Besse, Baptiste (ou parfois Gilles)

Biographie


Prénommé Gilles selon l’état civil, Baptiste selon le père, Jean-Baptiste dans un certificat médical. Né le 4 thermidor an XIII à Tulle (Corrèze), fils de Besse, Léonard, boucher, et de Mons, Charlotte, son épouse. Cordonnier ou bottier. Bien que souffrant d’inflammation des jambes, compliquée de fièvre et d’œdème, il sortit, le 28 juillet 1830, pour aider toute la journée et jusqu’au 29 à la construction des barricades. Besse s’épuisa de fatigue, son état s’aggrava, les fièvres empirèrent et il mourut le 9 août suivant. Le docteur Moncourrier, demeurant 19, rue des Filles-Saint-Thomas, délivra, le 2 septembre 1830, le certificat suivant : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, certifie que le nommé Jean-Baptiste Besse, âgé de vingt-quatre ans, doué d’une forte constitution, étant atteint d’une phlymosie intense des deux jambes, compliquée d’œdèmes des pieds, de fièvre lors des derniers événements. Cet accident avait paru s’amender sous l’influence d’un traitement approprié mais, ne pouvant résister aux besoins de Juillet, il sortit pour aider de ses forces ceux qui s’occupaient des barricades. Il y passa la journée et partagea les travaux des braves qui y ont pris part, ce qui aggrava sa position : l’état inflammatoire des jambes prit un autre caractère, des taches d’un rouge violet s’y manifestèrent, l’œdème devint plus considérable, plus rémittent, accompagné de fièvre intense, d’insomnie, de sentiment de suffocation, impossibilité de rester couché, douleur dans le côté droit ; les accidents prirent de jour en jour de l’accroissement et malgré tous les secours de l’art, on ne put obvier à un épanchement séreux dans la cavité thoracique, qui amena la mort du malade, peu de jours après sa sortie du 28 juillet. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. On trouve dans le dossier de son frère, autre combattant, le certificat suivant relatant les circonstances de sa participation aux combats : « Nous, soussignés, citoyens et voisins du feu sieur Jean-Baptiste Besse, [l’avoir vu] comme tout bon Français travailler, quoique déjà fort malade, à la formation des barricades ; malgré la remontrance de plusieurs d’entre nous qui lui disaient que sa santé ne lui permettait pas de l’essor au courage d’un homme de vingt ans, il n’en persista pas moins, jusqu’au moment où sa famille fut obligée de déplorer sa perte. » Signé : Stanton, limonadier, demeurant 3, rue Feydeau ; Lefranc, ferblantier, demeurant 2, rue Saint-Marc ; Maison, coiffeur, demeurant 4, rue Feydeau ; Chevalier, marchand de vins, demeurant 2, rue Saint-Marc ; Tarkeim, limonadier, demeurant 4, rue Saint-Marc ; Duchesne, commandant de la garde nationale mobile, demeurant 1, rue Favart. Le 14 septembre 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Maison, Hippolyte, coiffeur, demeurant 4, rue Feydeau ; Marche, Ignace, marchand de bois, demeurant 1, rue Feydeau ; Chevallier, Louis, cocher, demeurant 4, rue de la Boule-Rouge. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété avoir parfaitement connu le sieur Gille Besse, cordonnier, demeurant rue de Richelieu n° 81. Savoir qu’ayant travaillé aux barricades pendant la journée du 28 juillet 1830 il s’est manifesté une inflammation aux jambes et qu’il en est décédé le 9 août suivant dans son domicile rue de Richelieu n° 81 ». La demande de pension de ses parents Besse Léonard, né le 23 février 1764 à Saint-Salvadour, et Mons, Charlotte, née le 15 avril 1769 au village de Lavialle dans la commune de Bar (Corrèze), domiciliés à Tulle (Corrèze) et indigents fut rejetée par la Commission des récompenses nationales, la Commission des récompenses nationales attribuant la mort de Besse à une phlegmasie des deux jambes. Les parents s’étaient mariés le 8 pluviôse an V à Corrèze (Corrèze). Il était le frère de Besse, Salvis, autre combattant de Juillet. Besse demeurait 81, rue de Richelieu (ou 24, rue du Mont-Blanc, mais cest pas ladresse de la CRN ?). Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Parent, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Besse, Salvis (sous le nom de Besse, Jean-Baptiste).

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