Bertrand, Nicolas, Baptiste
Biographie
Né à Compiègne. Homme de peine. Il aida, le 28 juillet 1830, à dépaver le faubourg Saint-Martin puis s’arma pour partir à la Grève. Son frère l’accompagna jusqu’à la porte Saint-Denis. Guéry combattit avec lui sur la Grève. Puis on n’eut plus aucune nouvelle de lui. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Bertrand, Jean, Gabriel, né vers 1794, bijoutier en acier, demeurant 133, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Guéry, Jean-Baptiste, Constant (voir ce nom), bimbelotier, demeurant 36, rue de Montmorency ; Boyenval, Jean-François, né vers 1788, menuisier, demeurant 11, rue de la Tâcherie. Ils affirmèrent « qu’ils ont bien connu Baptiste Bertrand, natif de Compiègne, frère de l’un des comparants […], qu’il est aussi à leur connaissance que ledit Baptiste Bertrand a combattu pour la cause de la liberté à Paris le 28 juillet 1830, que l’un des comparants, notamment le sieur Guéry en a la certitude, ayant combattu lui-même ledit jour avec ledit Bertrand sur la place de Grève ; que les deux autres comparants l’avaient vu, le matin, armé, et l’avaient entendu annoncer sa résolution de s’associer aux défenseurs de la cause nationale, qu’ils ont la conviction que ledit Baptiste Bertrand a péri, victime de son dévouement ». Le tribunal, en date du 1er juillet 1831, rejeta la demande aux fins de déclarer le décès, et le maire de son arrondissement apostillait ainsi le dossier : « Ayant d’ailleurs des raisons de penser que Bertrand n’est pas mort et qu’il vient voir clandestinement sa famille, je ne conteste pas le rejet. » Bertrand était veuf depuis quelques mois de Leclerc, Rose, Angélique, et avait deux enfants : Denise, Octavie, Catherine, née à Paris le 6 mars 1825, et Charles, François, né à Paris le 30 juillet 1826. Ses deux enfants furent recueillis par la femme Hourie, née le 22 février 1771 à Coines (Aisne), inscrite au bureau de charité depuis le 3 avril 1829, et qui demeurait 84, rue du Faubourg-Saint-Martin. Les deux enfants furent considérés d’abord considéré comme orphelins et avaient reçu chacun deux cent trente-sept francs et cinquante centimes auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement et un secours de deux fois cinq francs, le 3 août 1830, un secours de vingt-cinq francs, le 3 septembre 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, avant que la demande de déclaration de décès fut rejetée par le tribunal. Bertrand demeurait 133, rue du Faubourg-Saint-Denis. Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Desportes, Léon, Sever.