Bernus, Denis, Marie
Biographie
Né en 1804 à Masan. Commis négociant. Il est répertorié (sous le numéro 728) dans la liste des demandes concernant le ministère de la Guerre (sous-lieutenant) posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Son nom (toujours sous le numéro 728) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 16 décembre 1830, à quatre voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut pourtant la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut nommé sous-lieutenant, le 14 mai 1831 et sur la proposition de la Commission des récompenses nationales. Il demeurait 24, rue des Noyers (mais 4, rue des Noyers in Archives de Paris VK3 33) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Bernus, Denis, Marie) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Bernus, Denis, Marie) ; Journal officiel militaire, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 722 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Bernus, Denis, Marie et sous celui de Bernus, Denis) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de la Guerre (sous le nom de Bernus, Denis) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 16 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Bernus, Denis), idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 15 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Bernus, Denis) et état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Bernus, Denis, Marie) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Bernus, Denis, Marie).
Berny de.
Magistrat. La Gazette des tribunaux, relata dans quelles circonstances il réussit à s’opposer au saccage du Palais de Justice, après son envahissement par les Parisiens : « Invasion du Palais de justice par les citoyens.
»Le 28 juillet pendant tout le jour, la place du Palais de justice était gardée par la ligne, qui fraternisait avec le peuple. Le soir il n’y avait plus de troupes, et le lendemain, dès le jour, tout était calme ; les grilles, les portes étaient fermées. A six heures du matin, une population ardente formait les barricades de la rue de la Vieille-Draperie, et y plaçait le drapeau tricolore. Un homme saisit un drapeau et vint l’arborer à l’enseigne du magasin n° 2 ; mais un autre s’écrie : Ce n’est pas là, camarade ! respectons les propriétés ; c’est au Palais !… et il désigna le dôme du Palais de justice ; tous y coururent aux cris de vive la liberté ! ils s’arrêtent à la grille ; quelques-uns parviennent an chapiteau et, à coups redoublés, brisent les fleurs de lys ; à chaque débris qui tombe, des salves d’applaudissements retentissent ; on pend un débris à une corde de lanterne ; on foule les autres aux pieds ; enfin on pénètre dans le Palais.
»Des armes ! à bas les lys ! à bas le buste du roi ! Tels sont les cris au milieu desquels la foule envahit le temple de la justice. Chose remarquable ! les greffes, les archives, les dépôts, les bibliothèques, celle des avocats sur la porte de laquelle on avait écrit Bibliothèque des avocats ; défense d’office ! sont respectés et restent intacts. Mais la masse se dirige vers la Cour de cassation : la chambre du conseil, le cabinet du président, la chambre civile sont encombrés ; les bureaux, les fauteuils sont brisés, renversés ; des dossiers que le peuple croit être relatifs à la politique sont bientôt déchirés et dispersés. Quelques ceintures, quelques robes ont été divisées pour faire des drapeaux ; rien n’a été pillé.
»Des rassemblements se dirigeaient aussi pendant ce temps-là dans les autres salles. A la première chambre de la Cour, le buste de Charles X avait été mutilé sans que la salle reçût aucun dommage. A la Cour d’assises se trouvaient des gendarmes et des soldats de la ligne ; le garçon de salle, Charles Calais, les engagea à poser les armes et à fuir ; il s’avança avec les jeunes soldats de la ligne au-devant des citoyens, en leur disant : Nous avons des armes. On prit les armes, et on se retira sans commettre aucun dommage.
»La sixième chambre, la septième, le cabinet de M. le président de première instance, ont aussi été envahis ; on a dispersé quelques papiers, et partout on a brisé les enseignes royaux.
»La Conciergerie a vu s’ouvrir ses portes ; les prisonniers ont fui ; quelques-uns sont restés en disant : Justice bientôt nous sera rendue !
»C’est pendant ce tumulte qu’on a vu s’avancer au milieu de cette foule impétueuse, un vénérable magistrat, M. de Berny ; ce vertueux citoyen, conservant le plus grand calme, arrête la foule, et lui parle avec énergie au nom de la justice ; ses paroles, son âge, sa toge, sa cécité même imposent à tous, et tous, au milieu des cris de vive la justice ! vivent les lois ! se retirent ! honneur, mille fois honneur à l’honorable M. de Berny ! S’il eut pu savoir une demi-heure plus tôt ce qui se passait, seul il eût fait respecter le Palais de justice. » Le Journal des débats, 2 août 1830. L’attitude de De Berny fit porter sur lui le jugement suivant par R. Chollet dans Balzac journaliste, le tournant de 1830 : « On doit bien une modeste réparation à la mémoire du mari de la Dilecta. Le 28 juillet, le vieux conseiller bafoué, accablé de maux physiques et d’infortunes conjugales, prit, sans trahir aucune de ses convictions, une assez belle revanche sur un destin qu’on ne peut se défendre de trouver pitoyable. Il avait dû traverser les préparatifs de l’émeute, pour se rendre au Palais. Le drapeau tricolore avait été arboré sur Notre-Dame, et le gros bourdon sonnait le tocsin. Ces “appels ardents à l’insurrection, écrit Vaulabelle, avaient lieu à quelques pas du Palais de Justice et des deux préfectures, sous les yeux, pour ainsi dire, des magistrats chargés de la police administrative, judiciaire et politique, et sans que nulle part un seul de leurs agents osât se montrer [Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations, tome X p. 196, N.D.A.]”. » La Gazette des tribunaux, 26 juillet-1er août 1830 ; Le Courrier français, 2 août 1830 ; Le Journal des débats, 2 août 1830 ; Chollet, Balzac journaliste, le tournant de 1830, Paris, Klincksieck, 1983.