Berthelotte, Claude, Clément

Biographie


Né le 23 avril 1803 à Chevannes (Yonne). Troisième clerc de notaire chez Me Florent, 24, rue Saint-Marc. En octobre 1830, il adressait la lettre suivante au président de la Commission des récompenses nationales : « Plusieurs de mes camarades d’insurrection ont appris d’une manière positive que la Commission s’était occupée d’eux ; aucun avis favorable ne m’ayant été donné, je crains que la note qu’il m’a été envoyée le 12 septembre dernier par M. le général Subervie, le commissaire des guerres Baumes et le colonel Mathieu ne se soit égarée. Cependant pour que j’obtienne la décoration qui vient d’être votée par les Chambres, il est essentiel que la Commission sache que j’ai contribué à organiser la résistance dès le 26 juillet, que dans les trois grandes journées j’ai combattu partout où étaient les plus grands dangers, que j’ai rempli plusieurs missions de confiance à l’Hôtel de ville dans la nuit du 29 au 30, auprès des généraux Lafayette, Gérard, Subervie, que j’ai fait non seulement le sacrifice de l’emploi que j’avais au ministère de la Guerre, mais aussi celui de ma vie pour la cause de la liberté, que j’ai sauvé la vie à plusieurs des nôtres et à deux de nos ennemis, auxquels j’avais fait mettre bas les armes. Tous ces faits sont détaillés dans la note du 12 septembre et attestés par des personnes marquantes. Je vous serais bien reconnaissant, mon général, si vous vouliez bien me faire connaître s’il est nécessaire que j’envoie à la Commission de nouvelles attestations. Respect et dévouement. Berthelot. » En décembre 1830, il sollicita dans ces termes la Croix de Juillet : « Ma situation sociale m’ayant mis à même de pourvoir me dispenser d’augmenter le nombre déjà beaucoup trop grand des solliciteurs de place, je n’ai fait jusqu’à présent aucune démarche pour faire connaître à la Commission quelle a été ma conduite pendant les mémorables journées de Juillet ; mais, voyant que les Chambres s’occupent en ce moment d’une loi qui aurait pour objet d’accorder aux citoyens qui se sont distingués pendant ces journées une décoration spéciale, je ne puis résister au désir de faire valoir mes droits à cette récompense honorifique, qui doit être la plus digne d’envie aux yeux de tout bon citoyen. Pour parvenir à me faire comprendre dans la liste des personnes qui seront jugées dignes par vous, messieurs, d’obtenir cette belle décoration, je vais avoir l’honneur de vous exposer le plus succinctement possible comment j’ai employé mon temps pendant les grandes journées, sauf à vous donner de plus longs détails si vous jugez à propos de m’entendre verbalement. Le mardi soir, ayant le cœur encore navré de la douleur que m’avaient causée les infâmes ordonnances du dimanche, je sortis avec un de mes amis, M. Beaufrère (voir Beaufrère, Narcisse), pour observer l’effet qu’elles produisaient sur le peuple. Arrivés à la place de la Bourse, nous vîmes un grand rassemblement, que des gendarmes cherchaient à dissiper par des brutalités et en frappant à coups de sabre toutes les personnes qui se trouvaient sur leur passage ; exaspérés à la vue d’une conduite aussi infâme envers d’honnêtes citoyens justement indignés, nous excitâmes les personnes qui se trouvaient là à se venger et nous nous joignîmes à elles pour chasser ces misérables gendarmes et incendier leur corps de garde. A minuit, nous apprîmes, mon ami et moi, que le gérant du Journal des Salons faisait imprimer secrètement des avis et des proclamations ; nous fûmes chez lui et nous prîmes un grand nombre de ces avis et proclamations, que nous distribuâmes et affichâmes le mercredi matin dans les principaux quartiers de Paris. A 6 heures du matin, nous allâmes de nouveau chez le gérant du même journal et au journal Le Temps pour prendre les journaux et les nouveaux avis qui s’y trouvaient, et nous les distribuâmes, affichâmes et lûmes dans les quartiers les plus populeux de Paris, en engageant toutes les personnes qui pourraient se procurer des armes à se rendre ensuite sur la place des Petits-Pères. A 11 heures ou midi, nous nous armâmes nous-mêmes pour nous joindre aux personnes qui étaient déjà réunies sur la place des Petits-Pères et sur la place des Victoires. Là nous nous mîmes en [ordre de ] bataille et nous fûmes rue Saint-Honoré, rue de l’Arbre-Sec, quai de l’Ecole. Enfin, à 3 heures, j’étais rue des Prouvaires où mon ami reçut à côté de moi deux blessures assez graves pour le mettre hors de combat ; je le ramenai rue de la Lune, n° 41, chez M. Surgis. Après lui avoir fait donner tous les soins que sa position demandait, je manifestai l’intention de repartir me battre, mais toutes les personnes qui se trouvaient dans la maison s’y opposèrent et pour m’ôter la facilité de sortir, fermèrent à clef la porte de la maison, et ce n’est qu’en sautant par la fenêtre de ma chambre que je parvins à m’échapper pour retourner faire le coup de fusil. Le jeudi 29, craignant que beaucoup des nobles défenseurs de la liberté ne manquassent encore, comme la veille, d’armes et de munitions, je me réunis à un de mes amis pour faire à la main des affiches que nous placardâmes dans les quartiers de la Bourse, Montmartre, Poissonnière, Saint-Denis, et Saint-Martin, pour inviter les personnes qui avaient des armes et des munitions qui leur fussent inutiles à les porter à l’instant même aux divers postes occupés par les gardes nationaux, afin qu’on les distribuât à des personnes qui n’en avaient pas beaucoup. |De nombreux Parisiens se sont rendus avec empressement à cette invitation. A 9 heures j’appris que le général Lafayette allait se rendre à la Bourse où se réunissait une foule de personnes armées ; je fus me joindre à elles et à 11 heures nous partîmes ayant à notre tête M. Georges Lafayette et plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique, qui nous conduisirent à l’Hôtel de ville, où nous restâmes jusqu’à midi ; ensuite, on nous rangea en bataille et nous marchâmes sur le Louvre, qui était déjà à peu près rendu lorsque nous y arrivâmes. De là, je fus au Palais-Royal, où je me battis jusqu’à 4 heures du soir, heure à laquelle nous nous étions rendus maîtres du Palais-Royal et de toutes les maisons environnant la place du Palais-Royal, dans lesquelles s’étaient postés beaucoup de Suisses et de gardes royaux. Le vendredi matin, je fus à la Bourse où on se réunissait, disait-on, pour marcher sur Saint-Cloud. A 10 heures on nous divisa en compagnie et on nous conduisit aux Tuileries, où on devait nous distribuer des cartouches. Lorsque nous fûmes arrivés aux Tuileries, on nous dit que nous n’irions pas à Saint-Cloud quant à présent parce qu’on pensait qu’il valait mieux attendre là l’ennemi. Je faisais partie de la 2e compagnie, commandée par un élève de l’Ecole polytechnique et qui était postée sous l’horloge en face la grande allée du jardin. Je restai là jusqu’au samedi soir, sans pouvoir donner de mes nouvelles chez moi. » Sa demande fut apostillée par le notaire qui l’employait et qui témoigna que « le courage, la loyauté et la belle conduite pendant les glorieuses journées de Juillet » de son clerc lui étaient particulièrement connus ; par Narcisse Beaufrère, son ami, comme « témoin oculaire de la bravoure et de la noble conduite » qu’il avait tenues. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’ancien IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il demeurait 41, rue de la Lune chez Surgis en 1830 ; 19, passage de l’Opéra en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Berthelotte, Claude, Clément) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Berthelotte, Claude, Clément) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 (sous le nom de Berthelot, Claude, Clément) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 (sous le nom de Berthelot, Claude, Anastase, Clément) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Berthelotte, Claude, Clément). Lidentité réelle est sans doute Berthelot, Claude, Clément, Athanase)

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