Berne, Gaspard, Antoine
Biographie
Né en 1767 à Sèvres (Seine-et-Oise). Soldat depuis la révolution de 1789, devenu, en 1800, lampiste. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 12 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, sur le Pont-Neuf, armé d’un pistolet et d’un sabre, a fait feu d’un coup à la rue Jean-de-Lépine, ensuite à la rue Baudoyer. Le 29, a eu un fusil à la caserne de l’Estrapade ; vers 11 heures, parti de l’Odéon avec la pièce de canon, a fait le service de canonnier, ayant été reconnu pour soldat de 1789. Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 12 février 1831, à une voix pour la croix, six voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 21) dans la liste des demandes d’admission à l’hôtel des Invalides posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Son nom (toujours sous le numéro 21) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il sollicita auprès du général Lafayette, qui transmit la lettre à l’administration, son entrée à l’Hôtel des Invalides. Sa lettre donnait de nombreuses indications biographiques et était ainsi rédigée : « C’est un vieux soldat de 1789, qui a assisté à la prise de la Bastille, au déblocus de Lille, au camp du Petit-Quesnoy, à la prise du Pont-Rouge sur la Lise à Varneton, Varvic, Commynes, Menin, Courtray, à Anvers et Château, à la Montagne de Fer, premier siège de Maastricht, à Fleurus, Jemmapes, Honscot, au blocus de Maubeuge, à Cateau-Cambraisis, à l’Echelle, sous les généraux Dumouriez, Mirandas, Philippe-Egalité, Jourdan, Ballan, le représentant du peuple Saint-Just, Kléber et Bernadotte, a l’honneur de vous exposer que, retiré du service sans pension ni retraite depuis 1800, il a été obligé de pourvoir à son existence par un travail peu lucratif, qui lui manque en ce moment par la faiblesse de sa vue. Son âge, quoique avancé, ne l’a pas empêché dans les jours mémorables de juillet dernier de se rappeler qu’il coulait encore dans ses veines de ce même sang qu’il avait déjà versé pour la liberté. En conséquence, il s’arma d’un fusil et marcha sur la caserne de Babylone, fit partie de la colonne de gauche qui s’y dirigea de la place de l’Odéon. Les élèves de l’Ecole polytechnique ayant su qu’il avait servi dans l’artillerie, le chargèrent de servir une pièce, après avoir écrit sur ses vêtements Soldat de 89, vainqueur de la Bastille, et ne le désignaient autrement que par l’homme au chapeau de paille. Si, général, il était possible que par votre intercession il puisse obtenir de Sa Majesté l’Hôtel des Invalides ou une pension équivalente, son sort serait heureux puisqu’il serait assuré d’une existence, dont il vous garderait une éternelle reconnaissance. » Le 15 décembre 1836, sa demande étant restée infructueuse, il retira les pièces qui avait été confiées à l’administration. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il demeurait 23, rue du Bon-Puits puis 30, rue des Carmes en 1831 ; 19, rue Judas à la Montagne-Sainte-Geneviève en 1836 ; 19, rue d’Arras vers 1838. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le seul nom de Berne) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes d’admission à l’hôtel des Invalides (sous le seul nom de Berne) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 12 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 12 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/32/2 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830.