Binet, Pierre, Paul
Biographie
Né vers 1793 à Caen (Calvados). Sellier mais « par suite de l’inaction où les circonstances l’avaient réduit, […] contraint d’accomplir temporairement » l’emploi de garçon marchand de vin en juillet 1830. Il fut soigné à l’hôpital Beaujon à partir du 22 novembre 1830 et jusqu’au 8 décembre 1830, pour, selon son bulletin d’entrée « une névralgie sciatique, qu’il attribue à une chute faite en franchissant une barricade le 28 juillet dans la soirée », puis entré à l’hôpital Saint-Louis, ne pouvant recevoir à Beaujon les soins que nécessitait sa maladie. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier ainsi rédigé : « Nous, soussignés, industriels et patentés domiciliés à Paris, certifions à qui il appartiendra que le sieur Binet, Pierre, Paul, garçon marchand de vin, tenant une cave en ville, rue des Grands-Degrés n° 13, a, de son propre mouvement patriotique, abandonné la boutique de son maître, dès le 27 juillet après-midi, pour nous accompagner à la place de la Bourse, où il a contribué à l’expulsion des gendarmes. Que pendant les journées des 28 et 29 juillet du même mois, il s’est porté avec nous (toujours en armes) à l’Hôtel de ville, au Louvre, aux Tuileries, rue de Richelieu, auxquels lieux il a donné des preuves de courage et de dévouement. Que, de retour à sa boutique, le 30 juillet, il s’est trouvé remplacé et qu’ainsi sans emploi par suite de son zèle il a fait le service de garde national pour le maintien de l’ordre à la place Maubert et autres postes. En foi de quoi, nous lui avons donné la présente attestation comme un hommage rendu à la vérité et au zèle patriotique de ce bon citoyen. » Signé, le 9 octobre 1830 : Moisson, P., marchand de vins, demeurant 8, rue des Grands-Degrés (voir ce nom) ; Tessier, demeurant 18, rue des Grands-Degrés (voir ce nom) ; Besnier, ancien greffier, demeurant 8, rue des Lavandiers (voir ce nom) ; Patey, marchand de vins, demeurant 13, rue des Grands-Degrés (voir ce nom) ; Nourry, marchand d’huiles, demeurant 16, rue Perdue (voir ce nom). Le deuxième, ainsi rédigé : « Moi, soussigné, Lambert, principal locataire d’une maison sise rue Saint-Joseph n° 18, et moi Flobert, marchand de vins, rue Montmartre n° 131, certifions connaître parfaitement le sieur Binet, Pierre, Paul, demeurant rue Saint-Joseph n° 18, comme un honnête homme. » Signé, le 7 octobre 1830 : Lambert, demeurant 18, rue Saint-Joseph ; Flobert, marchand de vins, demeurant 131, rue Montmartre. Le capitaine Marsille, demeurant à l’hôtel de Tours, rue Notre-Dame-des-Victoires, intercéda en sa faveur auprès de la Commission des récompenses nationales. Il adressa une demande au ministère de la Guerre pour une place de maître sellier dans un régiment de cavalerie, « emploi pour lequel il est propre, ayant déjà travaillé dans le 4e de cuirassiers de la Vieille Armée ». Il déposa par la suite un dossier à la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé. Il sollicitait la décoration de Juillet et toujours une place de maître sellier dans l’armée. Il demeurait 18, rue Saint-Joseph en 1830 ; 28, rue Buffaut en 1831. Archives de la préfecture de police AA 372.