Bicheroux, Pierre, Denis, Nicolas
Biographie
Né le 14 août 1790 (15 août 1790 in Archives de Paris VD6 371 n° 3 et sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais bien 14 août surtout in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension et in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé) à Liège (alors département de l’Ourthe, puis royaume des Pays-Bas, puis royaume de Belgique), fils de Bicheroux, Pierre, Denis, et de Crahay, Marie, Catherine son épouse. Entré au 22e régiment de chasseurs à cheval le 5 mars 1809, il fut nommé brigadier le 7 octobre de la même année et finit adjudant sous-officier le 1er novembre 1815. Il fit les campagnes d’Autriche en 1809, d’Espagne et de Portugal de 1810 à 1813, appartint à l’armée des Hautes-Pyrénées en 1814, puis fit la campagne de France en 1815. Au cours de ces campagnes, il fut blessé de deux coups de feu, d’un coup de baïonnette, de quatre coups de sabre, d’un coup de lance, et eut plusieurs chevaux tués sous lui au cours de combats. A Rodrigo, il surprit et enleva à lui seul un poste d’infanterie composé de cinq hommes ; le 22 juillet 1811, il prit un drapeau au 2e régiment d’infanterie portugaise ; fait prisonnier à la bataille de Toulouse en 1814, il fut libéré la même année ; à la bataille de Waterloo, il s’empara avec l’aide d’un autre sous-officier, d’une pièce de canon, ce qui lui valut sur-le-champ la promesse de la part du maréchal Ney d’être décoré de la Légion d’honneur. Il était horloger en juillet 1830. Il fut blessé d’un coup de feu reçu dans la jambe gauche (ou au genou gauche in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; une balle à la jambe gauche in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé) pendant les combats. Marié et père de famille, il reçut un secours de soixante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fit partie avec Lepage Jean-Baptiste, Coulombier Thomas, Garnier dit Pagès Etienne Joseph Louis, Pagès Louis Antoine, Cordier François Simon, Mansais Jean-François, Laurent Adolphe Désiré, Dufour Martin Gervais, Bastide Jules, Mazure Jacques, Moineau Edme Charles, Beaudoin (voir Baudoin, Louis, Noël ?) et Wervort des quatorze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe. Il fit partie, pour le (ancien) VIIe arrondissement, des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, à ouverture unique et à balle extraite, à la partie antérieure, inférieure et externe du genou du côté gauche, cicatrisée ; laquelle blessure, réunie à beaucoup d’autres, dont les principales au coude droit, au sommet de la poitrine, à la tête, etc. doit le faire placer dans la 4e classe des blessés. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et fut pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En février 1831, la Commission des récompenses nationales le recommandait dans les termes suivants au ministre de l’Intérieur : « Déjà plusieurs fois la Commission des récompenses nationales a eu l’honneur de vous recommander Bicheroux, qui mérite toute votre bienveillance par la part qu’il a prise à la révolution de Juillet. Jusqu’à présent, il n’a pu être placé dans un emploi dépendant de votre ministère et pourtant c’est un homme qui peut être utile par sa connaissance militaire, par son activité et par la chaleur de son dévouement. Il serait possible peut-être de lui donner les fonctions d’adjudant-major dans la garde nationale de Paris. Permettez-moi, monsieur le ministre, de vous prier de lui accorder la première place d’adjudant-major, vacante à Paris. Agréez etc. » Il fit partie, pour le (ancien) VIIe arrondissement, des vingt-quatre jurés (deux par arrondissement) spécialement nommés pour apprécier les droits des membres mêmes de la Commission des récompenses nationales à une récompense. Il fit la déposition suivante au procès des artilleurs de la garde nationale, accusés d’avoir voulu, à l’occasion du procès des ex-ministres de Charles X, en décembre 1830, renverser le gouvernement de Louis-Philippe : « Je ne connaissais aucun de ces messieurs avant les journées de Juillet ; je pris une part active à ces journées, et je fus blessé. En novembre, je sortis de chez moi, je boitais encore. On avait nommé des commissaires pour instruire sur les faits de Juillet ; M. Bastide se trouvait parmi ceux du (ancien) VIIe arrondissement ; je m’adressai à lui, je lui communiquai les certificats des personnes qui m’avaient vu combattre, et lui présentai les journaux qui mentionnaient quelques-uns de mes actes. M. Bastide fit pour moi plusieurs démarches ; mais aucune n’a réussi. Un jour il me dit : “Je suis dégoûté de ne pouvoir rien obtenir pour tant de braves gens ; je suis d’ailleurs très occupé à ma batterie”, et il m’adressa à M. Tonnet. On forma dans chaque arrondissement un jury chargé d’examiner les titres de chacun de ceux qui prétendaient avoir droit à des récompenses. M. Tonnet m’offrit de faire partie d’un de ces jurys, j’acceptai. Je le voyais souvent. Dans l’intervalle, un de mes amis, M. Vassal, qui allait souvent chez le général Rumigny, vint me voir un jour et me dit : “J’ai appris que tu faisais partie d’un des jurys ; j’ai aussi combattu en Juillet, et je te prie de m’appuyer.” Je le menai chez M. Tonnet ; mais nous nous aperçûmes qu’il était du (ancien) VIe arrondissement, et nous l’adressâmes à M. Guinard, qui le reçut fort bien. Il comparut ensuite devant le jury, qui reconnut qu’il s’était bien conduit. Dans l’intervalle, Vassal me dit : “Est-ce que tu n’as pas réclamé la croix d’honneur, toi qui avait été porté pour l’avoir dans les Cent-Jours, et qui est criblé de blessures ? – Oui, lui répondis-je ; les deux reçues en Juillet ont complété les dix-huit. – Eh bien ! me dit-il alors, je connais quelqu’un qui pourra t’être utile.” Quelques jours après, il m’introduisit chez M. de Rumigny. Le général me reçut très bien ; il me dit : “Vous êtes un ancien militaire, et vous vous êtes bien conduit en Juillet ; comptez sur moi ; soyez persuadé que vous aurez la croix et un emploi.” Je lui remis mes états de service et je le quittai. Cela se passait dans les premiers jours de décembre. Le procès des ministres arriva : tout le monde s’en entretenait. Vassal me dit un jour : “J’ai à te parler. – Qu’est-ce que c’est ? – On fait courir des bruits sur l’artillerie ; on dit qu’elle n’est pas d’accord avec les autres corps. Je répondis : il ne faut pas croire de pareils bruits ; l’artillerie est composée de braves de Juillet, de négociants recommandables ; elle ne doit pas être soupçonnée.” Ça se passe. Le lendemain ou le surlendemain, M. Vassal vient me dire : “Si les artilleurs voulaient attaquer le roi, te chargerais-tu d’une mission ? – Oui, si elle est honorable. – Si donc on tournait les pièces contre le Palais-Royal, serais-tu homme, aidé de gens décidés, à les enclouer ? – Oui, avec des hommes décidés comme moi, au risque d’un bras ou d’une jambe ; mais cette prévoyance est inutile.” Après cet entretien, comme j’étais lié avec M. Tonnet, je le vis le lendemain et lui en fis part. Il me demanda qui m’avait fait cette proposition ; je lui répondis que c’était de la part de M. de Rumigny. Il me dit que ce que j’avais promis était bien beau ; mais que je ne courais pas grand risque. » Le 16 septembre 1848, il résidait à Saint-Gilles-lès-Bruxelles (Belgique) et donna pouvoir à Vassal, Alexandre, rentier, demeurant à Nogent-sur-Marne, pour « recevoir, poursuivre, engager et gérer » ses affaires pendant son absence de Paris. Bicheroux reçut un secours de cent francs en 1853 ; il était sergent-major à la 11e division des Invalides. En 1854, il était pensionnaire de l’hôtel des Invalides depuis deux ans et père de famille, se plaignait qu’avec les cinq francs qu’il recevait par mois il ne pouvait venir en aide à ses enfants. Il reçut un secours de cinquante francs en 1854, un secours de cinquante francs en 1855. En 1857, il était sergent-major aux Invalides et des renseignements pris à son sujet indiquaient : « […] Est depuis le mois d’avril dernier à l’infirmerie. Il est veuf depuis longtemps. Il a un fils qui est lieutenant au 43e de ligne et une fille qui a été élevée à Saint-Germain dans une pension du gouvernement comme fille d’un légionnaire. Elle est actuellement chez une tante qui lui tient lieu de mère et s’occupe avec elle de la gérance d’un bureau de timbres qui appartient à la tante. Bicheroux n’a donc aucune charge. » Il demeurait 19, rue du Temple en 1830-1831 ; à Saint-Gilles-lès-Bruxelles (Belgique) en 1848. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 9 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 9 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 271 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 12 ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 14 avril 1831 où il s’oppose à la levée de l’ajournement de toute décision à l’égard de Paparel (pas retrouvé ce nom…) ; Archives nationales F/1dIII/33, état nominatif des blessés pensionnés présumés non naturalisés français et droit des membres de la Commission à la décoration de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 8-9 état des pensionnaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 4e classe ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales F/9/683 dossier 2 (1831-1833) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à vingt-six décorés et veuves de décorés ou blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.490 francs, minutes 257-259, en date du 12 janvier 1853 ; Procès des dix-neuf citoyens accusés de complot tendant à remplacer le gouvernement royal par la république, Paris, Prévot éditeur-libraire, 1831.