Bernier, Théodore
Biographie
Né le 15 août 1794 à Craon (Mayenne). Cartonnier. Le 14 juin 1848, il adressait à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février une demande pour obtenir la place qu’il pensait être vacante de garde forestier à la place Dauphine. Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, déclarons et certifions que le citoyen Bernier a courageusement combattu dans les journées de juillet 1830, qu’il n’a quitté les armes qu’après la prise des Tuileries et qu’au péril de sa vie il a constamment contribué au triomphe de ces mémorables journées. » Signé, le 20 mai 1848 : Dagoreau ; Viallette, Hippolyte ; Queyras ; Mousse, P. ; Cochu. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Bernier s’est, dans les journées des 5 et 6 juin 1832, battu courageusement, qu’il était avec moi aux barricades de la rue Montmartre, où je fus blessé deux fois. Après la défaite des républicains, le citoyen Bernier, au risque d’être arrêté, m’a généreusement donné asile et caché jusqu’à ce que j’ai pu quitter Paris. Forcé d’y revenir, le citoyen Bernier m’a de nouveau donné asile et caché pendant l’espace de quatorze mois. Il n’a pas craint de se compromettre (car j’étais condamné à mort) pour me sauver. Ce n’est qu’après que j’ai quitté l’asile qu’il m’avait donné que j’ai été arrêté. De plus, le citoyen Bernier a courageusement combattu à mes côtés au Palais national en février 1848 pour la cause républicaine, dont il a été toujours un des plus zélés défenseurs. Ses services ne se sont pas bornés à moi seul. Lorsque les citoyens Mathieu d’Epinal, évadé de Doullens, vint à Paris je le présentais au sieur Bernier pour qu’il le cache, il l’a fait avec la même ardeur qu’il l’avait fait pour moi. Malheureusement Mathieu d’Epinal fut arrêté, par son imprudence, chez le citoyen Bernier, ce qui lui causa la perte de son établissement car le propriétaire l’expulsa de sa boutique, ce qui le ruina. J’ai donc donné au citoyen Bernier cette attestation, non seulement pour rendre hommage à la vérité mais encore pour faire connaître, en dépit de sa modestie, ses services qu’il n’a cessé de rendre à la cause républicaine. » Signé, le 26 mai 1848 : Bocquin, F., demeurant 12, rue de Meaux. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 5, passage du Soleil-d’Or au 14, rue de la Pépinière en 1848. Archives de la préfecture de police AA 372.