Bessas-Lamegie, Auguste
Biographie
Né le 19 janvier 1796 à Paris. Avocat. Membre de la Commission des récompenses nationales, adjoint au maire du (ancien) Xe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il reçut sa croix le 20 juin et son brevet le 29 août 1831. Son nom est, comme décoré de la Croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. A l’occasion d’une demande de décoration de la Légion d’honneur en faveur, de Bessas-Lamegie la mairie du (ancien) Xe arrondissement donnait, le 31 janvier 1831, sur son compte les informations suivantes : « Auguste Bessas-Lamegie, avocat, demeurant à Paris, rue du Bac, n° 33, adjoint au maire du (ancien) Xe arrondissement. Dès 1824, fit partie avec MM. Odilon-Barrot, Cadet-Gassicourt, etc., d’un comité consultatif gratuit, qui, réuni quai Pelletier, se chargea d’indiquer aux électeurs toutes les démarches qu’ils avaient à faire et de résoudre toutes les questions électorales. En 1827, désigné avec MM. Barthe et Lamy comme commissaire du (ancien) Xe arrondissement pour s’occuper spécialement des élections, obtint par ses démarches la statistique exacte de l’opinion des électeurs ; et, par les renseignements qu’il prit tant à la direction des contributions qu’à la préfecture de la Seine, où il consulta tous les dossiers, il reconnut la présence d’une grande quantité de faux électeurs et, par suite d’une réclamation adressée au préfet, en fit rayer quatre-vingts, indûment inscrits sur les listes. Cette élimination, due uniquement à ses soins, contribua efficacement au succès de l’élection dans le (ancien) Xe arrondissement. Depuis cette époque, il n’a cessé de s’occuper très activement des diverses élections qui ont eu lieu. Tous les comités relatifs à cet objet ont été constamment tenus chez lui. Aux élections des 221, il reçut des électeurs un témoignage de leur estime ; il fut porté par eux aux bureaux définitifs et proclamé secrétaire. Le 26 juillet dernier, lendemain du jour où parurent les ordonnances, il engagea six électeurs du (ancien) Xe arrondissement à se rendre avec lui au bureau du National, où se trouvèrent également des électeurs de tous les arrondissements ; là, le 26 et le 27, il prit une part active à toutes les délibérations dont le but principal était de résister aux ordonnances et d’organiser l’insurrection dans chaque arrondissement ; l’exécution de cette mesure dans tout Paris produisit d’immenses résultats. Le mardi 27, il fit également partie du comité tenu chez M. Taschereau (voir Taschereau, Jules, Antoine), où l’on adopta des mesures de résistance et où l’on arrêta l’organisation d’une presse clandestine. Le mercredi 28, dans la réunion de trente citoyens convoqués rue de Beaune, présidée par M. Chardel (voir Chardel, Pierre, Célestin ?), il remplit les fonctions de secrétaire et insista sur la nécessité d’adopter des mesures énergiques et d’appeler aux armes la garde nationale. Immédiatement après, il s’empressa de parcourir l’arrondissement, de faire exécuter ce qui avait été arrêté et s’occupa de l’organisation des moyens de défense. Le 29, il prit les armes et fit partie des tirailleurs placés le long des quais. Le 30 au matin, il prit possession, par suite d’un arrêté de la Commission municipale, de la municipalité du (ancien) Xe arrondissement, en qualité d’adjoint et remplit ces fonctions avec le zèle et l’énergie que commandaient les circonstances. Il a été chargé, conjointement avec M. Carnot, de recueillir les faits mémorables qui se sont passés dans le (ancien) Xe arrondissement. Il s’est acquitté de cette tâche avec toute la persévérance et le zèle éclairé et consciencieux qu’une pareille mission exigeait. Depuis plusieurs années, il est membre du conseil d’administration de la Société pour l’instruction élémentaire et a puissamment contribué à répandre l’instruction parmi le peuple. » Le maire du (ancien) Xe arrondissement appuya la demande, ainsi que celle de Brian, Symphorien, Charles (voir ce nom), son premier adjoint, en donnant les renseignements suivants : « […] M. Brian, premier adjoint de la (ancienne) Xe mairie et M. Bessas-Lamegie, 2e adjoint, étaient longtemps avant la révolution de Juillet, dans ce système d’opposition éclairée et consciencieuse dont vous étiez un des plus fermes soutiens. A l’apparition des ordonnances, tous les deux ont, par leur influence populaire, par leur intervention active et courageuse, coopéré à la victoire comme au rétablissement de l’ordre. C’est en reconnaissance de leur honorable et si utile concours que la Commission municipale, au 31 juillet, les a installés à la Xe mairie, comme adjoints au maire de l’arrondissement. Depuis ils ont, l’un et l’autre, par le zèle le plus persévérant, par leurs lumières, par leur patriotisme, facilité la marche du nouveau gouvernement et contribué à consolider [la] révolution […] Ils ont, l’un et l’autre, […] secondé l’administration nouvelle, en rétablissant et maintenant l’ordre dans les quartiers confiés à leurs soins, en y activant l’organisation de la garde nationale, en modérant la fougue et les passions des partis. C’est ainsi qu’ils ont contribué à faciliter l’établissement et la marche du nouveau gouvernement et à consolider la révolution de Juillet […]. » Il fut nommé chevalier A de la Légion d’honneur le 1er mai 1831. En lui faisant connaître qu’il avait été nommé chevalier, Casimir Perier, alors président du Conseil, ajoutait les mots suivants : « […] Quant à moi, monsieur, ancien député de Paris, témoin pendant tant d’années de vos patriotiques efforts pour le succès de la cause nationale, je suis heureux que le poste où la confiance du roi m’a placé m’ait fourni l’occasion de lui signaler vos titres à sa bienveillance […] » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En décembre 1834, il fut nommé maire du (ancien) Xe arrondissement. En mai 1850, il sollicita la promotion d’officier de la Légion d’honneur, en donnant les larges indications biographiques suivantes : « […] Je dirai que pendant les quatre premières années [de ma nomination N.D.A.], je m’occupais avec d’autant plus de zèle de mes fonctions que M. Desgenettes, alors maire, étant fort âgé, s’en occupait fort peu. Au mois de décembre 1834, par suite de l’exécution de la loi municipale dans le département de la Seine, je fus présenté, à une très grande majorité, par les électeurs, en tête de la liste, et je fus nommé maire du (ancien) Xe arrondissement et maintenu dans cette honorable fonction jusqu’au mois de décembre 1843, époque à laquelle j’obtins la presque unanimité des suffrages, témoignage d’autant plus flatteur que le (ancien) Xe arrondissement était alors, comme aujourd’hui, composé d’éléments bien divers. Mais M. Duchatel, alors ministre de l’Intérieur, soit pour faire acte d’opposition et d’hostilité envers ma famille (madame Bessas-Lamegie est la sœur du vice-président de la république) soit parce que mon influence était trop grande à ses yeux et qu’elle ne lui paraissait pas complétement acquise, M. Duchatel dis-je, refusa de ratifier le vœu des électeurs, foulant ainsi aux pieds tous les droits de la justice et froissant sans motif un sentiment public si nettement exprimé. M. Duchatel agit à mon égard comme il avait agi précédemment envers M. Berger, alors maire du (ancien) IIe arrondissement, quoique je ne fusse pas un homme politique ; il écarta mon nom de la liste et arrêta qu’il nommerait à ma place M. Thieriet, beau-père de M. Saint-Marc Girardin, alors député, dont le dévouement au ministre était sans borne. Cependant, comme au fond de sa conscience, il savait pertinemment que cette mesure était souverainement inique et comme il craignait que l’opinion publique n’en fût émue, il voulut acheter mon silence en me faisant proposer par le préfet de la Seine soit une place officielle dans les inspections de chemins de fer soit la croix d’officier de la Légion d’honneur. Le moment était mal choisi pour écouter une pareille proposition ; je refusai, en réclamant toutefois le seul acte de justice à ma convenance, c’est-à-dire ma nomination de maire. Le ministre voyant cette tentative infructueuse, me fit appeler près de lui et me fit proposer par M. Mallat, son chef de cabinet, une place dans les Finances. Je le remerciai et je repoussai une pareille proposition, à laquelle ma conscience se refusait. J’insistai de nouveau sur les droits que j’avais acquis, par de longs et honorables services, à ma confirmation dans les fonctions de maire. Le ministre, voyant ses efforts inutiles, fit paraître, le lendemain, dans le Moniteur, l’ordonnance royale qui nommait à ma place M. Thieriel, maire du (ancien) Xe arrondissement. Au surplus, le Constitutionnel du 25 décembre 1843 et le Siècle, qui était à cette époque un journal sérieux et estimé, firent paraître des articles de fond, qui blâmaient énergiquement la conduite injuste du ministre à mon égard. La Chambre elle-même, qui venait d’être convoquée, s’émut de voir frapper sans motifs l’un des principaux magistrats de la capitale. Il n’est pas inutile de dire que M. de Rambuteau, alors préfet de la Seine et qui mieux que personne était placé pour apprécier les services et le dévouement des maires du département de la Seine, m’avait présenté quatre fois, et le seul parmi tous les maires, pour être nommé officier de la Légion d’honneur. Mais, chaque fois, M. Duchatel trouva le moyen de ne pas faire droit à cette proposition. M. de Rambuteau reconnut lui-même combien était inique la mesure prise par M. Duchatel en décembre 1843, car, peu après cette époque, il me proposa une cinquième fois, quoique je ne fusse plus maire, pour la croix d’officier. Quoiqu’impuissante, cette proposition était évidemment une protestation contre l’acte inique de M. Duchatel. Tels sont, monsieur le ministre, les faits qui doivent motiver la réparation d’une odieuse injustice et la reconnaissance du gouvernement pour un fonctionnaire qui, dans le (ancien) Xe arrondissement, l’un des plus importants de la capitale, croit avoir accompli pendant treize années des fonctions importantes et gratuites avec zèle, intelligence et dévouement et qui ne craint pas d’ajouter qu’il a laissé dans cet arrondissement des souvenirs honorables et des regrets sincères. P.S. En février 1844, j’ai été nommé par les actionnaires à l’unanimité directeur de la Compagnie des chemins de fer de Versailles-Rive gauche ; je crois avoir rendu quelques services à l’industrie des chemins de fer ; une mention honorable vient de m’être décernée par M. le ministre de l’Agriculture et du Commerce pour un système de traverses destinées à remplacer les traverses en bois. » Il demeurait 33, rue du Bac en 1830-1831 ; 41, rue du Bac en 1850. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossier Petit (où son nom est signé comme celui d’un membre de la Commission des récompenses nationales) ; Archives nationales F/1dIV/B/8 ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Petit, Jacques, Marc (où son nom est signé comme celui d’un membre de la Commission des récompenses nationales) ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Repusseau, Pascal, Etienne (auquel il fait parvenir la médaille qu’il a obtenue).