Bézout, Léon
Biographie
Né le 2 pluviôse an V (21 janvier 1797) à Marmande (Lot-et-Garonne). Ingénieur géographe, ancien membre des Sociétés asiatiques et de géographie, ex-rédacteur à La Boulonnaise, puis professeur de mathématiques et interprète d’anglais et d’espagnol aux journaux L’Indicateur de Bordeaux et Le Courrier de la Gironde. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, pour avoir, alors qu’il était en résidence à Louviers, conduit une compagnie de la garde nationale, composée en grande partie de citoyens de Louviers et de quelques habitants de Rouen, jusqu’à Paris, où elle reçut « les compliments les plus flatteurs sur sa conduite, sa discipline, son dévouement et son patriotisme ». Zimmer, le colonel chef de l’état-major de la garde nationale de Paris, lui délivra un certificat comme quoi « ayant appris à Louviers les événements dont Paris était le théâtre, pendant les dernières journées de juillet, s’empressa de réunir, à l’aide de la confiance qu’il avait inspirée et de ses ressources personnelles, un corps de deux cents hommes environ, à la tête duquel il se hâta de venir au secours de la capitale ; […] M. Bezout n’a cessé de faire observer le bon ordre et la discipline par les volontaires nationaux sous ses ordres, du 6 au 12 août, dans la cour Baumel (Ecole militaire). » Il est l’auteur d’une brochure Révolution de juillet 1830, notice accompagnée de pièces authentiques relatives aux légions des gardes nationales mobiles d’Elbeuf et de Rouen, accourues dans les murs de Paris, et notamment à la compagnie des volontaires nationaux des départements de l’Eure et de la Seine-Inférieure, organisée à Louviers et commandée par L. Bezout, (de Lot-et-Garonne). Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il signa, le 3 juillet 1832, à l’occasion de l’anniversaire des trois jours de Juillet, la pétition présentée au roi par Gibert-Arnaud, qui renouvelait, au nom d’un comité consultatif, sa demande, signée par plus de quarante décorés (auquel Gibert-Arnaud se flattait de pouvoir y ajouter six cent neuf autres noms), qu’on permît à chaque décoré de la médaille de Juillet de remplacer cette dernière par la croix du même ordre. En 1844, il était en prison pour dettes au dépôt de la mairie de Bordeaux et envoyait au ministre, pour qu’il les fît parvenir au roi, des vers (qui faisaient l’éloge de qui, du roi sans doute ?) (absents du dossier) « n’étant que le résultat d’un premier jet. Je prierais encore Votre Excellence de les faire passer en revue par un obligeant correcteur, si elle les jugeait bons, à quelques égards, à être livrés à la publicité. Dans ce cas Votre Excellence aurait aussi la bonté de les faire imprimer aux frais du gouvernement, ne pouvant pas le faire moi-même, ayant encore deux mois et demi à faire de détention pour dettes et étant obligé de nourrir cinq personnes de ma famille, avec le produit du travail que je fais dans ma prison […] ». En 1849, il écrivit au ministère de l’Intérieur, pour demander une place de commissaire de police sur une ville frontière de l’Espagne, parce qu’il parlait espagnol, et expliqua : « Me trouvant à Paris au mois de juin dernier [1848, N.D.A.], j’ai été le 54e décoré de Juillet qui se soit inscrit au bureau de l’état-major de la place du Carrousel pour prendre les armes contre les ennemis de l’ordre et des lois. » Les renseignements pris à son sujet, en 1851 par le préfet donnaient les indications suivantes : « […] Tient une bonne conduite, […] professe des opinions modérées et […] se trouve dans une position malheureuse […], peintre et professeur de langues […], quatre enfants dont l’aîné est âgé de 18 ans et le plus jeune de 9 ans. » Il reçut soixante-quinze francs de secours en 1851, à titre de médaillé de Juillet. Partisan de Louis-Napoléon Bonaparte, il fit une demande de secours, en août 1859, et composa à cette occasion des vers faisant dorénavant l’éloge de Napoléon III, pendant les affaires d’Italie, puis de nouveaux vers pendant la guerre de Crimée. En 1861 et 1862, il était traducteur à l’agence Havas. En 1867, il était attaché à la maison de commerce du colonel américain Weston, 74, rue de Provence. En 1868, le cabinet du préfet de police renseignait à son sujet que sa situation n’était pas aussi gênée qu’il le prétendait et que sa conduite ne donnait « lieu à aucune observation ». Il demeurait 55, rue Saint-Anne (mais 55, rue Saint-André in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 et in Archives nationales F/1dIII/37 ; mais bien 55, rue Saint-Anne in Archives de Paris VD6 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) en 1831 ; à Blois (Loir-et-Cher) en 1831 ; 10, porte Dijeaux à Bordeaux (Gironde) en 1848 ; 9, rue Castelnard-d’Auros à Bordeaux, en 1849 ; 27, rue Saint-Martin même ville, en 1851 ; 10, bd des Poissonniers, l’hôtel vis-à-vis la barrière, à Paris de 1856 à 1859 ; 20, rue des Acacias à Montmartre en 1868. Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Révolution de juillet 1830, notice accompagnée de pièces authentiques relatives aux légions des gardes nationales mobiles d’Elbeuf et de Rouen, accourues dans les murs de Paris, et notamment à la compagnie des volontaires nationaux des départements de l’Eure et de la Seine-Inférieure, organisée à Louviers et commandée par L. Bezout, (de Lot-et-Garonne), L. Bezout Paris, 1830, Bigot et Landois, libraires-éditeurs, rue du Bouloi, n°10 ; La Voix du peuple, 18 août 1830 ; Le Patriote, 25 octobre 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Bézoul, Léon) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, Etat des citoyens décorés de la Croix de Juillet, absents de Paris ou non trouvés au domicile indiqué, auxquels n’ont pu parvenir les lettres d’avis qui leur ont été adressées pour les inviter à retirer leurs décorations (il n’est pourtant que médaillé, que fait-il sur cette liste ?), convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement et lettres de Gibert-Arnaud ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’autoriser, par imputation sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, l’ordonnancement d’une somme de quatre cent vingt francs, pour être répartie à titre de secours entre cinq décoré de la croix ou de la médaille et deux veuves de juillet 1830, minutes 170-171.