Bertrand, Eugène

Biographie


Né vers 1801 à Mende (Lozère), fils de Bertrand, François, juge au tribunal civil de la Lozère, et de Charpal, Louise, Anne, Thérèse, Laurence son épouse. Etudiant en deuxième année de Droit. Il fut tué, le 29 juillet dans l’attaque de la caserne des Suisses, rue de Babylone. Il fut inhumé, le 3 août, au cimetière du Montparnasse. (In Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, il est indiqué comme laissant un enfant). Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Son frère, Bertrand, Etienne, Ferdinand, né la veille du 1er messidor an VIII à Mende, adressa, le 26 février 1831, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Le soussigné, Ferdinand Bertrand, juge au tribunal civil de Mende (Lozère), fils de feu M. François Bertrand, président au même tribunal, et de Louise, Anne, Thérèse, Laurans de Charpal, a l’honneur de vous exposer que, dans les immortelles journées de Juillet, il eut le malheur de perdre le seul frère qu’il eut, Eugène Bertrand, étudiant en droit de deuxième année. La douleur occasionnée par cette grande perte, vivement sentie dans sa famille, ne peut trouver un peu de soulagement qu’en pensant qu’il est mort martyr de la liberté, à laquelle le pétitionnaire n’a cessé d’être ardemment attaché, ce qui lui avait valu l’animadversion des autorités du gouvernement parjure. Aux élections de juin, il porta tout son zèle et son indépendance pour faire nommer un candidat constitutionnel. Lors de l’apparition des ordonnances, il protesta publiquement contre de pareilles mesures comme attentatoires à la charte. Le 2 août, il fut utile au mouvement qui eut lieu pour faire arborer le drapeau national, ce qui n’était pas sans danger, à cent cinquante lieues de Paris, alors surtout qu’on ne connaissait pas le résultat des événements. Le même jour il fut nommé membre de la commission départementale établie à Mende par une délibération du conseil municipal et le 16 août par délibération du même conseil il fut encore nommé l’un des cinq députés extraordinaires envoyés pour présenter les hommages de la ville de Mende à Sa Majesté Louis-Philippe, roi des Français. C’est à ces titres et par ces considérations que le pétitionnaire vient vous demander, messieurs, de le porter sur la liste que vous devez dresser des personnes qui doivent avoir la décoration spéciale, accordée à tous les citoyens qui se sont distingués ans les journées de Juillet, suivant l’article 10 de la loi du 2 décembre et l’article 14 qui permet d’étendre ses dispositions aux communes qui auront fait de la résistance aux ordres du gouvernement déchu. La commission trouvera par cette faveur le moyen de récompenser le patriotisme désintéressé d’un citoyen qui n’a cessé d’avoir devise Liberté, Ordre public, et de procurer un léger adoucissement à la perte d’un frère sage, laborieux et trop justement regretté. […] Dans le courant de septembre dernier, le pétitionnaire avait eu l’honneur d’adresser à la Commission une demande dans laquelle les faits avancés dans la présente étaient justifiés par des signatures. Il vous demandait et il vous demande encore, sa position de fortune lui faisant un devoir de ne rien demander pour sa malheureuse mère âgée, de vouloir le recommander particulièrement à monsieur le garde des sceaux pour avoir son avancement dans la carrière de ses pères, si toutefois les notes qui seront fournies par M. le premier président ou M. le procureur général le permettent […]. » Le 24 juillet 1840, les restes de Bertrand furent exhumés du terrain situé au cimetière du Montparnasse, où ils avaient été placés, puis ces restes furent renfermés dans un cercueil avec douze autres, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Pourtant dans une autre version du commissaire de police, il était précisé que le corps de Bertrand avait été trouvé devant la caserne de Babylone après les combats. Dépourvu de linceul et de bière, ce corps avait été transporté au cimetière du Montparnasse avec sept autres, pour y être inhumé dans la fosse commune. Plus tard, quatre corps étaient restés inconnus mais le sien, dont les vêtements qu’il portait avait permis son identification, fut reconnu par la famille ou les amis. En 1839, au moment où dans tous les quartiers de Paris étaient faites des recherches pour exhumer toutes les victimes des combats de Juillet et les déposer dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques, le commissaire de police expliquait que la fosse commune venait d’être relevée depuis quinze ou dix-huit mois et que tout espoir de retrouver les ossements étaient perdu. Il était le frère d’Etienne, Ferdinand. Le nom de Bertrand (E. Bertrand) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Il demeurait 20, rue de l’Odéon en 1830. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 12 août 1830 ; Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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