Bergasse-Laziroule, Georges (mais peut-être Joseph)
Biographie
Médecin. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il adressa la lettre suivante auprès de la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, pour faire valoir ses droits à une récompense honorifique : « Le jeudi 29, j’étais vers 11 heures ou midi sur le quai Malaquais, les troupes royales occupaient le Louvre et surtout la grille qui donne sur le pont des Arts, où ils avaient une pièce de canon et tiraient à mitraille. Mais nous perdîmes peu de monde, protégés par le parapet du quai. Après une demi-heure environ, les troupes se retirèrent sur les Tuileries. En suivant leur mouvement, nous étions arrivés à l’extrémité gauche du Pont Royal. Là, le feu étant devenu moins vif, une quarantaine de personnes, moi exerçant une sorte de commandement, nous nous décidions à le franchir. Nous nous étions même avancés quelques pas lorsque je pensai à l’Hôtel des gardes du corps, que nous laissions derrière nous. […] Deux compagnies de gardes y étaient renfermées. Nous avions à craindre d’être écrasés sur le pont s’ils venaient à faire une sortie pendant que nous avions les Suisses en tête. Cette idée me frappa et je décidai ma petite bande à rétrograder. Le Courrier français, dans son numéro du 30 juillet, a dit que l’Hôtel avait été emporté par la garde nationale après une vive fusillade. La vérité est, et personne mieux que moi ne peut l’attester, s’il a été tiré quelques coups de fusil c’est seulement par les nôtres, les gardes n’y ont pas répondu ; du reste il n’y avait parmi nous que deux ou trois personnes en habit de garde national. Avancés jusque sur le grand portail de l’hôtel, un sergent de la ligne qui y était renfermé avec un capitane et quelques soldats, vint répondre. Sommation lui fut faite d’ouvrir, ce qu’il exécuta après quelques pourparlers. Avant d’entrer, la petite troupe promit, à ma prière, de respecter les propriétés particulières et surtout les personnes ; ils ont scrupuleusement tenu leur parole. Je dois dire que la première personne qui s’est présentée à moi a été le commandant de l’Hôtel, monsieur de Basire, chef d’escadron. Il prit mon bras, nous conduisit à la salle d’armes et put ensuite se retirer tranquillement dans sa chambre. J’ai aussi rencontré un garde du corps de ma connaissance, M. de la Forcade, (maintenant rue du Mail, hôtel d’Angleterre). La reddition de l’Hôtel des gardes du corps a, je le pense, hâté le triomphe des citoyens et abrégé l’effusion du sang en procurant d’excellentes armes à plusieurs centaines de braves et précipité ainsi la retraite des troupes qui tenaient encore dans le […] pavillon et le jardin des Tuileries. Je ne connais aucune des personnes qui marchèrent avec moi ce jour, si ce n’est un jeune homme de 18 à 20 ans, aux cheveux roux, qui me dit s’appeler Henry, garçon restaurateur, et voulut bien se charger, après la prise de l’Hôtel, d’aller m’annoncer à mon domicile. Si quelques-uns de mes compagnons se présentent à vous pour le même fait, je pourrai peut-être les reconnaître ou mieux encore être reconnu d’eux. » Dans un certificat qu’il signait, le lieutenant-colonel Basire attestait que Bergasse était « entré audit jour dans l’hôtel, à la tête d’une troupe d’abord peu nombreuse de citoyens, qu’il a cherché à leur procurer des armes, en empêchant d’ailleurs qu’aucun excès ne fût commis surtout à l’égard des personnes, et en un mot qu’il s’est conduit en homme d’honneur, brave et humain et qu’en mon particulier je lui dois de m’avoir préservé autant qu’il a pu des dangers et au moins des insultes que ma position pouvait m’attirer ». Bergasse sollicita aussi de « servir dans la garde nationale, en qualité de chirurgien-major. Il reçut la médaille de Juillet (sous le seul nom de Bergasse sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main). Il demeurait 18, rue de la Barillerie en 1830 ; 4, passage Choiseul en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement. Sa lettre est à rapprocher de Barthe, Charles, Laurent, Emile.