Besson, Charles, Jean
Biographie
Né le 24 septembre (le 24 décembre 1799 in Archives nationales F/1dIII/39 et aussi in Archives de Paris VK3 27 dans le registre qu’il signe et aussi in Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement) à Rouen (Seine-Maritime), fils de Besson, sous-préfet durant sept années sous la Restauration et destitué « pour ses opinions à l’avènement du ministère Peyronnet et Villèle », préfet de la Charente en 1831 (son dossier de demande de la Légion d’honneur est in Archives nationales F/1dIV/B/8). Avocat. Sa participation aux combats fut ainsi relevée par les journaux : « C’est un devoir pour la Gazette des tribunaux d’enregistrer les noms des avocats qui se sont fait remarquer par leur dévouement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet. Aux noms que nous avons déjà signalés, nous nous empressons de joindre encore [celui] de […] M. Lefiot et Besson, neveu de l’honorable M. de Béranger, député de la Drôme, qui par leur exemple et leurs exhortations ont organisé les masses. » Le Corsaire rapportait sur son compte : « Parmi les courageux citoyens qui ont contribué au triomphe de la liberté, et dont le barreau cite les noms avec orgueil, nous devons inscrire M. Charles Besson, avocat stagiaire ; le premier, il a repris l’uniforme de grenadier de la garde nationale. Cet habit était alors un point de mire pour les balles ennemies ; on a vu ce brave jeune homme à toutes les attaques, toujours affrontant le danger et secourant ses frères. Les journaux du Palais lui ont payé un tribut de légitimes éloges, et les suffrages de la compagnie de grenadiers du 2e bataillon de la IIIe légion l’appellent au grade de lieutenant, qu’il a gagné sur le champ de bataille parisien. » Il adressa, le 2 septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour retracer sa participation aux combats : « Dès le matin du mercredi 28, je jugeai que c’était rendre un grand service à la cause commune que d’endosser l’uniforme de la garde nationale ; je m’en revêtis et je parcourus les rues, en exhortant, par mes paroles et mon exemple, mes concitoyens à m’imiter. En peu de temps nous nous trouvâmes environ cent cinquante sur la place des Petits-Pères. Bientôt après, nous eûmes à subir le feu de la troupe dans les rues qui avoisinent la Banque. Je me rendis ensuite au coin de la rue de la Jussienne et de la rue Mandar, où la fusillade fut longue et bien meurtrière. Je me portai pendant toute la nuit partout où ma présence pouvait être utile. Le jeudi, je me trouvai à la prise du Louvre, je me rendis aux Tuileries. En regagnant la mairie des Petits-Pères, qui était le quartier général de mon arrondissement (je demeure rue du Mail n° 9), je fus arrêté par la fusillade de la rue Saint-Nicaise, où je coopérai au siège d’une maison où s’était retranchés quelques soldats de la garde royale et je revins aux Petits-Pères, en accompagnant une dizaine de prisonniers qu’il fallait protéger contre la juste fureur du peuple.
»Nous étions maîtres de tous les postes, les ennemis avaient été chassés de toutes leurs positions, cependant des bruits d’une attaque nocturne circulaient dans Paris. Cette nuit du jeudi je la passai en partie à l’Hôtel de ville en partie au poste de la Bourse.
»La journée du vendredi fut calme, la tranquillité commençait à renaître mais il fallait toujours veiller, faire un service actif, aussi je ne quittai l’uniforme sous lequel j’avais combattu si heureusement que le dimanche 1er août. Pendant ces cinq jours, je ne suis rentré chez moi que par intervalle et pour rassurer ma mère qui, dans ces jours du malheur et de la gloire, eut aussi son patriotisme : celui de voir partir son fils sans chercher à le retenir, celui de ne pas verser une larme qui aurait pu attiédir sa résolution.
»Tels sont, messieurs, les titres que je soumets à votre examen. Si je n’avais fait que combattre ce serait avec défiance dans mes droits que je me présenterais ; mais j’ai mieux fait, j’ai usé de l’influence que me donnait l’uniforme de la garde nationale pour déterminer mes concitoyens à m’imiter, j’ai endossé cet uniforme lorsqu’il y avait danger à le prendre puisque le mercredi matin les troupes de l’ex-roi encombraient Paris ; j’ai rendu un grand service à la cause de la liberté en organisant et déterminant la sortie de la garde nationale, qui a tant fait dans les trois jours. […] Les faits que j’ai l’honneur de vous exposer, consignés dans les journaux (Gazette des tribunaux du 4 août et le Corsaire du 14 août), sont à la connaissance de […] » Les personnes que citait Besson et qui signèrent effectivement un témoignage de sa conduite et de l’exemple qu’il donna « en montrant dans les rues de Paris l’uniforme citoyen qui n’avait point encore paru », se nommaient : Comte, avocat, rédacteur du Courrier européen, commandant en second du 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant 12, rue Richer ; Defrance, directeur des lits (?) militaires, chasseur de la garde nationale, demeurant 12, rue Richer ; Chèvre (illisible), négociant, grenadier au 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale, demeurant 12, rue Richer ; Rabusier (illisible), lieutenant en second de la 1re compagnie de grenadiers du 4e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale, demeurant 24, rue Lafayette, (ou 24, rue de Chabrol) ; Peaucellier, négociant, demeurant rue Montorgueil n° 96 ; Quentin, demeurant 12, rue Richer. Un autre certificat attestait qu’il n’était « rentré chez lui que par intervalles ; que notamment le jeudi il revint couvert de sang après la prise du Louvre et la fusillade longue et meurtrière de la rue Saint-Nicaise, où il a combattu vaillamment ». Ce certificat était signé par Brunet-Duplantis, avocat, sous-lieutenant des grenadiers à la 1re compagnie du 4e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale, demeurant 9, rue du Mail ; Fontaine, pharmacien, demeurant 8, rue du Mail ; Normand, négociant, demeurant 9, rue du Mail ; Foucaud, Adolphe (voir ce nom), artiste dramatique, demeurant 12, rue du Croissant qui attesta en outre s’être « trouvé à la prise du Louvre avec M. Charles Besson, qui ne nous a quittés aux Tuileries et après l’expulsion de la garde royale que pour aller se battre rue Saint-Nicaise » ; et un illisible demeurant 9, rue du Mail. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Besson fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il prêta son serment de décoré le 16 mai 1831, devant le maire du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut sa croix et son brevet le 25 août 1831. Il fut recommandé par la Commission des récompenses nationales pour une place de sous-préfet. En 1831, il était secrétaire général à la préfecture du Finistère. Il donna procuration à son frère, Besson, Hyppolite, négociant demeurant 9, rue du Mail, pour retirer en son nom la croix qu’il avait reçue. Il demeurait 9, rue du Mail (in Archives de Paris VK3 25, in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 41 et dans plusieurs courriers garder donc le 9, rue du Mail) (par erreur 3, rue du Mail in Archives de Paris VD6 3) en 1830 ; 88, rue du Faubourg-Poissonnière en 1831 ; à Quimper en 1831. La Gazette des tribunaux, 4 août 1830 ; Le National, 5 août 1830 ; Le Corsaire, 14 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92 (sous le nom de Besson, Jean, Olympie, Rougeat, Charles) ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet (sous le nom de Besson, Jean, Olympie, Rougeat, Charles) ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment sous le nom de Besson, Jean, Olympie, Charles) ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement.