Bildé, Antoine
Biographie
Né le 27 juin 1787 à Paris. Potier en terre. Il fut, le 29 juillet 1830 au Pont-Royal, blessé d’un coup de feu reçu à la cuisse gauche, d’un coup de crosse dans l’estomac et d’une hernie. Il reçut (sous le nom de Bildet) un secours de trente francs en août 1830, puis de soixante-dix francs en septembre sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le maire du (ancien) XIIe arrondissement, le 8 avril 1831, sur l’attestation de : Millanvois, Denis, forgeron, demeurant 8, rue des Fossés-Saint-Victor de Bernard, Jean-Baptiste, coiffeur, demeurant 64, rue Saint-Victor de Gagneux, Jean, ancien charpentier, demeurant 10, rue des Fossés-Saint-Victor, certifia que Bildé « a été blessé à la cuisse gauche, par une balle qui l’a traversé au Pont-Royal le 29 juillet 1830, ce qui le met dans l’impossibilité de continuer son état et d’exercer sa profession qui seule lui donnait la possibilité de subvenir à ses premiers besoins, que cette fâcheuse position ne peut que l’aggraver et exige en ce moment des secours pour le tirer de son infortune ». Le commissaire de police du quartier des Marchés, sur l’attestation de Verrier, Jacques, Vincent, marchand serrurier, demeurant 7, rue de Grande-Verrerie, et de Jacob, Joseph, Georges, marchand de vin, demeurant 3, rue de la Poterie, certifia que Bildé résidait « depuis six mois sur notre quartier, en ce moment rue de la Cossonnerie n° 28, où il jouit de l’estime de ses voisins ». Le 6 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Bisson, Eugène (voir Bisson, Eugène, Louis), né vers 1802, médecin, demeurant 11, rue de Lille ; Millanvoix, Denis, né vers 1790, forgeron, demeurant 8, rue des Fossés-Saint-Victor ; Lananger, Louis, Victor, né vers 1805, marchand épicier, demeurant 13, rue de Lille ; Hildebrand, Joachim (voir ce nom), né vers 1796, cordonnier, demeurant 13, rue de Lille. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété parfaitement connaître le sieur Antoine Bildé […] bien savoir qu’il a combattu le 29 juillet dernier sur le Pont-Royal et qu’il y a été blessé par une balle qui a traversé la cuisse gauche ». Il reçut un secours de seize francs, le 2 février 1831, un secours de seize francs, le 9 février 1831, un secours de seize francs, le 16 février 1831, un secours de seize francs, le 23 février 1831, un secours de seize francs, le 2 mars 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 9 mars 1831, un secours de dix-sept francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 29 décembre 1830, à aucune voix pour la croix, neuf voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la cuisse gauche, de sa partie supérieure et externe vers la partie postérieure, à travers les chairs seulement, guérie avec quelques difficultés et quelques douleurs dans les mouvements de la jambe et de cuisse. » Il fut sans doute d’abord pressenti pour être admis dans la 3e classe des blessés puis fut finalement admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales et reçut une indemnité de secours de six cents francs sur deux ans. Il reçut, à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, avec Goujon, Pierre, Joseph, Eugène et Cottin, Claude, un certificat de notoriété en faveur de Eloy, François, comme quoi ils connaissaient ce dernier et savaient qu’il avait combattu le 28 juillet au pont d’Austerlitz et qu’il avait été blessé au pont d’Arcole par l’éclatement de son fusil. Il signa aussi un certificat de notoriété en faveur de Goujon, Pierre, Joseph, Eugène, attestant connaître ce dernier et savoir qu’il avait combattu le 28 juillet sur la place de Grève et y avait été blessé d’un coup de feu reçu au mollet de la jambe droite. Il signa, le 25 mai 1831, le certificat suivant en faveur de Schoen, Frédéric, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Schoen, Frédéric, Guillaume, natif de Lissa en Pologne, facteur de pianos, demeurant rue de la Coutellerie n° 27, a pris les armes dans les glorieuses journées de Juillet pour le salut de la patrie et la défense de la bonne cause. Nous l’avons vu combattre vaillamment à la prise du Louvre auprès du jeune Trouvé (voir Trouvé, Jean-Baptiste, Simon, Théodore), qui tomba percé et criblé de balles ennemies à ses côtés et à ceux de son père, le sieur Trouvé (voir Trouvé, Charles, Antoine, Théodore), qui lui-même presque au même moment fut blessé d’un coup de feu. Ce brave Polonais, en transportant les morts et les blessés fut atteint au pied gauche d’une pierre, qui arrêta son ardeur guerrière ; mais à peine fut-il rétabli qu’il fit le service de garde national, s’étant armé et équipé à ses frais, quoique simple ouvrier, et depuis ce temps il continue son service avec le même zèle et la même activité. Cet intrépide défenseur de nos droits, guidé par son patriotisme et son amour pour les Français n’a jamais rien sollicité et n’a fait aucune réclamation quelconque. Le jugeant digne à tous égards d’être récompensé, nous nous faisons un devoir de solliciter pour lui la glorieuse décoration de juillet, qu’il a si dûment méritée en le recommandant avec instance à la bienveillance et à la justice d’un gouvernement qui apprécie et récompense les hauts faits et les actions d’éclat. » Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. Il sollicita, en 1832, son admission aux Invalides, ce qui lui fut refusé, comme n’étant pas pensionné de la 3e classe. Il reçut cent francs de secours en 1833. Des renseignements contradictoires indiquaient, en 1832 : « Très mal noté, s’est fort mal comporté à l’hôpital de convalescence de Saint-Cloud » ; en 1833, le préfet de police donnait sur lui de bons renseignements et le préfet de la Seine indiquait : « Sa bonne conduite le rend digne des bienfaits qu’il sollicite. » Le préfet de la Seine renseignait quant à lui : « […] Il était potier à la Maison-Blanche, a éprouvé des pertes dans son commerce, à la suite desquelles il a quitté la commune de Gentilly, où il a laissé des dettes, pour venir demeurer à Paris, boulevard de l’Hôpital n° 5 ; […] il est marié, sans enfants et sa bonne conduite le rend digne des bienfaits qu’il sollicite […]. » En 1833, il sollicitait une pension, du fait des blessures qu’il avait reçues en juillet 1830, en remplacement de la seule indemnité qui lui avait été allouée. Le docteur Marjolin (voir ce nom), lui délivra le certificat suivant, en date du 7 février 1833 : « J’ai examiné M. Bildé, Antoine, tourneur en terre. Une balle lui a fait à la partie postérieure de la cuisse gauche une blessure à deux orifices. Cette blessure, qui a intéressé la peau, l’aponévrose des filets de nerfs et peut-être superficiellement les muscles, quoique cicatrisée depuis longtemps a encore pour effet de produire habituellement des douleurs névralgiques qui empêchent M. Bildé de se livrer aux travaux de sa profession. » Il reçut, en 1835, un secours de quarante francs. Il était marié et avait deux enfants. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue des Fossés-Saint-Victor en 1830 ; 28, rue de la Cossonnerie en 1831 ; à la Maison Blanche aux marché aux porcs n° 17 en 1832 ; rue des Etroites-Ruelles 9, bd de l’Hôpital en 1833 ; 14, barrière de Fontainebleau en 1835 ; 67, rue des Cordeliers-Saint-Marcel à une date en 1849 ; 45, rue de Lourcine en 1849-1850 ; 56, rue du Montparnasse en 1851-1853. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 10 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 10 (sous le nom de Bildet, Antoine) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 94) ; Archives de Paris VK3 14, une pièce en date du 8 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 29 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine (sous le nom de Bildet, Antoine), idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés (sous le nom de Bildet) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Eloy, François ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Goujon, Pierre, Joseph, Eugène ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossiers Jeandry et Jeangirard ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40, idem 44 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Schoen, Frédéric, Guillaume.