Besse, Salvis

Biographie


Né vers 1801 ou 1804 à Tulle (Corrèze). Boucher. Ex-grenadier de la garde, puis marchand boucher, concierge en 1830. Il désarma deux Suisses, dont un détachement était sorti du Palais-Royal, le 29 juillet 1830, vers 14 heures. Il fit ensuite prisonnier un soldat du 3e régiment de la garde royale, qui faisait partie d’un détachement commandé par le capitaine Castodi, et le remit entre les mains du chef du poste de la Banque. Après la prise des Tuileries, à laquelle il participa sous les ordres de l’avocat Massée de Tyrone (voir ce nom) – qui témoigna qu’il s’était battu avec courage et honneur –, il se rallia au peloton commandé par le capitaine Tyrone et des élèves de l’Ecole polytechnique, qui se dirigea vers Saint-Cloud, De là, il ramena à l’infirmerie de la place du Carrousel un officier supérieur de la garde nationale qui avait reçu un coup de sabre à la cuisse. Il toucha cent dix ou cent soixante francs après la révolution de Juillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il quitta Paris, peu après la révolution, faute d’ouvrage. Il déposa un dossier à la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, sollicitant un emploi et la décoration. Il était porteur d’une lettre de recommandation écrite par Beauvais (sans autre précision qui permit de l’identifier), pour s’être « bien comporté dans les trois journées de Juillet ». Il donnait les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Je, Besse, ex-grenadier de la garde, déclare avoir, par-devant témoins, dans la journée du 29, dans la rue Monpensier, sur les 2 ou 3 heures d’abord désarmé deux Suisses, dont un détachement était sorti du Palais-Royal, et ensuite fait prisonnier un soldat du 3e régiment de la garde royale, faisant partie d’un détachement commandé par le capitaine Castade, lequel soldat a été remis par moi entre les mains du chef de poste de la Banque. Après la prise du château, je me suis rallié au peloton du capitaine Thironne (lire sans doute Tyrone et voir Masséy de Tyrone) et des élèves de l’Ecole polytechnique, et de là nous nous sommes dirigés vers Saint-Cloud, d’où j’ai ramené à l’infirmerie sur la place du Carrousel un officier supérieur de la garde nationale, qui avait reçu un coup de sabre à la cuisse et que pendant tout le temps qu’a duré notre révolution, je n’ai cessé de faire partie des défenseurs de nos libertés. » Sa lettre était apostillée par Chevolar, marchand de vins, 2, rue Saint-Marc : « Je soussigne et certifie que le nommé Besse a combattu dans les trois journées de juillet, 27, 28, 29. » Par Bergeret, demeurant 13, rue Richer : « Je certifie avoir vu Besse sortit de la rue Richer, le 27, 28 et 29 juillet, armé de fusil et munitions. » Et par un autre mais illisible. Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Léonard Besse m’a remis au poste de la Banque, le 29 juillet, un soldat du centre de la garde royale. » Signé, le 12 août 1830 : Ducrept, capitaine de la IIIe légion de la garde nationale. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Massey de Tyrone, avocat, demeurant à Paris, rue Grange-Batelière n° 9, certifie que le nommé Léonard Besse a servi sous mes ordres à l’attaque du château des Tuileries le 29 juillet 1830 et qu’il s’est battu avec courage et honneur. » Signé le 31 août 1830 : Massey de Tyrone (voir ce nom). Le troisième ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Besse était à la grille du pont tournant après la prise des Tuileries ; il s’est rallié à la colonne que je commandais. » Signé : Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), élève de l’Ecole polytechnique. Le quatrième, ainsi rédigé (sic), qui relatait les circonstances de la mort de son frère, Jean-Baptiste : « Nous, soussignés, citoyens et voisins du feu sieur Jean-Baptiste Besse, [l’avoir vu] comme tout bon Français travailler, quoique déjà fort malade, à la formation des barricades ; malgré la remontrance de plusieurs d’entre nous qui lui disaient que sa santé ne lui permettait pas de l’essor au courage d’un homme de vingt ans, il n’en persista pas moins, jusqu’au moment où sa famille fut obligée de déplorer sa perte. » Signé : Stanton, limonadier, demeurant 3, rue Feydeau ; Lefranc, ferblantier, demeurant 2, rue Saint-Marc ; Maison, coiffeur, demeurant 4, rue Feydeau ; Chevalier, marchand de vins, demeurant 2, rue Saint-Marc ; Tarkeim, limonadier, demeurant 4, rue Saint-Marc ; Duchesne, commandant de la garde nationale mobile, demeurant 1, rue Favart. Le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, certifie que le nommé Jean-Baptiste Besse, âgé de vingt-quatre ans, doué d’une forte constitution, étant atteint d’une phlymosie intense des deux jambes, compliquée d’œdèmes des pieds, de fièvre lors des derniers événements. Cet accident avait paru s’amender sous l’influence d’un traitement approprié mais, ne pouvant résister aux besoins de Juillet, il sortit pour aider de ses forces ceux qui s’occupaient des barricades. Il y passa la journée et partagea les travaux des braves qui y ont pris part, ce qui aggrava sa position : l’état inflammatoire des jambes prit un autre caractère, des taches d’un rouge violet s’y manifestèrent, l’œdème devint plus considérable, plus rémittent, accompagné de fièvre intense, d’insomnie, de sentiment de suffocation, impossibilité de rester couché, douleur dans le côté droit ; les accidents prirent de jour en jour de l’accroissement et malgré tous les secours de l’art, on ne put obvier à un épanchement séreux dans la cavité thoracique, qui amena la mort du malade, peu de jours après sa sortie du 28 juillet. » Signé, le 2 septembre 1830 : Moncourier, demeurant 17, rue des Filles-Saint-Thomas. En 1830, il était marié et père d’un enfant. Il demeurait 7, rue Richer en juillet 1830 (le 100, rue de Cléry est rayé) ; 3, rue Feydeau puis Tulle en Corrèze, chez M. Besse, marchand boucher en 1831. Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Besse, Gilles. Archives de la préfecture de police AA 372 (sous le nom de Besse, Salvis, le prénom Léonard étant rayé et remplacé par Salvis). Il est marqué médaille sur son dossier.

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