Bertin, Louis, Charlemagne
Biographie
Né le 19 frimaire an VI à Compiègne (Oise), fils de Bertin, Louis, François, maçon en plâtre, et de Charpentier, Louise son épouse. Menuisier, parqueteur. Il reçut un coup de feu qui lui fracassa l’avant-bras, le 29 juillet 1830 dans l’attaque de la caserne de Babylone. Il décéda des suites de sa blessure, le 23 août suivant à l’hôpital Necker. Il avait reçu des secours de cent francs en août 1830, de trente francs en septembre, et sa compagne un autre de cent vingt francs sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 25 août 1830, devant Me Lemaire, notaire à Paris, comparurent : Miette, Jean, Henry, menuisier, demeurant 8, rue de Paillasson à Vaugirard ; Richer, Urbain, cordonnier, demeurant 12, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou, pour attester que c’était à tort et par erreur si dans toute pièce ou titre Bertin, Louis, Charlemagne était nommé Bertin, Charles ou Bertin, Louis. Le 4 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Audriconce, Guillaume (ou Auvriconce, Guillaume), cordonnier, demeurant 14, rue des Grands-Degrés à la place Maubert ; Gaillard, Louis, Ange, menuisier, demeurant 9, rue de l’Egout-Saint-Germain ; Tissier, Louis, Etienne, menuisier, demeurant 74, rue de Sèvres. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété publique et sous la foi du serment qu’il est à leur connaissance personnelle que le nommé Louis, Charlemagne Bertin, parqueteur, demeurant à Paris, avenue de Ségur, a reçu un coup de feu dans le bras à la prise de la caserne de Babylone, en combattant le 29 juillet 1830 et est mort à l’hospice Necker le 23 août 1830 des suites de ses blessures ». Il vivait, depuis cinq années, maritalement avec sa concubine, Torchet, Léocadie, Eléonore, née le 7 mai 1807 (mais le 4 mai 1897 in Archives nationales F/9/1157 ; mais bien le 7 mai 1807 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris et avait eu avec elle deux enfants (peut-être trois, selon deux certificats signés de Dubois, propriétaire de la maison qu’elle habitait 16, avenue de Ségur) : Louise, Adrienne, Eléonore, née le 26 avril 1827 à Paris, et Ambroise, Auguste, Charles, né le 19 avril 1829 aussi à Paris. Un rapport de police indiquait au sujet de cette concubine : « La demoiselle Torchet occupe depuis nombre d’années déjà un petit logement de cent trente francs, rue de Sèvres, 70. Les renseignements recueillis sont en général favorables à sa moralité et sa bonne conduite. On assure n’avoir qu’à se louer d’elle sous ces rapports. Elle travaille habituellement à faire des gants ; c’est avec bien de la peine et une grande économie que cette occupation, qui ne lui assure qu’un gain modique, peut suffire à ses besoins et à ceux de deux enfants en bas âge, fruits de ses liaisons avec Bertin. C’était bien depuis cinq ans que duraient ses intimités avec le défunt. » Le 26 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Lechartier, Louis, Jean-Baptiste, menuisier, demeurant 7, rue de l’Abbaye ; Bienvenu, Armand, Daniel, marchand épicier, demeurant 1, rue du Petit-Vaugirard ; Legrand, Alexandre, marchand de vin, demeurant 68, rue de Sèvres. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété publique et sous la foi du serment qu’il est à leur connaissance personnelle que le nommé Charlemagne, Louis Bertin […] a été blessé le 29 juillet 1830 en combattant à la prise de Babylone et est mort le 22 août 1830 des suites de ses blessures à l’hospice Necker ». Mais Bertin avait aussi une femme légitime et un enfant, restés à Compiègne : Lecureur, Victoire, née à Compiègne le 3 vendémiaire an V (4 septembre 1796) (par erreur le 4 vendémiaire an V in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) (elle-même fille de Lecureur, Thomas, Joseph, cordonnier, et de Sorel, Marie, Barbe, son épouse), qu’il avait épousée le 1er décembre 1815 à Compiègne ; son fils, Bertin, Louis, Paul, né à Compiègne le 1er décembre 1817. Un adjoint au maire de la ville de Compiègne lui délivra, le 19 août 1830, un certificat comme quoi elle était indigente et désirait se rendre à Paris « chez la dame veuve Panéro, marchande de papiers de tenture, demeurant place Saint-Germain-l’Auxerrois n° 43 bis, pour être à portée de soigner son mari blessé d’un coup de feu dans les journées des 27, 28 et 29 juillet ». Elle retourna ou ne partit sans doute pas avant le 16 septembre, selon un certificat identique délivré par la mairie de Compiègne, laissant son fils à sa sœur, et pour « terminer des affaires nécessitées par le décès de son mari ». Ce fut sa femme légitime, indigente, qui fut pensionnée de cinq cents francs comme veuve de combattant tué, et son fils qui fut, comme orphelin, pris en charge par l’Etat. Les deux reçurent aussi de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il fut cependant accordé à sa concubine et à ses enfants un secours de deux mille francs auprès de la mairie du Xe arrondissement (quatre cent vingt-sept francs et soixante centimes et quatre-vingt-trois francs et vingt-deux centimes apparaissent dans Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement). Ses deux enfants qu’il avait eus avec sa concubine reçurent cependant, à titre de cas exceptionnel, de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille de Louis, Paul était composé de la mère (Lecureur, Victoire) et de Leconte, François, Michel, cordonnier, subrogé-tuteur, demeurant 49, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831. Louis, Paul fut placé à l’école des arts de Charonne, pour un prix de pension de six cent cinquante francs par an, et reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1831. Vers 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Louis, Paul qu’il était d’un caractère doux et ajoutait : « Peu de progrès en lecture et en langue française. Cet enfant vient d’entrer depuis quelque temps à l’atelier de menuiserie ; il ira. » Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. Louis, Paul fut l’un des orphelins choisis. En 1834, la veuve Bertin était devenue femme Lafond, François, cordonnier, demeurant 51, rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Le nom de Bertin, Louis, Paul est sur une liste d’orphelins (trois devaient être choisis, en plus de trois décorés, pour chacun des quatorze arrondissements) qui désiraient participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. Louis, Paul était alors caporal au 18e de ligne, caserné à Babylone. Bertin demeurait à Compiègne en 1817 ; Bertin et sa concubine avaient habité d’octobre 1828 à octobre 1829, 44, rue des Vieilles-Tuileries ; 16, avenue de Ségur en 1830 ; sa concubine, 70, rue de Sèvres (mais 15, avenue de Ségur et 13, avenue de Ségur in Archives nationales F/1dIII/38 B) en 1831 ; sa veuve, Lecureur, Victoire, 51, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831-1834 ; 44, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1835 ; 27, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1840. Le nom de Bertin (L.-C. Bertin) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 13 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 12 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins, liste des cas exceptionnels d’orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108-109 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 12, 85 pour la veuve ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, feuille volante, VD6 559 n° 1, Etat nominatif des orphelins dont les bulletins individuels ont été remis le 16 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du Xe arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet domiciliés dans cet arrondissement, Etat des titres de pension qui ont été envoyés à la mairie du [ancien] Xe arrondissement, comme appartenant à des orphelins de Juillet qui y ont été domiciliés, idem dossiers individuels, idem Etat de la remise opérée entre les mains de M. Pairou, secrétaire-trésorier du bureau de bienfaisance, des fonds, des titres de pension et de rente appartenant aux orphelins de Juillet sous la tutelle de la commission municipale du (ancien) Xe arrondissement, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-39 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, souscription de 1830, instructions préfectorales, bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement, état nominatif des orphelins et orphelines de Juillet du (ancien) Xe arrondissement existant au 1er janvier 1833 ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36 Veuves décompte du 8 octobre 1830 au 1er septembre 1831, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (cité deux fois) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) Xe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831, et orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831, et état des orphelins du Xe arrondissement, qui, aux termes de l’article 9 de l’ordonnance royale du 25 août 1831, ont droit à l’indemnité de trois cents francs pour acquisition de trousseau de 300 francs ; année 1833, Xe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés) ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Bertin, Louis, Charles) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves, orphelins et cas exceptionnels d’orphelins ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Xe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80 (sous le nom de Bertin, Louis, Charles), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.