendu qu’une simple sous-lieutenance en France semble m’honorer davantage ; néanmoins le temps presse, il faut vivre et je ne me déciderai à ce dernier expédient autant que mon incertitude serait de trop longue durée, l’amour de mon pays l’emportant toujours sur les honneurs émanés d’une cause étrangère. […] » Il signa, en tant que grenadier instructeur à la 4e compagnie du 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré, le certificat suivant en faveur de Dacheux, Louis, Victor : « Je témoigne la conduite courageuse du sieur Dacheux, que j’ai reconnu le 27 juillet rue Saint-Honoré près l’oratoire, courant au-devant de la fusillade ; le 28 à midi, près la halle aux viandes, où j’étais en tirailleur ; je l’invitai à se retirer pour garantir ses jours, n’étant pas armé ; il me répondit qu’il voulait aussi payer sa dette et continua ses opérations au milieu du feu, ne s’effrayant nullement des malheureux qui tombaient à nos côtés. Il mérite une glorieuse part à la reconnaissance civique. » Il signa, en tant que grenadier instructeur à la 1re compagnie du 1er bataillon de la Ire légion de la garde nationale, ancien officier et homme de lettres, demeurant 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré, la lettre présentée par Rousselle, Nicolas, Louis, ajoutant : « Je déclare l’avoir vu à la porte Saint-Martin, lorsque nous prîmes la caserne de la gendarmerie, sous les ordres du brave lieutenant-général Delacroix (lire Lacroix, N.D.A. voir Lacroix de, baron de Buegard), qui nous avait fait jurer de vaincre ou mourir. Il était aussi à la porte Saint-Denis, exécutant les feux de section contre le 3e de la garde, sous les mêmes ordres et notre colonne contribua à la retraite et à la défaite complète des ennemis de la liberté. » Il signa, comme grenadier à la 2e compagnie du 3e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, le 15 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lacroix de, baron de Buegard : « Nous, soussignés, membres de la garde nationale de Paris et autres, certifions et attestons que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, M. le lieutenant général de Lacroix baron de Boegard a bien mérité de la patrie et c’est avec plaisir que nous citons la conduite héroïque de ce vétéran de l’ancienne armée impériale, déjà connu sous le nom de lintrépide de Lacroix, que lui donna Napoléon. Dans les mémorables journées de Juillet, il donna l’exemple du courage qui brave la mort et sait vaincre. On le vit partout où était le danger, où le conseil était nécessaire et dirigeait (avec cette supériorité de jugement que donne une longue expérience) la valeur des défenseurs de nos libertés. Il nous dit qu’il n’y avait plus à marchander, qu’il fallait vaincre ou mourir. Le 27, au rassemblement devant l’hôtel Polignac aux Relations extérieures, l’officier de gendarmerie de service au ministère et un officier du 3e régiment de la garde royale l’ayant reconnu lui dirent : “Général, nous vous invitons à vous retirer ; vous êtes exposé à être arrêté comme chef de ces factieux.” Il leur répondit : “Si je joue aujourd’hui ma tête, j’en fais volontiers le sacrifice. Je suis assez vieux pour n’avoir plus qu’à vaincre pour la charte ou mourir pour ma patrie.” Le 28 juillet, près de la porte Saint-Denis, l’affaire devenait chaude. Parmi la foule des braves, se trouvèrent grand nombre d’anciens soldats dont il avait été le colonel. Ayant été reconnu par eux, ils se formèrent sur-le-champ, en division. Sous ses ordres, ils exécutèrent des feux de section avec une telle précision et d’un tel effet qu’après avoir mis hors de combat le colonel du 3e régiment de la garde royale et beaucoup de ses soldats la garde fit un mouvement rétrograde. Serré de trop près, le brave général de Lacroix fut blessé sur le Pont-Neuf d’un coup de lance. Le lancier fut abattu d’un coup de pistolet. Il ne cessa cependant de continuer à combattre à la tête des braves qui s’étaient replacés sous ses ordres. Il se trouva successivement aux attaques des Tuileries et du Louvre. Le soir, lorsque le feu cessait, il engageait à travailler aux barricades et abattis pour être prêts à une vigoureuse résistance. Le lendemain, il passait la nuit à la Bourse pour être averti en cas d’attaque […]. » Il signa (il semble signer Bérault mais bien Béraud dans le certificat pour Lacroix de Boegard) deux certificats en faveur de Carpentier, Frédéric (voir ce nom). Le premier était ainsi conçu : « Je, soussigné, déclare et certifie avoir vu M. Carpentier à la formation de la première barricade située rue Saint-Honoré, à soixante-dix pas du Palais-Royal ; cette barricade fut construite par les débris des planches du Louvre, le 27 juillet. Je le vis également à la porte Saint-Denis, le 28, en tirailleur avec la colonne dont je faisais partie, commandée par le général Lacroix (voir Lacroix de, baron de Buegard), qui mit en déroute le 3e de la garde et le lieutenant-colonel qui le commandait et qui fit un mouvement rétrograde en retraite par échelons avec son bataillon. » Le second, ainsi : « Je déclare l’avoir remarqué à la porte Saint-Martin à la prise de la caserne des gendarmes, sous les ordres du général Delacroix, baron de Boigard [lire Lacroix de, baron de Buegard, N.D.A. voir ce nom], qui s’était réuni à nous, en nous faisant prêter le beau serment de vaincre ou mourir avec lui. Il était à la porte Saint-Denis, exécutant les feux de section contre le 3e de la garde, ce qui détermina la défaite et le mouvement rétrograde du 3e d’infanterie, qui perdit son chef dans cette action. » Il signa, comme licencié en droit et homme de lettres, demeurant 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré, la demande de secours présentée, en septembre 1830, par Vagon, Constant. Il signa un certificat en faveur de Joint, Alphonse, Isidore, Désiré (voir ce nom), qui attestait que ce dernier avait « combattu pour la défense des libertés publiques lors des 27, 28 et 28 juillet, qu’il a coopéré à la formation des barricades et qu’il a développé les sentiments les plus énergiques de patriotisme et de dévouement à son pays ». Il apostilla, comme homme de lettres, grenadier à la 2e compagnie du 1er bataillon de la Ire légion de la garde nationale, une lettre de Lacroix de, baron de Buegard, en faveur de Meisner, Edouard, pour tenter de faire valoir les droits de ce dernier. Il signa un certificat en faveur de Cochard, Jean-Pierre, pour attester sa conduite pendant les combats et ajouta en apostille : « Je, soussigné, déclare l’avoir vu combattre au Louvre et aux Tuileries, où je me trouvais, sous les ordres du général baron de la Croix (voir Lacroix de, baron de Buegard), qui nous avait formés en division à la porte Saint-Denis, en nous excitant par ces trois mots Vaincre ou mourir, et je me rappelle avoir remarqué Cochard avec lequel je suis monté dans les appartements du château des Tuileries. » Il reçut cent francs de secours en janvier 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Béraud demeurait 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1830 (par erreur 30, rue du Four-Saint-Honoré in Archives nationales F/1dIII/34). Archives de Paris VD6 91 in dossier Rousselle, Nicolas, Louis, idem in dossier Vagon, Constant (sous le seul nom de Béraud) ; Archives de Paris VD6 92, et in dossier Meisner, Edouard (sous le seul nom de Béraud) ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831 (sous le nom de Béraud, Jean-Louis) ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants (sous le nom de Béraud, Jean-Louis) ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Dacheux, Louis, Victor (sous le seul nom de Béraud) ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien) (sous le nom de Béraud, Jean-Louis) ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Carpentier, Frédéric, in dossier Cochard, Jean-Pierre (sous le seul nom de Béraud) ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Lacroix de, baron de Buegard (sous le seul nom de Béraud) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Béraud, Jean-Louis). Il y a dans Archives de Paris VK3 47 in dossier Lunel, Joseph, Joachim, un Béraud, commandant du poste des Ecuries du roi, qui signe, le 3 août 1830, le certificat suivant en faveur de Lunel : « Je, soussigné, commandant le poste des Ecuries du roi, certifie que le nommé Lunel, a passé la nuit du 2 au 3 août à mon poste et quil sest parfaitement conduit tant quil a été sous ma juridiction. » Cest lui ? la signature ressemble…

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