Bertrand, Joseph
Biographie
Né vers 1806 (ou 1798 in Archives de la préfecture de police AA 372) à Biencour (Meuse), fils de Bertrand, Jean-Baptiste (voir Bertrand, Pierre, Jean-Baptiste), ex-caporal au 87e régiment (le père était arrivé à New York, le 6 prairial an III, venant de Charlestown et déclara au consulat de New York « être du môle Saint-Nicolas avec cinquante de ses camarades à l’effet de se rendre au continent de l’Amérique dans le courant de juillet 1793, que dans la route ils ont été arrêtés et conduits à la Nouvelle-Providence [île anglaise] dont ledit Bertrand s’est sauvé et s’est rendu audit lieu de Charlestown). Journalier (mais scieur de long in Archives de la préfecture de police AA 372). Il fut contusionné à l’épaule droite, le 29 juillet. Il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours, le 12 août, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, équivalent à quinze jours de solde, pour avoir fait un service continu. Il reçut un secours de quarante francs, le 5 novembre 1830, un secours de dix francs, le 26 novembre 1830, un secours de soixante francs, le 3 décembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut à la fois dans les (anciens) IXe et XIe, selon un récapitulatif de la mairie. Il adressa, le 3 septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Bertrand, Joseph, âgé de trente-trois ans, né à Biencour (Meuse), entré au service en 1812, caporal au 17e régiment d’infanterie légère, congédié en 1820, a l’honneur de vous exposer que s’étant toujours conduit avec honneur tant dans le civil que comme militaire, ainsi que l’atteste le certificat ci-joint, c’est pour quoi il eut l’honneur de vous adresser le 21 août une demande pour être admis en qualité d’employé dans l’octroi de la Ville de Paris. M’étant présenté chez M. le comte d’Autiffret qui m’a répondu qu’il n’avait le droit de m’admettre que jusqu’à trente ans et M. le préfet jusqu’à trente-cinq. C’est pour quoi, je vous supplie, monsieur, de m’accorder cet emploi, étant père de famille. J’ai l’honneur, etc. » Sa lettre était ainsi apostillée par Royer-Collard, professeur à la faculté de droit : « Le soussigné, commissaire délégué par M. le maire au (ancien) XIe arrondissement pour les secours provisoires à distribuer aux blessés et à leurs familles, atteste qu’il s’est assuré des titres que présente le pétitionnaire aux faveurs du gouvernement. Il s’est très bien conduit aux journées des 28 et 29 juillet. Son père est âgé de soixante-six ans, a été aussi au feu et a été blessé assez grièvement (voir Bertrand, Pierre, Jean-Baptiste). Cette famille mérite beaucoup d’intérêt. » Il joignait le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Bertrand, Joseph, ex-caporal au 17e régiment d’infanterie de ligne, s’est comporté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet et du 4 août, d’une manière à mériter l’estime de tous ses concitoyens. Partout il a montré le même courage, partout il n’a cessé d’exposer sa vie, sur le boulevard Saint-Denis, rue Saint-Martin, Planche-Mibray, soit à former des barricades, à la caserne de Babylone, au Louvre, soit enfin à Rambouillet. Ce brave, non content d’exposer ses jours pour la cause sacrée de la liberté, l’exposa de nouveau contre une multitude exaspérée, formant le projet de renverser la statue de Henri IV. Ce n’est qu’après que la cause nationale eut triomphé que ce brave citoyen se rendit, tout harassé de fatigue, et dans l’impossibilité de reprendre le cours de ses travaux pendant plusieurs jours, auprès de sa femme et de son père, dont il est le soutien. » Signé : Dury, propriétaire, demeurant 20, rue de la Parcheminerie ; Favrotte, propriétaire, demeurant 16, rue de la Parcheminerie ; Gauthier, propriétaire, demeurant 10, rue de la Parcheminerie ; Chalot, propriétaire, demeurant 3, rue de la Parcheminerie ; Girardin, propriétaire, demeurant 2, rue de la Parcheminerie ; Lhotellier, demeurant 83, rue de la Harpe ; Glaise, demeurant 10, rue du Bout-de-Baye. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. On trouve, sur les listes de la mairie, l’apostille suivante en face de son nom : « Renseignements défavorables. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité de cent vingt francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, sollicitant la décoration de Juillet et une indemnité. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus. Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait l’observation suivante : « Aucune trace. » Il était porteur d’une lettre de M. Betou, commissaire à la Commission des récompenses nationales, datée du 12 octobre, ainsi rédigée : « D’après la conduite honorable et courageuse qu’a tenue le sieur Bertrand, Joseph dans les derniers événements, il est digne du plus grand intérêt. Il a dix ans de service au 17e régiment de ligne en qualité de caporal. Il a été blessé à la caserne de Babylone. Je le recommande d’une manière toute spéciale pour obtenir un grade dans la garde municipale, où il a déjà été reçu. » Le certificat suivant lui avait été délivré par Demand ou Demanch illisible, capitaine de la 3e compagnie du 2e bataillon de la XIe légion : « Je certifie que le sieur Bertrand, Joseph, a, dès les événements de juillet dernier fait partie de la garde nationale de Paris, qu’il était inscrit sur le contrôle de ma compagnie et qu’il y a fait son service avec exactitude jusqu’à son admission dans le corps de la garde municipale de Paris. » Il était marié et sans enfant en 1830. En octobre 1831, détenu à la prison de Sainte-Pélagie pour voies de fait, il donna pouvoir à son père, Bertrand, Jean-Baptiste, (voir Bertrand, Pierre, Jean-Baptiste,) domicilié 19, rue de la Parcheminerie, pour toucher en son nom toute somme lui revenant comme blessé de Juillet. Il demeurait 3, rue de la Parcheminerie en 1830. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 52 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VK3 19 ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe, idem Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 372.