Bétou, Edouard, François

Biographie


Né le 12 août 1807 à Marnac (Dordogne). Etudiant en droit. Il faisait partie avec Guyot Jules et Regnault Delannoy (voir ces noms) des trois membres de la Commission des récompenses nationales nommés par les Ecoles. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il prêta, le 20 juin 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » On trouve dans la lettre de réclamation que fit Henry, Louis, Marie, Auguste, le 22 mai 1831, de nombreuses indications sur le mauvais fonctionnement de la Commission des récompenses nationales ; cette lettre était ainsi rédigée : « Dans l’intérêt des réclamants, j’ai cru nécessaire, en vous adressant mes pièces, de vous rapporter quelques circonstances qui vous prouveront jusqu’à quel point les commissions ont méconnu le devoir dont elles devaient s’acquitter dans toute son étendue. Quand la révolution de Juillet éclata, comme vous, messieurs, je crus de mon devoir d’y prendre part et la lutte étant terminée, j’allais passer mes vacances en province dans ma famille. Les journaux annoncèrent bientôt que des récompenses nationales avait été votées à ceux qui s’étaient distingués pendant les journées de Juillet et que des commissions avaient été nommées pour reconnaître les titres des ayant-droit. […]. Je fis les démarches nécessaires à cet effet, je recueillis donc les témoignages des personnes qui avaient été témoins de ma conduite dans les trois jours et mes certificats légalisés, j’allai (le 9 de partie du manuscrit brûlée) trouver M. Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), ancien élève de l’Ecole polytechnique, président du jury de mon arrondissement, pour les lui présenter ; il me dit qu’il était trop tard, qu’il avait reçu ordre de ne plus recevoir de pièces ni de réclamations, ce qui était faux car il devait les recevoir, comme vous le savez, jusqu’au partie du manuscrit brûlée avril. J’observai à M. Lannoy que je n’avais pu me présenter plus tôt, qu’une maladie m’avait retenu dans mon pays jusqu’à cette époque ; je lui présentai un certificat légalisé par le maire et le sous-préfet, qui prouvait que ce que je j’avançais était vrai et qu’il n’y avait aucune négligence de ma part. A cette attestation, M. Lannoy crut répondre victorieusement, en me disant Tant pis, vous ne deviez pas être malade... Un membre du jury (M. Dufour [voir sans doute Dufour, Louis]), que je connaissais, lui ayant observé qu’il avait porté pour la décoration spéciale des individus dont les titres ne valaient pas, à beaucoup près, les miens et qu’il avait tort de ne pas recevoir mes réclamations, fut rayé, dès le lendemain, de la liste des membres qui composaient son jury. Je crus trouver ailleurs plus de bonne volonté et me rendis chez M. Bétou, élève en droit et membre d’une autre commission, avec mes certificats ; il me refusa pareillement d’en prendre connaissance, me disant que les commissions avaient résolu entre elles de ne plus recevoir de réclamations, afin de terminer plus promptement leurs travaux. M. Betou m’avait donné l’adresse d’un membre d’une troisième commission, M. Guyot (voir Guyot Jules), élève en médecine ; j’y fus et il reçut en effet mes certificats mais la commission en devait plus avoir qu’une seule séance et peut-être me dit-il, elle n’aura pas le temps de les voir. Cependant, il me fit interroger par son jury, qui me prévint auparavant que ne devant plus se réunir qu’une fois il était probable que mes pièces ne seraient pas examinées. Je restai un mois dans cette incertitude, faisant à M. Guyot billets sur billets, visites sur visites pour connaître le résultat de ce que j’avais fait jusque-là. Je ne pus en recevoir de réponse. Enfin, craignant de perdre tout à fait un temps que je savais être précieux, je demandai une réponse ou mes pièces et je reçus mes pièces avec cette réponse que M. Guyot allait donner sa démission de membre de la commission et qu’il ne voulait plus s’occuper de rien. A cette époque, j’appris que la commission de Belleville n’avait pas encore terminé son travail. Je m’y présentai, on me répondit qu’on ne pouvait recevoir mes réclamations parce que je ne demeurais pas à Belleville. Je résolus, car c’était ma dernière ressource, de prendre domicile dans ce pays. Je subis, en cette qualité un second interrogatoire à l’Hôtel de ville, interrogatoire qui n’a duré que quelques minutes tant ces messieurs me pressaient, disant qu’ils n’avaient pas le temps de m’entendre pas plus que d’examiner les pièces que je leur remettais et m’engagèrent même à mettre au dos d’un de mes certificats, en quelques mots, ce que j’avais fait pendant les trois jours. Après de telles réceptions de la part des commissions, je n’ai pas été étonné de ne pas voir figurer mon nom dans le Moniteur ; mais ce qui m’a étonné c’est d’y avoir lu les noms d’individus qui se sont présentés après moi et qui, de leur propre aveu, ne s’étaient pas battus, se sont trouvés mériter la décoration mieux que moi mais comme protecteurs je n’avais que des droits très bien partie du manuscrit brûlée et l’événement a prouvé que ce n’était pas assez. Voilà quelles furent mes démarches et leur résultat. Je n’ai rien avancé dans cette lettre que je ne puis prouver au besoin […]. » De la même manière, Milon, Augustin, Casimir, Henry se plaignait contre « l’injustice plus que criante du sieur Betou fils, alors commissaire pour le (ancien) Ier arrondissement de Paris, qui m’a allégué pour mauvaise raison, que j’avais été oublié, que mon dossier avait été égaré, etc., etc. » Il signa, le 23 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Lainé, Jean-Baptiste : « Je, soussigné, certifie que M. Lainé, par sa conduite dans les derniers événements où il a été blessé et a montré le plus grand courage, s’est acquis de grands droits à la bienveillance du gouvernement actuel. » Il demeurait 17, rue des Beaux-Arts en 1830-1831 (55, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince in Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4). Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, idem cahier vert des prestations de serment (il signe bien Bétou) et aussi correspondance générale, demandes de décorations et médailles (une lettre de Delard, Guillaume, Auguste, étudiant en droit et nommé sur proposition de la Commission des récompenses nationales sous-lieutenant, à l’Ecole de cavalerie de Saumur, qui se dit l’ami de « Bétou, nommé commissaire pour l’Ecole de droit » ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Henry, Louis, Marie, Auguste ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lainé, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Lanécruse, Floriant (où apparaît son adresse 17, rue des Beaux-Arts) ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Masson, Jean, Joseph (où Masson dit avoir transmis ses pièces à l’adresse 17, rue des Beaux-Arts et que Bétou n’avait même pas pris la peine de lui répondre) ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Milon, Augustin, Casimir, Henry. Dans Archives de Paris VD6 92 in dossier Béraud, une lettre adressée à Bétou, commissaire de la Commission des récompenses nationales des Ier et XIe arrondissements.

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