Bidon aîné, Joseph
Biographie
Né le 16 février 1801 à Tarascon (Bouches-du-Rhône). Employé chez Aubineau-Caron, négociant 11, rue de la Corderie-du-Temple en juillet 1830 (mais par erreur parfois professeur de langues), ayant servi dans le 1er régiment de génie. Il relatait ainsi, le 30 août 1830, dans une lettre à la Commission des récompenses nationales, sa participation aux combats : « […] Déserta sa place, le mercredi 28 au matin, pour se joindre à ses braves concitoyens qui se battaient à coups de pierres contre les gendarmes qui occupaient alors le boulevard Saint-Martin.
»Quoique sans arme, il parvint cependant, après avoir résisté d’une manière vigoureuse aux satellites de la congrégation, jusque sur le boulevard Poissonnière, où il concourut au désarmement d’une patrouille suisse, poursuivie par les citoyens, et sauva même, dans ce moment-là, la vie à un d’entre eux.
»Arrivé dans le faubourg Montmartre, au milieu de ses nombreux amis, il les encouragea par ses discours et les engagea à mourir plutôt que d’abandonner la cause de la liberté, ce qu’ils jurèrent tous solennellement ; et s’étant ensuite dirigé sur le ministère des Affaires étrangères, dans l’intention de désarmer les gendarmes qui s’y trouvaient, il faillit succomber sous deux coups de feu que tirèrent sur lui les militaires qui étaient retranchés dans le jardin du susdit ministère, au moment où il lançait une pierre sur un gendarme à cheval, qui donnait la chasse aux femmes et aux enfants.
»Le canon grondait alors à la porte Saint-Denis et l’exposant, pressé de combattre, n’avait pour toute arme qu’un sabre qu’il avait conquis. On lui dit qu’il y avait des armes à feu à la maire des Petits-Pères ; il y court aussitôt et n’en trouve point. Il se trouva donc obligé, quoique grinçant des dents de rage, de regagner le boulevard Montmartre, où il ne tarda pas à s’occuper d’une manière digne de lui.
»Il était deux heures après-midi, et les balles des gardes royaux sifflaient sur le boulevard Bonne-Nouvelle. On craignait l’arrivée d’une nouvelle artillerie et pour l’entraver il fallait former des retranchements.
»Des haches, s’écrie Bidon, ainsi que quelques-uns de ses amis, et, aussitôt volant dans la rue Saint-Lazare n° 42, avec six hommes, il dégarnit ce chantier de tous les outils qu’il jugea nécessaires au travail qu’il allait faire exécuter, revint le premier mettre la hache dans les arbres du boulevard Montmartre et faire commencer les glorieuses et immortelles barricades que l’on a vues depuis. (En apostille, ces faits sont certifiés par Martin, Louis. logeur 18, rue du Faubourg-Montmartre ; Benham, demeurant 42, rue Saint-Lazare ; Herluison).
»Courant sans cesse au-devant du danger, toujours dans l’espoir de conquérir une arme à feu, l’exposant se reporta sur le boulevard Bonne-Nouvelle et eut la douleur d’y voir tomber quelques-uns des siens, victimes de la cruelle fusillade que faisait la garde royale.
»Eperdu, hors de lui-même, écumant de rage, Bidon accourt à l’hôtel Laffitte, demande à être introduit, se présente à M. Jacques Laffitte, député, et le prie instamment de lui procurer, s’il le peut toutefois, des armes pour un grand nombre de vrais citoyens qu’il avait réunis. Notre intention, lui dit-il, est d’exterminer les misérables qui nous assassinent si impitoyablement ou de mourir nous-mêmes sur les cadavres encore palpitants de nos frères. M. Jacques Laffitte ayant répondu qu’il ne pouvait point souscrire à sa demande, mais qu’il allait de nouveau s’entendre avec ses honorables collègues pour faire cesser cette horrible boucherie, l’exposant se retira (En apostille, ces faits sont certifiés par Laffitte, Chs, demeurant 19, rue d’Artois ; D… illisible, demeurant 24, rue d’Artois) et vint passer la nuit dans la rue du Faubourg-Montmartre et les rues adjacentes, où il établit, autant que les circonstances le permettaient, l’ordre parmi les jeunes gens qui gardaient les barricades (Bidon, avant d’aller chez M. Laffitte, avait été sonner le tocsin à l’église Saint-Jean, avait mis tout le faubourg Montmartre en émoi, en criant que la patrie était en danger et que chaque citoyen devait s’armer pour voler à sa défense et était allé désarmer le Théâtre Montmartre, où malheureusement il n’avait trouvé que quelques piques.
»Le 29, à 5 heures du matin, sieur Joseph Bidon rentra chez son patron, s’empara de ses armes, se fit donner une assez grande quantité de munitions et vint se joindre à ses frères, place des Victoires. Il marcha avec eux jusqu’à l’Hôtel de ville mais, avide de combat et n’ayant encore versé le sang d’aucun ennemi, il quitta son rang et vint se placer sous les murs du Louvre, où il trouva encore à qui répondre (il était du côté de la place Saint-Germain-l’Auxerrois).
»Il faisait partie du premier groupe qui entra dans le Louvre par le côté sus indiqué. Il fut même assez heureux pour faire mordre, en y entrant, la poussière à un Suisse ; jusqu’alors il avait ignoré si ses coups avaient porté.
»Parvenu sur la place du Carrousel par la rue de ce nom, au milieu d’une pluie de balles, il eut trois des siens tués à ses côtés, par des coups de feu qui partaient de l’aile droite du château et sans s’émouvoir de ce qui se passait autour de lui, il continua de tirer sur les gardes royaux qui se sauvaient par le jardin.
»Entré des premiers dans les Tuileries, il en sortit après un bien court délai, pour venir se placer au coin de la rue Saint-Nicaise, afin de faire feu, d’une manière plus sûre, sur les Suisses qui étaient retranchés dans les divers étages des maisons voisines.
»Il n’a quitté ce poste, qu’il occupait depuis sa sortie des Tuileries que pour monter dans la maison qui porte le n° 263, rue Saint-Honoré, et massacrer, de concert avec plusieurs de ses compagnons d’armes, le reste des sicaires de l’absolutisme et les faire passer ensuite par les croisées.
»A 4 heures et demie ou 5 heures, n’ayant plus d’ennemi à combattre, il vint au poste de la Bourse et escorta M. Montandon, secrétaire de M. Laffitte, chef alors d’une patrouille, aux Tuileries. Il a fait patrouille conjointement avec le même M. Montandon pendant toute la nuit du 29. Ils sont allés ensemble à la barrière de l’Etoile, barrière par laquelle on leur avait dit qu’une nombreuse et formidable artillerie devait rentrer dans Paris et, vers le matin, son compagnon l’ayant quitté pour se reposer, il n’a cessé de faire seul le service de la place. (En apostille, ces faits sont certifiés par Montandon, demeurant 19, rue d’Artois).
»Le vendredi 30 juillet, l’exposant prit M. Jacques Laffitte à son hôtel et l’escorta jusqu’à la Chambre des députés, où il fit le service toute la journée sous les ordres d’un commandant de la Vieille Garde impériale, nommé à ce qu’il croit M. Bro. Les noms et prénoms de l’exposant sont relatés dans une liste que le susnommé commandant fit dresser de tous les hommes qui desservaient ce poste. A l’arrivée de la nuit, se trouvant harassé de fatigue, il demanda la permission de sortir et vint se reposer chez un de ses amis, rue du Faubourg-Montmartre, n° 18.
»Le samedi, il reprit de nouveau ses armes, se dirigea sur la plaine de Grenelle, croyant y trouver l’ennemi et s’apercevant que la pavillon national ne flottait pas encore sur le clocher de cet endroit-là, il alla, accompagné de deux Parisiens sans armes, trouver le plus apparent du village (cette église n’est pas encore livrée au culte) se firent donner de la toile, établirent un drapeau et l’arborèrent au grand contentement de tout le pays. Rentré le même jour chez son patron, il s’y est reposé jusqu’au mardi 3 août, jour où il est parti pour Rambouillet. (En apostille, ces faits sont certifiés par Violet, Bernard illisible, propriétaire à Grenelle ; Fournion).
»L’exposant n’a enfin déposé les armes que lorsque les hordes de vandales qui voulaient asservir son pays ont été entièrement dissipées, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il n’a pour tout moyen d’existence que les connaissances qu’une bonne éducation lui a fait acquérir. Il est dans la force de l’âge (29 ans), né pour la vie active et tout dévoué à la cause de la liberté. Il a fait ses premières armes dans le 1er régiment du génie et ses preuves dans les derniers jours de juillet dernier, où il s’est exposé à la mort la plus certaine pour gagner au moins du pain. Son état de désœuvrement depuis un mois ne lui permet plus de subvenir aux premiers besoins de ce qui lui appartient, c’est-à-dire son épouse et, dans quelques mois, son enfant. Il sort d’une famille pauvre mais recommandable surtout par sa probité. Il est lui-même honnête homme et peut fournir à l’appui de cette assertion les attestations les plus favorables. Il est vivement pressé du désir de s’occuper et en éprouve le plus violent besoin.
»Si la conduite qu’a tenue dans ces jours à jamais mémorables vous paraît, messieurs, digne de quelque récompense, il a l’honneur de solliciter très respectueusement de votre justice une lieutenance dans un régiment de ligne ou une place d’inspecteur dans l’administration des douanes, ou enfin tel autre emploi qu’il plaira à votre commission de lui faire obtenir. Propre au travail bureaucratique comme aux exercices militaires, il borne tous ses vœux à gagner sa vie avec honneur. » Cet exposé de sa conduite fut certifié sincère et véritable, par plusieurs personnes, qui certifièrent, en outre, qu’ils avaient « toujours entendu [Bidon] professer hautement les principes de libéralisme, pour lesquels il s’est constamment battu les 28 et 29 juillet dernier » : Clavel, limonadier, demeurant 8, rue Grange-Batelière ; Charrier, demeurant 2, rue d’Albouy ; Martin, Louis (voir plus haut) ; Berthoud, J., demeurant 19, rue d’Artois ; Bocquet, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 19, rue Laffitte ; Bertrand, caporal des grenadiers de la 2e compagnie, IIe légion de la garde nationale, demeurant 8, rue Buffaut. En octobre 1830, « sur le point de voir [ses] jours dévorés par la plus cruelle des morts, celle de la faim », il sollicita de nouveau un emploi, qu’il croyait bien avoir gagné « à la pointe de sa baïonnette ; une place quelle qu’elle soit, non de six, huit ou dix mille francs, les places de cette nature ne conviennent qu’à des fainéants, celle que je sollicite est une place de quinze à dix-huit cents francs : […] commis ambulant dans l’octroi, maréchal des logis dans la garde municipale et tant d’autres dans le nombre infini d’administrations qui fourmillent dans la capitale ». Il reçut un total de deux cent trente francs de secours de la part de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il signa, comme officier de l’ex-2e régiment des volontaires de la charte, le certificat suivant en faveur de Pannier Lafontaine, Jean-François : « Nous, soussignés, officiers de l’ex-2e régiment des volontaires de la charte, qui a formé le 3e bataillon du 9e régiment d’infanterie légère, admis à la caserne de Reuil comme officiers à la suite, par ordre de M. le maréchal de camp commandant la place de Paris, déclarons et certifions que la conduite du sieur Jean-François Pannier Lafontaine, lieutenant comptable audit régiment, a été digne d’exemple et d’admiration, non seulement dans les mémorables journées de Juillet mais encore dans celles qui les ont suivies et que, jusqu’à présent il n’a cessé de donner des preuves aussi convaincantes qu’édifiantes de zèle et de dévouement pour le triomphe de la liberté, pour le maintien de l’ordre et de la discipline dans nos rangs, qu’il a fait preuve d’un bon et loyal officier (sic) en faisant procurer à tous les militaires lorsqu’ils étaient sous nos ordres les vivres dont ils avaient besoin. Certifions en outre que son patriotisme lui a acquis des droits à la reconnaissance de la patrie, à l’estime générale de toutes les personnes dévouées à la charte constitutionnelle et que son zèle, devenu infatigable, lui a mérité d’une manière toute particulière l’amitié et la considération de tous ses compagnons d’armes. C’est en reconnaissance de tous les services qu’il a rendus, non seulement à la patrie et au régiment mais encore à nous personnellement que nous nous sommes le devoir de lui délivrer le présent certificat. […] » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il prêta son serment de décoré de Juillet, en mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 23 juin 1831, et son brevet le 30 août de la même année. Il est répertorié (sous le numéro 1287) dans la liste des demandes concernant le ministère de la Guerre (sous-lieutenant) posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution ; Son nom est aussi sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement sous le même numéro 1287. Il fut nommé sous-lieutenant, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, d’abord dans le régiment caserné rue de la Pépinière, en attendant son affectation dans un régiment de ligne. Le 30 août 1831, encore en instance pour obtenir sa nomination, la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement rappelait que, par son arrêté du 7 mars 1831, elle lui avait accordé un secours de cinquante francs, de quinze jours en quinze jours jusqu’à ce qu’il ait été statué sur son sort. En attente de son affectation parce qu’ayant été nommé sous-lieutenant sur proposition de la Commission des récompenses nationales, il reçut un secours de cent francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de trente francs en janvier 1831, un secours de cent francs en février, un secours de cent francs en mars, un secours de cent francs en avril, un secours de cent francs en mai, un secours de cinquante francs en juin 1831 (mais aussi une somme totale de huit cent trente francs dans une autre source que Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 7 secours aux combattants). Il fut affecté au 7e régiment d’infanterie de ligne. Son nom apparaît aussi dans l’Etat nominatif, avec indication des emplois que désirent obtenir MM. les officiers qui ont fait partie des cadres du 2e régiment des volontaires de la charte, qui a formé le 3e bataillon du 9e régiment d’infanterie légère, pour être joint à celui qui a été présenté à MM. les membres de la Commission des récompenses nationales par M. Le préfet du département de la Seine, rédigé par les officiers de ce régiment, comme demandant une sous-lieutenance : le différend avait été expliqué comme suit par les officiers, dans la réclamation qu’ils présentèrent, le 25 octobre 1830, à la Commission des récompenses nationales : « Le conseil d’administration des officiers du 2e régiment des volontaires de la charte a l’honneur de vous adresser, ci-joint, un état nominatif avec indication des emplois que désirent obtenir MM. les officiers dudit régiment et sur le sort duquel le gouvernement n’a pas encore statué. Le conseil, Messieurs, espère de votre sagesse et de votre justice, la prise en considération de l’état ci-joint, quoiqu’il ne vous ait pas été présenté dans les délais que vous aviez prescrits. Ce retard, Messieurs, ne peut être attribué ni à leur négligence ni à leur indifférence : il y a une cause première qu’il est important de vous faire connaître. Un ordre du jour fut donné vers la mi-septembre par M. Tournier, commandant le dépôt de Rueil, qui défendait expressément d’adresser aucune demande aux autorités civiles et militaires, de quelque nature qu’elles fussent. Le même ordre portait que des états généraux seraient faits et présentés par lui et la commission du 1er régiment aux autorités compétentes et que sur ces mêmes états tous les officiers y figureraient indistinctement, selon le motif de leur réclamation. Les officiers du 2e régiment se conformèrent à cet ordre et malheureusement pour eux leur confiance a été trompée. Naguère, le hasard permit que des renseignements leur parvinssent sur leur non-admission aux états présentés par le 1er régiment. Dès lors ils s’empressèrent de rédiger celui qui vous a été renvoyé par M. le préfet de la Seine. Voilà, Messieurs, la vérité, que nous sommes forcés de vous faire connaître. Ainsi, les retards que nous avons éprouvés doivent militer en notre faveur, ou différemment nous serions victimes d’un subterfuge, dont les conséquences seraient irréparables. Maintenant, Messieurs, il n’y a que la sagesse de vos délibérations qui puisse réparer le tort qu’on a voulu nous faire. Elle seule, dans cette conjonction, fait tout notre espoir et notre consolation. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 47, rue de la Chaussée-d’Antin en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3 ; Archives de Paris VD6 92, idem secours et gratifications aux combattants nommés sous-lieutenants, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement (curieusement il est sur la liste des médaillés, avec sa bonne adresse), idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux sous-lieutenants ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Pannier Lafontaine, Jean-François ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de la Guerre ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien) ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (cité deux fois dont une fois comme sous-lieutenant) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées pour premières mises accordées aux sous-lieutenants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Morel J.B.A. ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Ratelade ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Journal militaire officiel, n° 33 bis, année 1831, nominations et promotions, p. 127.