Besson, Henry

Biographie


Né vers 1768 à Neuchâtel (Suisse). Liquoriste. Il déposa, vers juin 1831, un dossier à la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, pour solliciter la décoration de Juillet. Il joignait à sa demande plusieurs affiches qu’il avait fait placarder pendant et après les combats. La première affiche, manuscrite, en date du 27 juillet : « Français ! L’inévitable et impérieuse nécessité de repousser et vaincre nos lâches assassins coûte déjà trop cher à la patrie, pour ne pas sentir le besoin de prendre des mesures d’ordre et de précaution pour en assurer l’entier succès. Laissons-nous diriger par ceux de nos concitoyens expérimentés qui, en concertant nos moyens d’attaque et de défense, économiseront notre sang et assureront le triomphe de notre sainte cause. Faute d’armes, ne pouvant tous partager les mêmes dangers, soulageons ceux qui sont armés, en nous employant à d’autres glorieuses fatigues. Occupons-nous sans délai à mettre Paris dans l’obscurité. Elevons des barricades très rapprochées les unes des autres, en dépavant les rues. Plaçons dans les intervalles des tonneaux défoncés, remplis d’eau, pour prévenir l’incendie, montons-en même dans les étages supérieurs des maisons, ainsi que des pavés, pierres, bois, tuiles, bouteilles, transformant enfin tout en projectiles jusqu’à nos meubles, pour exterminer nos implacables ennemis. Soyons braves et unis, nous serons libres. » La deuxième, en date du 29 juillet : « Citoyens. Livrés à nous-mêmes, abandonnés de toute autorité, pour prévenir les calamités du désordre et de l’anarchie où nous plongerait cette absence, invitons dans nos arrondissements respectifs les notables citoyens à se réunir sans délai à leurs mairies, aux fins de nommer des députés chargés d’inviter MM. les maires et adjoints de se réunir à eux et qu’aidés de leurs lumières respectives, prenant en considération la position critique de la capitale, on avise au plus bref moyen d’organiser un pouvoir provisoire ! » Cette troisième, en date du 30 juillet 1830 : « Citoyens ! La victoire que nous venons de remporter par l’énergique dévouement et la noble conduite de toutes les classes de la société, en nous procurant le bonheur d’avoir secoué le joug tyrannique et oppresseur qui nous accablait depuis seize ans, ne serait que funeste et illusoire si par un nouveau dévouement nous ne empressions d’aider l’autorité [partie du manuscrit brûlé] l’ordre et la tranquillité, sources de toute confiance. » Cette quatrième, aussi sans doute en date du 30 juillet 1830 : « Chers concitoyens. Le triomphe immense que nous avons obtenu dans ces trois jours d’heureuse et éternelle mémoire nous procurant un moment de repos, employons-le utilement, en cherchant à connaître et soulager de suite les besoins pressants des malheureux veuves et orphelins ou parents des illustres victimes que nous regrettons. 1°) Invitons les personnes qui ont des renseignements certains sur les morts ou blessés à les communiquer à leurs mairies. 2°) Que ceux qui sont détenteurs d’objets de quelque nature que ce soit par suite des événements en fassent le dépôt. 3°) Invitons les anciens chefs de la garde nationale à s’occuper provisoirement et de suite à sa réorganisation. 4°) Provoquons une ligne de circonvallation autour de Paris tant pour nous prémunir contre toute nouvelle tentative que pour protéger les arrivages. 5°) Que l’on surveille strictement et sans vexation toutes personnes qui entrent et sortent de Paris, sans motifs plausibles, les magasins à poudre et sur tous les bords de la rivière tant en dedans qu’au-dehors. Nos ennemis sont capables de tout, tenons-nous sur nos gardes. » Cette autre affiche, mais imprimée : « Citoyens de toutes les classes, Français ! Au nom de la patrie et de l’humanité, ne nous divisons pas si nous voulons conserver la paix et la liberté, repoussons avec indignation les suggestions et conseils perfides, seules ressources de nos implacables ennemis qui, dans le désespoir, écument de rage, n’ayant pu nous asservir, nous exterminer, tentent tous les moyens les plus odieux pour nous accabler des plus affreuses calamités, dans l’espérance de ressaisir le pouvoir tyrannique à l’aide de nos divisions. Ecoutez les conseils d’un vétéran de notre sainte révolution, d’un des hommes qui ont éprouvé toutes les turpitudes des divers gouvernements vexatoires dont la France a été accablée depuis quarante et un ans. Comme tant d’autres, j’ai cru que la France ne pouvait être heureuse que sous le régime républicain, le voile de cette douce erreur m’empêchait d’en voir l’impossibilité par les difficultés de tout genre qui s’y opposent. Instruits par nos malheurs, ne nous divisons plus, abjurons je vous en conjure au nom de la patrie, abjurons nos erreurs ; il nous faut un chef quel qu’il soit, qu’importe la désignation qu’on lui donnera, qu’il soit Empereur, Roi, Statouder ou Landman, pourvu qu’il soit juste, homme de bien, qu’il jure de maintenir nos libertés, de défendre nos droits envers tout et contre tout, enfin que, par un serment solennel, il s’engage pour lui et les siens à l’inviolabilité et à la stricte exécution de la Constitution que la nation lui présentera. Il sera le chef suprême des Français. Cet homme nous le possédons dans la personne du duc d’Orléans, lui seul peut nous donner les garanties que nous avons droit de demander. Citoyen français, amant jaloux de nos libertés, il les a courageusement défendues, à peine à l’âge de la virilité, sous le drapeau tricolore, repoussé de sa patrie par les suppôts [partie du manuscrit brûlé], toutes les adversités, les privations avec la plus [partie du manuscrit brûlé] lâches ennemis, il a eu le noble courage de [partie du manuscrit brûlé] suffisant à ses besoins par une vertueuse et [partie du manuscrit brûlé] mendier une honteuse assistance, constamment [partie du manuscrit brûlé] pour le bonheur de sa chère patrie, bon père, bon époux, bon Français, grand travailleur, économe, bienfaisant, quels titres, quelles qualités pouvons-nous exiger de plus ? Je conclus que, par toutes ces considérations, l’ayant pour souverain, nous aurons l’assentiment de toutes les puissances, la paix et la prospérité dans l’intérieur et l’admiration de l’Europe. » Etait jointe aussi l’attestation suivante : « Nous, soussignés, certifions et attestons avoir vu et lu les affiches dont copie [est jointe] d’autre part et que M. Besson a fait afficher publiquement et en divers endroits dans les derniers jours de juillet 1830. » Signé, le 10 juin 1831 : Forest ; Millet, demeurant 6, rue des Barres ; Verdier, marchand épicier, demeurant 60, quai des Ormes ; Détourbet jeune (voir ce nom), marchand de charbon de terre, demeurant 10, quai Saint-Paul ; Thomas, propriétaire, demeurant 16, rue des Barres ; Delépine, demeurant 34, rue des Barres ; Roy, Paul, marchand de vins, demeurant 2, rue des Barres ; … limonadier, demeurant 22, quai Saint-Paul. Le 5 septembre 1831, il retira les pièces qu’il avait confiées à la Société des réclamants et précisait qu’il devait les rapporter quelques jours plus tard. Nardin avançait son nom comme une des personnes auprès desquelles la Commission des Réclamants pouvait obtenir des renseignements sur son compte (mais il écrit : Besson, distillateur, rue des Barres-Saint-Paul). Besson demeurait 6, rue des Barres-Saint-Gervais en 1831. Archives de la préfecture de police AA 372 ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Nardin, François, Victor.

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