Bergier, Jean, Adolphe
Biographie
Employé chez un notaire de Belleville, chez lequel il occupait, selon lui-même, « une place médiocre ». Il participa à l’expédition de Rambouillet. En août 1830, il sollicitait, dans ces termes auprès du directeur général des Postes, un emploi : « J’ai sollicité plusieurs fois mon admission à la direction générale des Postes. Les bons services de mon père et de mon frère, sous-chefs à la division des relais, étaient, j’avais lieu de le croire, ma meilleure recommandation. Néanmoins, après des promesses que je croyais sincères, j’ai eu la douleur de voir ma demande repoussée – sous le vain prétexte d’un règlement qui, j’en ai la certitude, a été violé dans d’autres intérêts que les miens – alors que je formais ma demande.
»Mon frère, victime lui-même de la plus cruelle injustice, m’apprit alors que ses opinions libérales étaient la cause d’une semblable rigueur et que quels que fussent ses titres particuliers à la bienveillance de l’administration il fallait perdre l’espoir d’obtenir justice de ceux qui la dirigeaient. Tout est changé, monsieur le directeur général, et je viens vous supplier de m’être favorable.
»J’ai une place médiocre chez le notaire de Belleville. Pendant les heureux événements qui viennent d’avoir lieu j’ai rarement quitté dans le pays le poste assigné à tout ami de la liberté, prêt à combattre et à lui sacrifier mon existence.
»Le 3 août un cri s’est fait entendre : Il faut se porter à Rambouillet, et décider enfin la querelle de la tyrannie avec la liberté. Je ne prends que le temps nécessaire pour m’armer et j’arrive à 11 heures du soir aux avant-postes de l’armée populaire, à pied, mourant de faim et de fatigue mais prêt à verser tout mon sang pour une cause aussi belle. Aucun autre intérêt ne m’inspirait à ce moment, monsieur le directeur général, je vous le jure sur l’honneur.
»A présent, je dois assurer mon existence et je remets mon sort entre vos mains. Je suis avec respect etc. »
Sa demande ayant été repoussée, il renouvela auprès des membres de la Commission des récompenses nationales, en septembre 1830, la même faveur, en proposant de remplacer un certain Guyot de la Grange, employé à la division des relais, qui acceptait de se retirer en sa faveur et de renoncer à son traitement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. Il comparut devant cette Commission, le 27 janvier sous le numéro 236. Il demeurait 66, rue de Paris à Belleville en 1830. Archives de Paris VK3 41.