Beugnot, André
Biographie
Né le 14 nivôse an IX à Chaux-lès-Port (Haute-Saône), de Beugnot, Claude, (lui-même né le 23 novembre 1770 à Chaux-lès-Port, fils de Beugnot, François, laboureur, et de Camus, Françoise son épouse), maréchal ferrant, et de Biot, Claude, Françoise (elle-même née le 4 août 1772 parfois le 13 août 1772, mais née le 3 août et baptisée le 4 août dans son acte de naissance aussi à Chaux-lès-Port, fille de Biot, André, laboureur, et de Droit, Pierrette). Homme de peine. Il fut blessé, le 28 juillet 1830 vers 14 heures, place de la Madeleine, d’un coup de feu, par un soldat du 2e régiment et mourut de sa blessure, le lendemain à l’hôpital Beaujon (mais le 29 juillet au 17, rue Jacob in Archives de Paris VK3 26 et in Archives de Paris VK3 28 c’est sans doute l’adresse de l’hôpital de la Charité Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4 ; blessé rue du Faubourg-Saint-Honoré in Archives de Paris VD6 121 ; mort à l’hôpital de la Charité in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 4). Son corps ne fut reconnu que le 11 août. L’attaque est ainsi décrite par Sala, l’officier de la garde royale qui commanda les troupes chargées de rétablir l’ordre aux alentours de l’église de la Madeleine : [Le 28 juillet dans la matinée : « Tandis que nous étions ainsi sur la place, la rue Saint-Honoré et le faubourg n’étaient point occupés, des groupes menaçants d’ouvriers, de gens mal vêtus se formaient en avant des planches environnant la Madeleine ; de là, nous marchâmes sur la Madeleine, où une centaine d’hommes s’obstinaient à rétablir une barricade déjà renversée plusieurs fois. Une demi-compagnie commandée par F…, brave officier du régiment dont la constance et la ténacité les jours suivants ne sauraient être trop vantées, fut assaillie de coups de fusil, de pistolet, ou de pierres. F..... se précipita à la course contre ces ennemis, et les força à se sauver par les rues adjacentes à la Madeleine. Ma compagnie reçut ordre de pénétrer dans l’église, où un grand nombre d’ouvriers s’étaient réfugiés : ce fut l’affaire d’un instant, et malgré les barricades qui en défendaient les approches et l’entrée, les soldats eurent bientôt renversé tout cet amas de planches dont l’enceinte du monument était encombrée, et s’y établirent. D’autres soldats du détachement de F... suivis de quelques gendarmes et soldats de la ligne d’un poste voisin, se joignirent à nous par d’autres entrées. Un inspecteur des travaux fit descendre les ouvriers des combles où ils s’étaient retirés. Dans cette première affaire le sang avait coulé, mais avions-nous attaqué ? Les premiers coups n’avaient-ils pas été tirés contre nous ? Un homme avait été blessé à la porte du corps-de-garde ; relevé par plusieurs ouvriers, il fut conduit à l’hospice Beaujon par les soins d’un jeune homme. Les soldats se dérangeaient dans la rue pour laisser passer ce triste convoi, respectant le malheur dont ils étaient la cause innocente. » Leplet, Anne, femme de Beugnot sur les listes de la mairie, mais en fait simplement sa fiancée (il est célibataire in Archives de Paris VD6 121), reçut un secours de cinquante francs le 16 août 1830 (sous le nom de Leplet, Aimé in Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 7 secours aux combattants) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, « parce qu’on ne connaissait pas les parents du sieur Beugnot » et un total de trois cent soixante-dix francs. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement (mais aussi sans doute par la mairie du [ancien] IXe arrondissement puisque les parents y sont pensionnés). Un premier certificat permit d’établir les circonstances de son décès. Il était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons à tous qu’il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le sieur Beugnot, André, homme de peine, âgé de trente ans, demeurant rue Maison-Neuve n° 17 (sic), à Paris, né à Chaux département de la Haute-Saône, a été blessé d’un coup de feu sur la place de la Madeleine, le 29 juillet, en combattant de tout son pouvoir pour la conquête de nos libertés et qu’il est mort, quelques heures après, de sa blessure à l’hospice Beaujon. » Signé, le 16 novembre 1830 : Perrier, Pierre, serrurier, demeurant 34, rue des Grésillons ; Daret, J.-B. (voir Daret, Jean-Baptiste), demeurant 44, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Ferreux, serrurier, demeurant 24, rue de la Ville-Lévêque. Le 14 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Lebert, Jean, né vers 1801, marchand de vins, demeurant 16, bd de la Madeleine ; Daret, Jean-Baptiste (voir ce nom), né vers 1785, marchand de fruits, demeurant 44, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Chedeville, François, Jean, marchand de papier, demeurant 16, bd de la Madeleine. Ils attestèrent « pour notoriété et vérité savoir que le sieur André Beugnot […] demeurant rue Roquépine n° 17 […] a été blessé le 28 juillet dernier en combattant pour la défense de nos libertés par un soldat du 2e régiment de la garde royale vers 2 heures de relevée, qu’il fut porté à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, ensuite à l’hospice Beaujon, où il est décédé le lendemain ». Son père, Beugnot, Claude, vigneron en 1830, pauvre, souffrant d’hémoptysie et ayant encore trois enfants à charge, dont un estropié, imposé au rôle des contributions foncières que de dix francs, fut pensionné de deux cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. Les parents s’étaient mariés le 10 brumaire an VIII à Port-sur-Saône. La mère apparaît parfois comme décédée et pourtant un certificat médical lui fut délivré en date du 15 janvier 1831, pour attester qu’elle souffrait d’une descente de matrice, qui l’empêchait de se livrer à tout travail un peu pénible. Beugnot ne fut pas admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, son nom étant rayé sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le père avait choisi Biot, demeurant 6, rue Massillon à la Cité, son beau-frère (ou beau-père illisible) comme fondé de pouvoirs. Il demeurait 17, rue Maison-Neuve ou 17, rue Roquépine ; son père, à Chaux-les-Ports en 1831. Le nom de Beugnot (A. Beugnot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Dix jours de 1830, Souvenirs de la dernière révolution, par A. S. officier d’infanterie de l’ex-garde royale, deuxième édition, Paris, chez Hivert, 1831, p. 18-22 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 93 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 12 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, idem liste des ascendants, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux ascendants des victimes de Juillet, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est rayé ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (qu’on retrouve aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures) ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 7 et aussi liasse 7 liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VK3 18, mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 2 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure et état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, ascendants, idem même référence au nom de Beugnot, Claude, et de Biot, Claude ascendants, idem même référence un registre de pensionnés (ascendants) ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Biot, François ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80 (sous le nom de Bengnot, André), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.