Besson, Dora

Biographie


Née au Danemark. Femme d’un officier de marine. Elle déposa un dossier à la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Dans une lettre adressée par cette même Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus. Il lui avait été délivré les certificats suivants. Le premier, ainsi rédigé : « Copie de la déclaration envoyée au roi, le 9 août 1830, par le colonel commandant le poste du Palais-Royal, à l’effet de justifier des droits et intérêts des enfants de Mme Besson, Dora à obtenir de la justice et de la bonté de Sa Majesté, la marque d’intérêt et de bienveillance méritée pour le courage et le dévouement dont cette dame a fait preuve pendant les trois mémorables journées de Juillet. Je, soussigné, colonel commandant le poste du Palais-Royal, depuis le 29 juillet, déclare que d’après les principes exprimés depuis nombre d’années par Mme Dora Besson, dont le mari, victime de l’esprit de parti, a été exilé en 1815, j’ai dû acquérir la certitude de l’énergie que l’épouse du proscrit opposerait aux ennemis de la liberté. Partie de manuscrit brûlé… le dévouement et la philanthropie dont Mme Dora Besson a donné tant de preuves. Savoir : le 27, en allant dans les groupes les plus animés, encourager les citoyens à la résistance et distribuant des secours aux plus nécessiteux et des armes de grands prix aux courageux défenseurs qui en étaient dépourvus. Je joins d’autre part l’état de ces armes et j’ajouterai que les 28 et 29, Mme Besson, sortant de son domicile, rue Neuve-des-Mathurins, où la fusillade de la garde royale et celle des troupes descendant la rue du Mont-Blanc vers le boulevard par des feux croisés, exposaient aux plus grands dangers les personnes assez courageuses pour porter des secours aux blessés, Mme Besson, munie de charpie et de tout l’appareil nécessaire pour les pansements, s’occupait moins de sa propre existence que des moyens de conserver celles des courageux défenseurs de la liberté. Je dirai encore que d’honorables témoins de l’admirable conduite de Mme Dora Besson attesteraient au besoin sa présence au milieu de la grêle de balles, sur les boulevards, la place de la Bourse, sur les quais et rues adjacentes, la place de l’Hôtel-de-Ville, où le 29, elle dut, succombant aux fatigues morales et physiques Partie de manuscrit brûlé…Fait et délivré aux enfants de Mme Dora Besson, pour valoir ce que de raison. » Signé, le 9 août 1830 : Thierry, Gaspard (voir Thierry, Gaspard, François), demeurant 18, rue d’Angevillers près le Louvre. Etait jointe une liste des armes de luxe que Mme Dora Besson avait distribuées aux patriotes, les 28 et 29 juillet : deux beaux fusils de chasse à deux coups ; un très beau fusil de dame ; une paire de beaux pistolets à piston ; trois pistolets de ceinture dépareillés ; deux épées d’uniforme ; un beau sabre turc dit Damas ; deux poignards catalans ; un poignard d’officier de marine ; un sabre d’uniforme. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je certifie avoir été témoin du courage et du dévouement que Mme Dora Besson a montré pendant les trois journées. Dès les premiers moments, elle distribua au peuple une quantité d’armes que possédait son mari, ancien officier de marine, exilé en 1815 et actuellement en Egypte. Partout où sa présence pouvait être utile, soit pour animer les citoyens à se défendre et leur en donner l’exemple soit pour soigner les blessés au milieu même du feu, on la vit affronter les dangers et souffrir toutes les fatigues. Je désire vivement que cette attestation puisse contribuer à lui mériter une récompense nationale, à laquelle elle a tous les droits. » Signé, le 25 juillet 1831 : Alexandre de Laborde, député de la Seine. On trouve dans son dossier, les deux pièces de vers suivantes. La première :

« Air : Te souviens-tu ?

»Du doux printemps on fête la naissance

»Pour le fêter, il nous prête ses fleurs ;

»Il est heureux, il tient en sa puissance

»Flore et sa cour et toutes ses faveurs

»Mais du printemps l’existence est légère

»Bientôt il passe et la rose le suit

»Laissons mourir la rose passagère

»Pour le fêter le laurier lui survit.

« Oui le laurier peut former la couronne

»Avec transport nos cœurs te l’offriront

»partie du manuscrit brûlée de droit se placer sur ton front

»partie du manuscrit brûlée ons-nous ces jours dignes d’envie

»partie du manuscrit brûlée un héros abattu

»partie du manuscrit brûlée c’est toi qui lui sauva la vie

»partie du manuscrit brûlée laurier, ce laurier t’est bien dû.

»Oui le laurier peut former la couronne

»Avec transport nos cœurs te l’offriront

»partie du manuscrit brûlée la valeur si le Français le donne

»partie du manuscrit brûlée de droit se placer sur ton front

»partie du manuscrit brûlée ons-nous ces jours dignes d’envie

»partie du manuscrit brûlée un héros abattu

»partie du manuscrit brûlée c’est toi qui lui sauva la vie

»partie du manuscrit brûlée laurier, ce laurier t’est bien dû.

»N’arrête pas notre reconnaissance,

»N’arrête pas cet élan de nos cœurs,

»Pour célébrer le jour de ta naissance

»Nos sentiments valent bien quelques fleurs

»Sous ce laurier puisses-tu sans orage

»Passer ta vie au sein de l’amitié

»Et dans ce vœu qu’ici chacun partage

»De tes enfants le cœur est de moitié.

Et cette autre pièce de vers, intitulée Hommage à Madame de Besson. Révolution de juillet 1830.

»La France n’était plus…, la sombre tyrannie

»et son sceptre d’airain pesait sur la patrie

»Plus d’honneur national, plus de cœurs généreux

»Le peuple murmurait…, il était malheureux.

»Un ministre sans foi qu’enhardissent ses crimes

»Médite un coup d’Etat et compte ses victimes

»Le peuple alors s’éveille et le peuple irrité

»S’arment (sic sans doute pour le nombre de pieds ?, N.D.A.) et se soulève au cri de Liberté !

»Paris n’est plus Paris, c’est le champ du carnage,

»Français contre Français essayent leur courage

»Et chaque citoyen se vouant au trépas

»Sait conquérir le fer qui doit armer son bras

»Mais ce peuple est sans chef, il n’a que sa vaillance

»Et combattre et mourir sont toute sa science

»C’est vous jeunes héros que lui donna le ciel

»Pour guider sa vengeance et le rendre immortel

»Dans vos mains il a vu les drapeaux de la gloire

»Rien ne peut l’arrêter, il court à la victoire

»Et la Grève et le Louvre et le palais des rois

»Attestent qu’en une heure il a vaincu trois fois

»Pourquoi ce beau triomphe ordonne-t-il des larmes ?

»Pourquoi faut-il jeter un crêpe sur nos armes ?

»Pourquoi la mort cruelle, aveugle en son courroux

»Sur l’espoir du pays porta-t-elle ses coups ?

»Honneur, honneur à vous soutiens de la patrie

»Ce trépas glorieux vaut une belle vie

»Recevez nos adieux, fils de la liberté

»Nos regrets vous sont dus et l’immortalité.

»En inscrivant vos noms au temple de mémoire

»De vos faits belliqueux enrichira l’histoire

»Mais si Paris a dû pleurer sur un cercueil

»Dans ces jours de combats, de triomphe et de deuil

»Il a vu sur le sol, roulant sur la poussière

»Ses enfants que frappait la balle meurtrière

»Et que le plomb fatal, dans sa triste faveur,

»Refusait à la mort pour les rendre au malheur

»Legouvé, prête-moi cette arme qui t’inspire

»Chantre d’un sexe aimé, mieux que moi tu peux dire

»Ce noble dévouement et ces soins généreux

»Dont toujours une femme entoure un malheureux

»Tu citerais toujours la douce bienfaisance

»De celle qui du Sund vint embellir la France

»De cet esprit brillant, des qualités du cœur

»Qui charment ses amis et fondent leur bonheur

»Paris fut le témoin du zèle et du courage

»Qu’inspiraient à Dora ces heures de carnage

»Sur le champ du danger, on la voit secourir

»Le soldat qu’un retard peut aider à mourir

»Elle console un brave, en pansant sa blessure

»Et le sang qui rougit sa blonde chevelure

»La rend encore plus belle aux yeux des combattants

»Vénus en est jalouse et l’amour triomphant.

»Enfin après trois jours de péril et de gloire

»Le repos est offert au dieu de la victoire.

»La victime reçoit de funèbres honneurs

»Le blessé sur un lit va porter ses douleurs ;

»Dora, le cœur navré, se retire en silence

»Et le bien qu’elle a fait devient sa récompense

»Dora, nous t’offrirons un hommage bien dû

»Il est digne de toi, digne de ta vertu

»La paix nous rend le calme et nous rend l’espérance»

»Mais il faut assurer le bonheur de la France.

Besson Dora demeurait 7, rue Neuve-des-Mathurins en 1831. Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 372. On trouve la trace dune Dora Besson, demeurant 33, rue Joubert en 1846, in Bulletin des lois 9e série, partie supplémentaire, tome 28 nos 793 à 820, février 1846 comme une des actionnaires de la Société de chemin de fer de Dieppe et Fécamp.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.