Bertrand, Etienne, Ferdinand

Biographie


Né le 20 juin 1800 à Mende (Lozère), fils de Bertrand, François, juge au tribunal civil de la Lozère, et de Charpal, Louise, Anne, Thérèse, Laurence son épouse. Frère d’Eugène, tué pendant les combats de Juillet, il rédigea la lettre suivante, adressée à la Commission des récompenses nationales, pour réclamer la décoration de Juillet et l’appui du ministère afin d’obtenir de l’avancement dans sa carrière de magistrat : « Ferdinand Bertrand, juge au tribunal civil de Mende […] eut le malheur de perdre le seul frère qu’il eut […]. Le pétitionnaire n’a cessé d’être ardemment attaché [à la liberté], ce qui lui avait valu l’animadversion des autorités du gouvernement parjure : aux élections de juin, il porta tout son zèle et son indépendance pour faire nommer un candidat constitutionnel. Lors de l’apparition [sic, N.D.A.] des ordonnances, il protesta publiquement contre de pareilles mesures comme attentatoires à la Charte. Le 2 août, il fut à la tête du mouvement qui eut lieu pour faire arborer le drapeau national, ce qui n’était pas sans danger à cent cinquante lieues de Paris, alors surtout qu’on ne connaissait pas le résultat des événements. Le même jour, il fut nommé membre de la Commission départementale établie à Mende par une délibération du conseil municipal, et, le 16 août, par délibération du même conseil, il fut encore nommé l’un des cinq députés envoyés pour présenter les hommages de la ville de Mende à SM Louis-Philippe, roi des Français. C’est à ces titres et par ces considérations que le pétitionnaire vient vous demander, messieurs, de le porter sur la liste que vous devez dresser des personnes qui doivent avoir la décoration spéciale, accordée à tous les citoyens qui se sont distingués ans les journées de Juillet, suivant l’article 10 de la loi du 2 décembre et l’article 14 qui permet d’étendre ses dispositions aux communes qui auront fait de la résistance aux ordres du gouvernement déchu. La commission trouvera par cette faveur le moyen de récompenser le patriotisme désintéressé d’un citoyen qui n’a cessé d’avoir devise Liberté, Ordre public, et de procurer un léger adoucissement à la perte d’un frère sage, laborieux et trop justement regretté. […] Dans le courant de septembre dernier, le pétitionnaire avait eu l’honneur d’adresser à la Commission une demande dans laquelle les faits avancés dans la présente étaient justifiés par des signatures. Il vous demandait et il vous demande encore, sa position de fortune lui faisant un devoir de ne rien demander pour sa malheureuse mère âgée, de vouloir le recommander particulièrement à monsieur le garde des sceaux pour avoir son avancement dans la carrière de ses pères, si toutefois les notes qui seront fournies par M. le premier président ou M. le procureur général le permettent […]. » Son père était aussi magistrat, peut-être même aussi président du tribunal civil de Mende. Archives nationales F/1dIII/44.

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